Méthodologie

ORGANISATION du TRAVAIL Méthodologie dans METHODOLOGIE doc Méthodologie

En cours ou à propos de votre travail personnel, il est très souhaitable que vous interveniez à la première difficulté. 

APPRENTISSAGE ou REVISION des COURS : données moyennes constatées (à adapter au rythme de chacun) 

- travail quotidien (suivi régulier = 30’ par jour de cours) * révision du cours de la journée (15′ à 30′) et lectures des textes selon le chapitre étudié (10′ à 30′) 

- travail hebdomadaire en toutes séries (suivi régulier = une heure / semaine) * vocabulaire conceptuel (au moins 30′) ; lectures selon la liste ci-dessous (30′ à 60′) 

* éventuellement, préparation d’exposé en TL - travail mensuel en fonction des devoirs (une heure au minimum) 

* révision de chapitres (au moins 30’) ; travail sur les concepts (au moins 30’) 

RYTHME & NOMBRE de DEVOIRS : - interrogations sur le travail conceptuel et problématique : 

* interrogations orales ou écrites sur textes ou concepts si nécessaire (chacun doit être à jour) * oral d’entraînement au bac sur textes et questions (selon les résultats au bac blanc) 

- dissertations et commentaires (une dizaine par an au total en TL, entre six et dix dans les autres séries) * devoirs plans en temps réduit (éventuellement, 1 à 2 par an) 

* devoirs sur table (4h, 3 par an) & devoirs groupés ou bac blanc (4h, 3 par an) NB : Quelques devoirs seront faits à
la maison. Certains d’entre eux seront facultatifs :
les notes de ces devoirs facultatifs ne compteront dans la moyenne que s’ils vous avantagent. 


 

NOTIONS au PROGRAMME (Séries L, ES, S & STG) 

Champs problématiques et notions pour les quatre séries et lectures obligatoires en Terminale L dans « Lire les philosophes« Chomienne / Ed. Hachette – Education (2004) : 

1er Trimestre 

La politique et la morale La Liberté (L, ES, S, STG)                                                               L’Existence et le Temps (L) 

La Justice & le Droit (L, ES, S)                      ROUSSEAU : Du Contrat social I & II (chapitres I à VII) La Justice et la Loi (STG) 

Le Bonheur (STG) 

Le sujet La Conscience (L, ES, S)                                  DESCARTES : Discours de
la méthode I, II, III & IV 

L’Inconscient (L, ES, S)                                   (FREUD : Cinq leçons sur la psychanalyse – Ed. Payot) 

La raison et le réel La Vérité (L, ES, S)                                                           PLATON : République Livre VI & VII 

La Démonstration (L, ES, S)                                           Théorie & Expérience (L) 

2ème Trimestre La culture 

La Culture (STG) L’Art (L, ES, S)                                                                  MERLEAU-PONTY : Sens et non-sens, extraits 

Travail & Technique (L, ES, S)                       BACHELARD : Le rationalisme appliqué extraits L’Art et la Technique (STG) 

Le Désir (L, ES, S)                                                            PLATON : le Banquet, extraits Autrui (L, ES)                                                                    SARTRE : L’existentialisme est un humanisme, texte intégral 

Les Echanges (Langage – STG) Le Devoir (L, ES, S)                                                          (KANT : Fondation de la Métaphysique des Mœurs, extraits) 

Le Bonheur (L, ES, S)                                                       La Perception (L) Le Langage (L, ES) 

3ème Trimestre 

La Vérité (STG) L’Interprétation (L, ES)                                    SPINOZA : Ethique, appendice au Livre I 

La Religion (L, ES, S)                                                      EPICURE : Lettre à Ménécée La Raison et la Croyance (Religion – STG) 

L’Histoire (L, ES) La Société (L, ES, S)                                                         ARENDT : L’origine du totalitarisme, extraits 

L’Expérience (Perception – STG) L’Etat (L, ES)                                                                      MACHIAVEL : Le Prince, XV, XVI, XVII, XVIII & XXV 

Le
Vivant (L, S)
                                                 KANT : Critique de
la Raison Pure Seconde préface
 

La Matière et l’Esprit (L, ES, S)                      

Repères (voir lexique) : 

Absolu / Relatif – Abstrait / Concret – En acte / En puissance – Analyse / Synthèse – Cause / Fin
Contingent / Nécessaire / Possible
– Croire / Savoir – Essentiel / Accidentel – Expliquer / Comprendre
En fait / En droit – Formel / Matériel – Genre / Espèce / Individu – Idéal / Réel
Identité /Egalité / Différence –Intuitif / Discursif – Légal / légitime – Médiat / Immédiat
Objectif / SubjectifObligation / Contrainte – Origine / Fondement –
Persuader / Convaincre
Principe / Conséquence –
Ressemblance / Analogie – En théorie / En pratique – Transcendant / Immanent
Universel / Général / Particulier / Singulier 

METHODOLOGIE du DEVOIR 


 SUR QUOI SEREZ-VOUS JUGE(E) ? 

Devoir de Philo = argumentation critique et progressive sur un problème précis. Trois « piliers » constituent un devoir de Philo qui sont aussi les trois axes de référence du correcteur.
(Ces indications sont aussi valables pour la rédaction d’une note de recherche universitaire
ou d’un rapport d’activité dans une entreprise) 

- une bonne conceptualisation qui se caractérise par la clarté et la pertinence des idées mises en oeuvre. Unifiez rationnellement vos idées sous des concepts appropriés (concept = idée générale et abstraite). N’hésitez pas à faire référence (avec précision) à des théories connues et citez les auteurs dont vous maîtrisez les idées. ·         Cette première capacité suppose le développement de votre sens critique

- une problématisation correcte : votre plan sera dominé par la rigueur et une progression nette. Un effort de construction se manifestera par le caractère dynamique de votre travail (enchaînement efficace des idées). Amenez le lecteur à comprendre (et peut-être même à partager) vos objectifs. C’est dans un bon plan que résidera toute la force de votre argumentation. 

·         Pour cela, vous devrez faire preuve de cohérence logique

- un écrit digne de ce nom. Votre argumentation devra être à la hauteur de votre plan et de vos idées (soyez toujours intelligible, rédigez de bonnes transitions…). Attention à la forme du devoir : faites preuve de correction orthographique, syntaxique et … soyez lisible ! 

·         L’aptitude demandée suppose donc un certain travail sur la langue française

Lors d’un devoir ou au bac, n’oubliez jamais que le correcteur ne dispose que de votre copie pour vous juger ! Alors, comment acquérir ces trois aptitudes ? 

- La clé de voûte, c’est la réflexion personnelle organisée (à partir de documents vus, lus ou entendus, par l’attention aux cours et la relecture des notes prises en classe). 

- La lecture de textes philosophiques (reportez-vous à votre recueil de textes) mais aussi d’articles d’actualité, vous donnera l’esprit d’analyse et de synthèse. - Quant à la rigueur, vous la développerez en faisant des efforts d’organisation méthodique de votre plan et d’amélioration constante de l’écrit

COMMENT REUSSIR un DEVOIR de PHILOSOPHIE ? Comment procéder afin de vous donner les meilleures chances à l’écrit ? 

·                     Identifier les chapitres et les notions en question : dans le libellé du sujet ceci apparaît clairement au moins pour l’un des termes. Ainsi : « L’homme injuste peut-il être heureux » renvoie certainement au chapitre sur le bonheur mais aussi sur le devoir, autrui et sur la liberté voire, après réflexion, sur la justice et le désir. 

·                     Définir : les mots-clés que vous identifiez dans le libellé du sujet. C’est un travail préparatoire à faire au brouillon, puis à reproduire avec plus de subtilité dès le début du devoir, par exemple, sous forme de reformulation. Par exemple : « Pourrions-nous imaginer un être immoral qui soit serein et épanoui ? » 

·                     Argumenter : cela signifie bien entendu que chaque idée devra être développée clairement. Aucun de vos arguments, si bien choisi soit-il, ne saurait être injustifié : c’est l’exigence de clarté et de rationalité qui nous y contraint. Le pire serait de trouver dans un devoir de philo des arguments d’autorité (« il faut »… « on doit »), sans développement, ni explication, car ce serait le comble de l’illégitimité intellectuelle. Cette idée pourra être illustrée par un (des) exemple(s) court(s), mais ce n’est pas une obligation. Finalement, un argument est d’autant plus fort qu’il est accompagné et appuyé par la thèse d’un auteur ou par une citation


 ·                     Construire les développements du devoir pourra se faire à partir d’une séquence alternée d’arguments du type : 

o        Premier argument (ou succession d’arguments) plutôt idéaliste ou théorique ; o        Second argument (ou succession d’arguments) plutôt matérialiste ou pragmatique ; 

o        Troisième argument (ou succession d’arguments) plutôt réaliste et quotidienC’est votre analyse des enjeux de la question posée qui donnera d’abord tout son sens à votre argumentation ; de l’autre, vous donnerez d’autant plus de force à vos propos qu’ils seront actualisés ! 

(NB : Il est tout à fait possible, et parfois souhaitable, que les deux premiers arguments soient inversés.) 

·                     Introduire et conclure avec soin et précision apportera à votre devoir encore plus d’efficacité

o        En effet, l’introduction constitue le préambule de votre réflexion : plus elle sera construite et précise, plus le lecteur sera curieux de vous lire. o        Finalement, la qualité de la conclusion sera également essentielle parce que ce sera la touche finale que lira le correcteur avant de vous évaluer. En conclusion, il ne s’agira pas de résumer ce que vous venez d’écrire mais d’y apporter un terme, une réponse à la question initialement posée. 

Il est essentiel de rédiger préalablement ces deux parties-clés du devoir au brouillon, afin qu’ils soient particulièrement bien formulés. 

Quoi qu’il en soit, n’oubliez jamais qu’au départ, vous avez choisi de traiter une question, celle-ci devra faire émerger un problème (un paradoxe ou une difficulté afférente à la question) et, finalement, c’est vous qui amènerez le lecteur vers la problématique que vous avez choisie et qui traitera nécessairement des enjeux de la question posée. Ces enjeux constituent la trame cachée de la question et, de ce faut, justifient que cette question se pose. Ces enjeux sont donc des problèmes liés à la question en amont, c’est-à-dire à la source et à la nature réelle de la question posée ; et en aval, aux conséquences qu’aura telle prise de position quant à la question posée. 

OBJECTIFS, ETAPES LOGIQUES et CONTENU d’un DEVOIR de PHILOSOPHIE ? 

« Une question est philosophique parce qu’elle s’adresse à tous les hommes, remet en cause les idées toutes faites, les opinions et les réponses faciles. Elle implique des débats où chacun doit chercher des arguments rationnels et cohérents entre eux. Une question philosophique porte sur tous les aspects de l’existence humaine et interroge l’essence de leur réalité et leur sens. 

La dissertation comme problème : il n’y a de problème que pour une pensée qui le produit … il est ce qui est « jeté devant soi », il fait jaillir une difficulté. Il est la conscience d’une alternative, oppose l’esprit à lui-même … 

Le texte comme exposé d’un problème : un auteur pose un problème dans son texte ; il s’agit de l’extraire, de le comprendre pour le traiter et montrer comment l’auteur le traite. Un texte est une dissertation. » 

Catherine PAULIN 
 

  DISSERTATION Répondre à une question précise en la problématisant 

EXPLICATION de TEXTE Organiser un débat conceptuel en restituant la
problématique de l’auteur 

INTRODUCTION Reformulation de la
question posée en la transformant en
problème selon la
signification que vous
voulez lui donner 

·   que vous vous engagerez à analyser dans sa dimension il s’agit de montrer les contradictions suscitées par la question posée, telles qu’elles se présentent dans notre jugement (présupposé) ; ·   avec vos propres concepts, vous reformulerez la question et la transformerez en un problème d’envergure philosophique. 

·   il s’agit, tout d’abord de faire apparaître la réflexion et l’argumentation résumées de l’auteur face au problème qu’il se pose ; ·   - vous devrez également resituer succinctement la question posée dans sa complexité et sa subtilité philosophique (vous préciserez éventuellement la place de cet argument dans l’œuvre et la réflexion globale de l’auteur  et dans le débat d’ensemble). 

CONCLUSION Réponse à la question posée en introduction 

·   vous répondrez précisément à la question formulée en introduction ; ·   vous clôturerez le débat, même si votre réponse demeure prudente voire problématique. 

·   Il s’agira de réagir à la question problématisée par l‘auteur ainsi qu’aux caractéristiques de sa réflexion ; ·   Vous pouvez « ouvrir le sujet » vers des débats apparentés et suscités par le texte. 

… mais, soyons plus précis : 

CONTENU du DEVOIR SUJET 

Les sujets de philo traitent toujours d’un problème complexe : avez-vous saisi le sens caché de la question posée (ENJEUX) ? - Puisque vous avez choisi tel sujet : il s’agira de montrer que vous le traitez avec l’importance que le problème mérite. 

- Ne supposez pas le sujet connu du correcteur même s’il l’est, car chacun peut attribuer un sens différent à la question posée. Au contraire, c’est vous qui en déterminerez les contours et en ferez une « affaire personnelle ». INTRODUCTION 

Celle-ci devra d’abord bien révéler le point de départ de votre réflexion. Une grande question (ou plusieurs courtes se rapportant strictement au sujet) devra y être posée : c’est la reformulation du sujet choisi qui vous guidera tout au long du devoir. Vous avez intérêt à procéder à partir d’une opinion habituelle ou d’un exemple tiré de la vie quotidienne pour « planter le décor ». Mais, montrez aussitôt la difficulté posée par le problème soulevé : son ambiguïté, son paradoxe éventuel et ses enjeux. Si vous faites cela, les définitions seront établies et le débat commencera d’emblée. PLAN (DISSERTATION) 

Les différentes parties du travail doivent effectivement se distinguer autant par la forme (lignes passées) que par le contenu. Chaque raisonnement s’organise à partir des concepts et est illustré par des exemples. Les commentaires d’auteurs sont plus que bienvenus. La première partie évoquera l’aspect le plus évident de la question. 

La seconde (antithèse) s’y opposera avec des arguments progressifs et adéquats. Apportez un soin tout particulier à la troisième qui révèlera votre savoir-faire philosophique : capacité à faire « décoller » le sujet vers des horizons différents et une réflexion plus dense (le sujet pourra alors être traité sur le plan ontologique, esthétique, éthique ou métaphysique. Essayez en tous cas de sortir des sentiers battus. 

PLAN (COMMENTAIRE) deux manières de procéder : -          Méthode la plus « scolaire » : le développement est fait en deux parties qui doivent effectivement se distinguer autant par la forme (lignes passées) que par le contenu. La première partie (« étude ordonnée ») consiste à analyser le texte. Il ne s’agit surtout pas de paraphraser mais de reconstituer avec vos termes la trame conceptuelle du texte selon sa progression logique (pas forcément dans l’ordre linéaire du texte). La seconde partie (« intérêt philosophique ») reprendra les principaux concepts et débattra de l’intérêt qu’ils présentent dans la continuité discursive du texte. 

-          Méthode « dialectique » : L’étude ne sera pas forcément linéaire mais respectera les ruptures conceptuelles que vous avez identifiées dans le texte. L’essentiel est de repérer avec précision et pertinence les principaux éléments de l’argumentation, de les définir, d’en débattreDans les deux cas, vous tâcherez de mener un débat entre différentes thèses d’auteurs tout en analysant le texte dans son intégralité. Comme pour la dissertation, cette partie révèlera votre savoir-faire philosophique. Particulièrement votre capacité à analyser très précisément le texte et l’argumentation de l’auteur, à en rendre compte, à en justifier la progression. 

CONCLUSION Elle devra comporter une réponse synthétique et personnelle à la question annoncée dès l’introduction et qui a été traitée dans l’ensemble du travail. Ces quelques lignes ne reprennent pas les développements antérieurs détaillés mais elles exposent les éléments ultimes auxquels vous parvenez grâce aux démonstrations. 

COMMENT S’ORGANISER lors d’un DEVOIR de QUATRE HEURES ? 

ANALYSE – Phase Préparatoire (Prévoir une demi-heure au plus) : En fonction des chapitres du programme, vous réfléchirez d’abord au sens des concepts utilisés en procédant à une analyse préalable des termes contenus dans le libellé du sujet. 

Durant l’année scolaire, les cours suivis en classe et vos lectures vous apporteront de plus en plus d’éléments conceptuels pour procéder à cette analyse et l’enrichir. COORDINATION Conceptuelle & Constitution du PLAN (Prévoir une heure au plus) : 

Il s’agit de raisonner en mettant les concepts définis en relation entre eux. Dans le devoir rédigé, le correcteur sera particulièrement attentif à cette phase du travail. Vous rédigerez ensuite un plan succinct afin d’avoir constamment sous les yeux la progression à suivre. 

REDACTION  et Mise au Propre (Prévoir deux heures et demie au moins) : Il faudra d’abord rédiger soigneusement, au brouillon, l’introduction et
la conclusion. A ce stade de la préparation, il est important que vous sachiez assez précisément quelle solution apporter. Ensuite, vous rédigerez directement au propre en fonction du plan prévu

N’oubliez jamais de vous relire (corrigez l’orthographe et l’expression). 
 

CORRIGES RESUMES de DEVOIRS 

(Les arguments et concepts proposés ne sont ni nécessaires, ni suffisants, mais ils constituent des indications de solutions possibles. Dans un devoir détaillé, ils devraient être accompagnés d’exemples précis et d’argumentations complètes) 

« Penser est-ce se risquer ? » 

INTRODUCTION (ne pas écrire « introduction », « mise en situation », « présupposé », « limite… » ou « problématique », ne pas souligner les concepts qui serviront dans les développements ultérieurs) 

     mise en situation (le cadre dans lequel on situe le présupposé)

Si ni les historiens ni Platon, son disciple, ne se trompent : il y a vingt-quatre siècles, un Grec peu ordinaire a mis en oeuvre une démarche pédagogique humble mais originale. Il y a perdu sa propre vie mais gagné le Parnasse des martyrs de
la pensée. Socrate aurait, en effet, été condamné à mort pour avoir osé critiquer les croyances de la cité et aidé les jeunes Athéniens à réfléchir librement. 

     présupposé (la réponse que sous-entend immédiatement le sujet, avant tout examen critique et qui constituera la trame de la première partie du débat) A première vue, n’est-ce pas cela réellement se mettre en danger : risquer sa peau, s’engager, quitte à se dévoiler et à se rendre vulnérable ? Alors, on peut se demander comment s’opposer politiquement à un tyran ? Comment s’opposer intellectuellement, religieusement ou moralement à la force d’une pensée adverse dominante ? Est-ce nécessairement dangereux ? Comment affirmer ses idées voire son génie lorsque l’opposition est bien réelle ? Et pour quoi le faire ? N’est-ce pas le plus souvent pour la défense d’idées, de valeurs différentes que l’on entame une telle démarche ? N’est-ce pas pour instaurer une pensée autre, un discours autre ? 

     limite du présupposé (ambiguïté(s) ou paradoxe(s) du sujet qui présente un aspect contradictoire à l’examen plus approfondi et  qui constituera la trame de la seconde partie du débat)

Mais, qui est volontaire pour aller aussi loin dans l’épreuve ? En avons-nous même l’intention ? Ne faut-il pas nous avouer qu’il ne semble plus guère y avoir de danger réel à notre époque et sous nos latitudes en pleine liberté d’expression démocratique, religieuse et morale ? Ou alors celui-ci ne serait-il pas insignifiant comparé à ce que nos ancêtres ont connu ou à ce que certains contemporains éprouvent ailleurs? Alors, si la prise de risque est bien le lourd tribut à payer pour oser aller au combat : comment appréhender aujourd’hui pareille bataille qui n’a, semble-t-il, plus de réelle raison d’être ? Contre quoi une pensée nouvelle se bat-elle de nos jours ? Une quelconque nouveauté de la pensée est-elle d’ailleurs possible ou d’actualité ? 

            problématique (on questionne le sujet afin d’en dégager toutes les dimensions exploitables, les enjeux, sans démontrer ni répondre : c’est ce qui constituera la trame de la troisième partie du débat)

Ainsi, d’une part, ne peut-on se demander, avant même qu’une pensée ou qu’un acte ne s’extériorise, s’il ne faut pas examiner un danger élémentaire : celui qui réside dans le fait d’oser penser différemment ou d’oser critiquer et de choisir des options inattendues. En effet, si je m’insurge simplement contre un préjugé, une croyance ou une conviction établis : par exemple, contre le sens habituel, banal attribué au sujet de dissertation que je traite ici ; n’est-ce pas risquer de ne plus être conforme à ce que les autres attendent de moi ? Le prix fort à payer, ne résiderait-il pas dans l’anticipation que je peux faire de la reconnaissance des autres ? D’autre part, ne peut-on également s’inquiéter de ce que je doive, seul, affronter avec courage mes contradictions intérieures : celles qui constituent ma propre personnalité. Ne risquerai-je pas de remettre en cause l’intégrité de ma propre identité

Finalement, et au-delà de cela, si la prise de parole responsable, le comportement autonome ou l’action politique originale constituent aujourd’hui, semble-t-il, un danger très limité, voire inexistant, n’est-ce pas précisément parce que le cadre, par exemple politique, a changé. La démocratie d’aujourd’hui, mais aussi la société moderne,  ne serait-elle pas devenue un modèle de banalisation et de neutralisation de tout débat ? Bref, peut-on penser sans se risquer ? 

*************** 

DEVELOPPEMENT (NB : ne pas indiquer les parties ni les transitions, mais séparer seulement les paragraphes)

     première partie (argumentation autour de la réponse que sous-entend immédiatement le sujet) Qu’est-ce que réellement, concrètement se mettre en danger ? Socrate l’a fait, bien sûr, mais aussi les anonymes ou obscurs opposants aux dictatures politiques. Sûrs de leur fait, certains ne faisaient que s’opposer ainsi, parfois avec une certaine inconscience, aux autorités obtuses de leur pays. D’autres, comme Descartes prirent des risques beaucoup plus calculés en ne publiant leurs oeuvres qu’à grands renforts de protections et de subtiles modérations. Quel enjeu cela recouvrait-il ? N’y a-t-il pas, derrière autant d’audace une certitude profonde ? Celle de vouloir faire partager par ses semblables une découverte sans prix, un trésor jusque-là caché ? Lorsque nous sommes certains d’être dans le vrai, n’y a-t-il pas quelque allégresse oblative à l’idée de communiquer ce que nous souhaitons mettre à la disposition des autres ? Toutefois, le danger peut s’avérer bien réel. Faudra-t-il user de ruse, de non-violence, d’une plume vengeresse, de discours sibyllins, là où la vérité ne se laisse pas entendre aisément ? 

Mais, comment s’opposer aux « intégristes » de tous poils ? Comment être femme afghane face aux Talibans, être modéré face aux intégristes algériens ou aux fanatiques serbes ou kosovars ? Et puis il y a, entre autres, les Galilée, Spinoza, Camille Claudel, Husserl, Freud, Arendt, Gandhi, M.-L. King, Mandela ou Rushdie qui ont vu leur pensée accusée, leurs écrits brûlés, leur carrière interrompue. Elles et ils connurent la prison, l’exil, l’oubli, l’ignorance, la folie, la traque continuelle, voire même l’assassinat pur et simple. L’évolution de toute culture n’est-elle pas à ce prix ? Doit-on prêcher la valeur du martyre, de la guerre ou du conflit pour assurer à terme l’amélioration des modes de pensée de notre civilisation ? Y a-t-il un rôle civilisateur de la guerre, par exemple ? Mais toute guerre, tout conflit, tout martyre n’est-il pas l’œuvre de personnes qui se battent, peuvent y laisser individuellement leur peau et même demeurer ignorées dans un paradoxe aussi unique et mystérieux que celui, posthume, du soldat inconnu. 

Alors pourquoi risquer son existence pour des idées ? 

Car, symétriquement, les risques personnels ne sauraient être ignorés. Ainsi, Descartes, juste après la tourmente des procès Galilée, ne fait-il pas tout dans ses correspondances avec Mersenne, Hobbes et bien d’autres afin de dissiper les malentendus quant aux interprétations hérétiques de sa pensée si originale pour l’époque et si authentiquement importante et vraie pour l’histoire des idées ? Etablir la vérité : cela ne supposerait-il pas le conflit des idées ? Précisément, parce qu’à l’inverse, l’absence de mise en contradiction de la pensée serait synonyme d’absence de dynamique, de non – cheminement, c’est-à-dire de l’inexistence de moyens nouveaux de progression vers la vérité ? 

Transition (rupture dans l’argumentation) : Mais puisqu’il s’agit de l’approche de la vérité et que celle-ci est particulièrement fondamentale parce que dotée de multiples conséquences pour l’élaboration de la connaissance : pourquoi cette quête devrait-elle avoir un prix ? 

     seconde partie (argumentation autour de la limite du présupposé ou de sa faiblesse) Pour de très nombreux penseurs, la recherche de la vérité constituerait donc une épreuve. Comment admettre alors qu’il faille aller aussi loin dans cette épreuve ? Loin au point, éventuellement, d’être prêt à y faire le sacrifice de sa propre vie ? Comment peut-on en avoir même l’intention ? Et, à l’inverse, ne faut-il pas nous avouer qu’il ne semble plus guère y avoir ni danger réel ni danger intellectuel sous nos latitudes en pleine liberté d’expression démocratique, religieuse et morale ? Qu’après tout la sécurité de nos personnes est le plus souvent garantie ? Que sous son angle politique, l’affaire est entendue, au moins théoriquement, depuis le XVIIe siècle grâce au contrat social proposé par Hobbes pour nous assurer le droit à la sécurité de chaque citoyen face à ses congénères moyennant la perte d’une petite part de notre liberté : le droit d’agression ? En conséquence, la notion même de danger objectif, de personne à personne, ne serait-elle pas devenue presque désuète, voire insignifiante, en comparaison avec ce que nos ancêtres ont connu ou à ce que certains contemporains éprouvent ailleurs dans le monde ? Aujourd’hui, chez nous, le danger d’agression semble s’être déplacé, vers un ailleurs. Mais, aujourd’hui, le danger physique, celui qui mettrait en danger la liberté d’expression, ce danger-là semble nettement écarté. Nous avons le privilège d’être dans des conditions de paix indiscutables mais très chèrement gagnées, et, de ce fait, pour nous-mêmes, nous n’avons plus besoin de soldatesque assurant notre défense. 

Car c’est d’abord cela la prise de risque, c’est d’abord la solde que le militaire reçoit en échange de la mise en danger de sa propre existence. Dans ce cas-là, il y a bien alors un lourd tribut à payer pour oser aller au combat. Comment appréhender aujourd’hui pareille bataille qui n’a, semble-t-il, plus de réelle raison d’être ? En réalité, la crise économique, par exemple ou la crise de l’information – trop de moyens de diffusion libres mais incontrôlables -, font planer un tout autre danger sur notre civilisation : celui de mettre en difficulté tous et chacun par un autre biais que la tyrannie du prince d’autrefois. Ainsi, par exemple, il existerait des dangers symboliques liés aux bouleversements structurels que la crise économique fait courir à la filière de l’emploi, depuis les parcours d’études semés d’embûches imprévues, jusqu’aux licenciements économiques inopinés qui mettent brusquement et prématurément fin à une carrière brillante, en passant par les rachats impersonnels d’entreprises en perdition par des multinationales souvent sans scrupules. La dictature de la pensée unique menacerait, chez nous, bien davantage nos êtres spirituels ou notre dimension symbolique, que notre personne physique. Libres, oui nous le serions mais sous condition d’accepter les modes de communication et de consommation inculqués et qui nous ont endoctrinés dès l’enfance. Contre quoi, alors, une pensée nouvelle se battrait-elle de nos jours ? Sinon contre une incroyable propagande visant à déstabiliser chacun afin que certains désastres économiques profitent aux stratèges de quelque entreprise qui aurait opportunément le vent en poupe ? De ce fait, chacun doit sauver sa peau. Symboliquement, chacun serait alors bien en danger : nous serions tous devenus soldats concernés par le devenir d’une société qui attendrait de tous et de chacun qu’elle ou il se batte quotidiennement pour maintenir son emploi, pour préserver ses valeurs, pour éviter un endoctrinement pernicieux et puissant. 

Comment, dans ces conditions nouvelles que notre système démocratique aurait engendrées, une quelconque nouveauté de la pensée serait-elle possible ou d’actualité ? C’est ce qu’il nous faudra envisager, en prenant, comme toujours, le risque constant de nous tromper à tout instant. Penser autrement, n’est-ce pas impossible si tout le système inquiète par sa formidable capacité à subjuguer les esprits, à les mettre en situation de ne pas pouvoir efficacement réagir ? Preuve en est que si les gens désœuvrés, malgré eux, pour cause de crise économique s’unissaient face à cette crise, ils constitueraient la plus formidable puissance de réaction face au désenchantement politique. Or nous savons qu’il n’en est rien. Trop souvent, le RMIste ne se désole que d’une chose c’est de ne plus avoir les moyens de s’insérer dans le système pour consommer comme tous et chacun. Les médias s’acharnent à lui démontrer que la crise est mondiale et que sa désolation ne saurait être que de longue durée tout comme sa perte d’emploi. Et, trop souvent encore, il 

a honte. Il ne bénéficie d’aucune reconnaissance sociale n’étant pas productif et, souvent, d’une absence quasi-absolue de solidarité. Pas de compassion pour les exclus du système ! Alors, une pensée nouvelle ne devrait-elle pas être basée sur de tout autre rapport que notre société oublie depuis qu’elle ne s’occupe essentiellement que d’assurer la pérennité de sa puissance économique et, accessoirement, de légiférer symboliquement sur les relations humaines. Depuis que les relations interpersonnelles sont surtout réglées par le juridique, n’a-t-on pas perdu de ce fantastique élan de solidarité, de compassion, de cette formidable chaîne humaine qui exista, il y a longtemps chez nous en termes d’humanité. Ne peut-on œuvrer à la promotion de valeurs essentielles ? Pourquoi n’agirait-on pas comme si la fraternité dont il est question au fronton de nos mairies n’était plus un vain mot ? 

Transition  (rupture dans l’argumentation) : Mais, là, nous nous heurtons frontalement à un mur infiniment plus résistant que celui qui fut abattu à Berlin voici dix ans Cet obstacle extrêmement puissant est à l’intérieur de nous-mêmes. Kant ne disait-il pas, en substance, que l’homme est fait d’un bois si tordu qu’il est bien difficile de le faire marcher tout à fait droit ? Alors, ne nous faudrait-il pas questionner les degrés de profondeur parfois abyssale du danger de réfléchir et examiner la diversité de risques qui ne viendraient pas que de l’extérieur ? 

     troisième partie (argumentation autour du questionnement du sujet) Ainsi, d’une part, si je m’insurge simplement contre une pensée établie, de toute évidence, ne risquerai-je pas de déplaire, de ne plus être en conformité avec ce que les autres attendent de moi ? Le prix fort à payer, déjà dans ce travail, ne vient-il pas de ce que j’anticipe sur la reconnaissance des autres ou, pire leur non-reconnaissance ? Cette absence de reconnaissance ne me serait-elle pas réservée et précisément défavorable lorsque j’afficherai une indépendance d’esprit jugée non-conforme voire dangereuse ? A l’inverse, ne serait-elle pas seulement favorable lorsqu’elle contribue, comme toute pensée nouvelle, à l’évolution des connaissances et des techniques ? En effet, si je jouais individuellement le jeu et m’inscrivais nettement dans le processus de production, à l’instar de ce que Freud nomme la capacité de sublimation dont notre civilisation est tellement demandeuse, ne risquerai-je pas de vivre constamment dans un malaise ? Celui de ne travailler qu’à l’épuisement de ma personne, à la vider de toute sa substance créatrice, à l’exploiter de sorte que le seul bénéficiaire de l’opération ne soit pas moi, le sujet productif lui-même, mais la civilisation à laquelle je dévoue toute mon énergie ? Ainsi, le choix devant lequel je me trouve en matière de risque ne serait-il pas aporétique ? 

Sans issue car, par le seul fait que je m’autorise l’épreuve du désir de contredire ou de la passion critique en contradiction avec ma conscience et ma volonté, ne risquerai-je pas de remettre en cause l’intégrité de ma propre identité. Présentée ainsi, en effet, la difficulté à laquelle nous nous heurtons est emblématique de notre propre contradiction intérieure. Si je recherche une quelconque reconnaissance des autres dans leur regard, c’est vraisemblablement parce que je joue avec mon identité. C’est moi-même qui suis mis en cause, ultimement. Plus que tout je ne peux me constituer comme être à part entière que, précisément, parce que je me réserve ma place, cette place que j’ai chèrement gagnée en dépit de tout. Je prétends donc la défendre, quoi qu’autrui en pense, j’y tiens. Non par dérive paranoïaque – « seul contre tous » – mais plus simplement parce que j’estime mon système de pensée et d’action, bref, mes valeurs, défendables et cohérentes. Le siècle des Lumières nous a bien enseigné qu’il s’agissait d’avoir le courage de se servir de son propre entendement, quitte à être le vilain petit canard ou le bouc émissaire. N’a-t-on pas le droit légitime de croire en soi ? Même lorsque notre environnement ne l’entend pas de cette oreille au nom de la tristement fameuse pensée unique. 

Car, originellement agressive – Socrate n’a-t-il pas été condamné par une sorte de « tribunal populaire » ? – la démocratie d’aujourd’hui, mais aussi la société moderne,  ne serait-elle pas devenue finalement un modèle aseptisé, voire neutralisé, de débat ? Le lieu d’un redoutable aplanissement des valeurs  qui poserait précisément plus de questions que jamais, parce que le risque réel n’existerait plus ? Il n’y aurait plus que du risque fictif, comme dans une guerre où l’on filmerait ses propres frappes aériennes « chirurgicales » comprises par l’agresseur comme une sorte de simulation, une attaque fantôme ; comme dans un jeu de combat vidéo où l’habileté technique deviendrait primordiale ou encore comme dans une sorte de saut à l’élastique où nous serions complètement assurés de nous donner des sensations fortes moyennant un minimum de prise réelle de risque ? Cette impuissance à véritablement affronter les difficultés, à les édulcorer, n’est-elle pas affligeante parce que, précisément, elle relève davantage d’un simulacre d’existence que d’une réelle volonté de prendre en main son propre destin. Ainsi, ne serait-il pas infiniment plus dangereux pour l’intégrité de ma personnalité et, partant, de mes relations à autrui, de ne pas oser confronter ma pensée à celle d’autrui, de ne pas vouloir débattre, de ne plus questionner ma pensée plutôt que l’inverse ? Pour moi, la réponse est toute trouvée, comme le disait Tennyson :« Je ne voudrais pas me dire au soir de ma vie que je n’ai pas vécu ». 

*************** 

CONCLUSION (réponse à la question posée en introduction)

L’opposition qu’affronta Socrate dans une société qui voulut le faire disparaître et le condamna au suicide pour avoir osé penser autrement, cette opposition ne semble plus être d’actualité. Pourtant, aujourd’hui, si notre société ne condamne plus à la mort physique, et qu’elle ignore souvent les contradicteurs en les ré assimilant, ne doit-on pas se poser la question de savoir s’il n’est pas infiniment plus risqué de ne pas penser, de ne pas critiquer les valeurs implicites d’une société ? Valeurs que nous avons le devoir, légitime et moral, de dénoncer et, que, grâce aux sacrifices de nos ancêtres nous sommes désormais en droit, par la loi, de désapprouver. De ce fait, l’actualité de la démarche socratique deviendrait aveuglante. Mourir pour ses idées serait impensable au sens physique du terme mais le courage d’user de notre propre jugement n’aurait jamais été aussi urgent, au plan symbolique. Alors, soyons donc plus audacieux que jamais en osant le geste de Socrate : penser autrement quitte à être désapprouvés. Dans quel domaine ? Sur quel plan ? Notre civilisation nous donne parfois le sentiment de se comporter comme une véritable thanatocratie. En effet, sous la forme des moyens militaires que le progrès technique a lui-même créés, et au-delà de ces seuls progrès scientifiques ou techniques qui, permirent depuis le premier conflit mondial surtout, la destruction massive de millions d’humains et qui en tue chaque jour des milliers d’autres sans distinction de sexe, d’âge, d’ethnie, de religion et de valeur ; la solidarité et la fraternité humaine combatives ne seraient-elles pas le plus vrai et le plus beau progrès moral moderne ? Ce progrès n’a-t-il pas encore et toujours plus de prix et surtout d’actualité ? Effectivement, penser c’est se risquer surtout symboliquement ; mais, encore une fois, n’est-ce pas ce que je viens de faire ici ? 

PROPOSITION de CORRIGE de COMMENTAIRE de TEXTE de Henri BERGSON (1859-1941) extrait de « L’Evolution créatrice », p.5 « De la durée en général » – 1907 / P.U.F. 1969 

Dégagez l’intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée : 

« En réalité, le passé se conserve de lui-même, automatiquement. Tout entier, sans doute, il nous suit à tout instant : ce que nous avons senti, pensé, voulu depuis notre première enfance est là, penché sur le présent qui va s’y joindre, pressant contre la porte de la conscience qui voudrait le laisser dehors. Le mécanisme cérébral est précisément fait pour en refouler la presque totalité dans l’inconscient et pour n’introduire dans la conscience que ce qui est de nature à éclairer la situation présente, à aider l’action qui se prépare, à donner enfin un travail utile. Tout au plus des souvenirs de luxe arrivent-ils, par la porte entrebâillée, à passer en contrebande. Ceux-là, messagers de l’inconscient, nous avertissent de ce que nous traînons derrière nous sans le savoir. Mais, lors même que nous n’en aurions pas l’idée distincte, nous sentirions vaguement que notre passé nous reste présent. Que sommes-nous, en effet, qu’est-ce que notre caractère, sinon la condensation de l’histoire que nous avons vécue depuis notre naissance ? » 

*************** 

INTRODUCTION (ne pas écrire « introduction », « pourquoi … », « quoi … », « comment … », débat … », ou « alternative … »)      pourquoi : quelle question l’auteur formule-t-il ? (celle que sous-entend immédiatement le texte de l’auteur)

Lorsque je me souviens d’un fait : d’où cela vient-il, pourquoi me souviendrais-je de ceci plutôt que de cela, comment mon psychisme fonctionne-t-il à cet égard ? Quelle importance le passé revêt-il par rapport au moment présent ? 

     quoi : synthétiquement, que répond l’auteur à cette question ? (la réponse défendue par l’auteur, avant tout examen critique et qui constituera la trame de la partie d’exposition du débat) Auteur pragmatique et moderne, Bergson nous propose une réponse à ces questions dans un passage de son oeuvre consacré au mécanisme de rappel du passé. D’après lui, il semblerait que le passé se conserve automatiquement et intégralement et qu’il constitue une sorte de réservoir de souvenirs disponibles. Le moment venu, les souvenirs les plus utiles, ceux qui sont nécessaires viendraient se greffer sur la réflexion ou l’action présente afin « d’éclairer la situation » (l.5). 

     comment : structurellement, de quelle manière l’auteur organise-t-il sa réponse ? (rigueur et cohérence de la réponse que l’auteur aborde)

A la façon d’une mémoire électronique, l’inconscient bergsonien conserverait donc, ma vie durant, les données de toute mon existence et l’oubli serait une fonction nécessaire simplement pour pouvoir se consacrer plus efficacement à la tâche présente sans qu’elle soit gênée par un excès d’informations inutiles. 

     débat : quelles objections pourrait-on opposer à l’auteur ? (mise en difficulté de la thèse de l’auteur : ambiguïtés ou paradoxes du texte qui présente des aspects contradictoires, on définit ainsi la limite de la réponse de l’auteur, sa faiblesse en questionnant cette réponse, c’est ce qui enrichira la partie critique du débat afin de dégager toutes les dimensions exploitables, les enjeux, sans démontrer ni répondre pour l’instant) Or, présentée telle quelle, la thèse de Bergson laisserait dans l’ombre certaines difficultés qu’il s’agirait de résoudre. En effet, nous savons bien qu’il y a des disfonctionnements de la mémoire et que certains souvenirs sont très difficiles, voire impossibles à rappeler, alors que d’autres se présentent à l’esprit de façon tout à fait inappropriée. Il serait donc intéressant de comprendre ce qui opère le tri, exactement : s’agit-il d’un mécanisme conscient et volontaire ? Par ailleurs, nous savons également par expérience personnelle, que postuler l’existence d’un domaine inconscient inaccessible à ma conscience constitue un danger. On pourrait alors supposer qu’il peut y avoir capitulation de la volonté, du contrôle de soi. Autrement dit : qui ou quoi pilote le navire de ma personnalité ? 

     alternative : comment l’auteur répondrait-il aux objections que l’on pourrait lui faire ? (limites de la mise en difficulté de la thèse de l’auteur : sa ou ses réponse(s) possible(s), cela constituera la trame de la partie critique du débat)

Or Bergson semble bien signifier que notre personnalité entière serait l’œuvre de notre mémoire inconsciente : une condensation de notre histoire vécue depuis l’enfance. *************** 

DEVELOPPEMENT (NB : ne pas indiquer les parties, ni les transitions qui la constituent, mais séparer seulement les paragraphes) 

     première partie : ambiguïté des concepts centraux du texte  (saisir l’entrecroisement de concepts horizontalement ou linéairement dans la continuité du texte d’une part ; et, d’autre part, verticalement, ou comment ils s’organisent en degrés de profondeur) Trois grands regroupements conceptuels retiendront tout particulièrement notre attention. 

Tout d’abord, deux d’entre eux traitent du même aspect du problème. Nous notons, en effet, que, d’après Bergson, l’organisation de notre mémoire et, partant, de notre personnalité tiendrait à un mécanisme cérébral (l.4). L’auteur met ici en avant l’aspect machinique du système mental humain : on y trouve des automatismes (l.1) liés à la conservation des souvenirs (l.1). Il y a aussi une porte (l.3) derrière laquelle le passé, constitué de nos souvenirs, exerce des pressions (l.3). A l’instar d’une gigantesque machinerie, notre mémoire produit un travail utile (l.6), fonctionne correctement : tout y est bien huilé. C’est ici d’un vocabulaire de la mécanique qu’il s’agit comme s’il ne manquait plus que des plans inclinés, des rouages ou des palans pour compléter cette description très laborantine de notre système psychique. On ne s’arrête d’ailleurs pas là puisqu’il y a également dans cet ensemble peu banal des sortes de neurotransmetteurs à moins qu’il ne s’agisse d’Hermès modernes : les messagers de l’inconscient (l.8). Pour couronner le tout, nous observons même une référence au vocabulaire de la chimie – vocabulaire également affectionné par Freud à propos des rêves -, ainsi, Bergson parle-t-il de condensation (L.10). Quel peut bien être l’intérêt de ces références ? On peut, en effet, tout supposer sauf qu’elles sont anodines ou involontaires, bien sûr ! Il y a donc tout lieu de croire que notre auteur souhaite par-là souligner l’aspect technique, scientifique voire systématique de son approche de
la mémoire. Il suggère ainsi qu’il y a un ordonnancement de la mémoire, une rigueur dans son fonctionnement, une cohérence de son organisation. Organisation naturelle ? Spontanée ?  Très vraisemblablement : cela semble fonctionner comme une vis sans fin qui produirait des stratifications géologiques, puisque le passé nous suit à tout instant (l.2) – et on pourra, légitimement se demander par la suite quelle énergie meut toute cette machinerie -. Ainsi, le cumul automatique des souvenirs se fera-t-il au rythme même du déroulement incontrôlable du temps. Ainsi, le présent n’aura qu’une issue, s’y joindre de lui-même (l.3), inexorablement. 

Un second regroupement consisterait à associer l’absence d’idée distincte que nous avons du passé (l.9) avec cette affaire de contrebande de souvenirs de luxe (l.7). En effet, il semble évident d’après ceci que la belle machinerie décrite par notre auteur se trahisse singulièrement lorsqu’elle cherche à masquer sa production ou plutôt ses gigantesques stocks de souvenirs enfermés derrière sa porte. Quelle que soit la prétention de ce système à « vouloir » rester clos, il n’y parvient pas toujours : la porte s’entrebâille (l.7), le système de refoulement (l.4) a des ratés ! Les douaniers de l’inconscient bergsonien semblent impuissants à contenir les richesses incommensurables de
la mémoire. Ce serait l’inverse de l’immigration économique : c’est par excès de richesse et non de misère que la porte du coffre à souvenirs craque sous le poids de ce que nous traînons derrière nous sans le savoir (l.8). A quoi bon cette image dont le vocabulaire a, là encore, des connotations freudiennes prononcées : Bergson ne parle-t-il pas de refoulement (l.4) ? En fait, il s’agit ici de décrire un système qui, passif dans sa partie inconsciente, n’en est pas moins totalement dynamique pour ce qui concerne la production consciente. En effet, Bergson nous explique bien qu’il s’agit d’aider une action qui se prépare (l.6), de donner enfin un travail utile (l.5), bref surtout d’éclairer ce qui était dans l’ombre (l.5-6). Autrement dit, cette dimension utilitaire du retour à la conscience de nos souvenirs les plus opportuns est aussi génératrice de ce qui est nécessaire à toute action humaine, à toute production consciente : une indispensable luminosité. Les ténèbres dans lesquels sont séquestrés nos souvenirs inconscients font place opportunément au flamboiement vainqueur, aux rayons régénérateurs et bienfaisants de l’action solarisée. Pas de vie sans soleil, pas d’acte humain vivant sans retour à la lumière des souvenirs débarrassés temporairement de leur éclipse coutumière. 
Finalement,  beaucoup plus classique parce que moins allégorique ou allusif, un autre genre lexical, peut être associé à notre dernier élément. Bergson nous parle de caractère (l.10) selon la modalité d’un cumul. Cumul de souvenirs, cela va sans dire. L’auteur défend ici l’idée que nous sommes en permanence en phase directe avec notre propre histoire (l.11), celle qui m’a construit depuis ma plus tendre enfance. Ici, le propos devient nettement psychologique. On sait à quoi on a affaire : notre passé est conservé  parce que nous avons additionné des expériences, celles de tout ce que nous avons senti, pensé, voulu depuis notre première enfance (l.2) et résurge telle une nappe souterraine qui sourdrait de façon utile et opportune. Rien n’échappe à la formidable capacité d’emmagasiner qu’est celle de notre mémoire. Notre passé nous reste présent (l.9-10), encore une fois, inexorablement. Echappe-t-on d’ailleurs à son passé ? Certes pas. Telle paraît être la réponse de Bergson. Ainsi, totalement original, chacun d’entre nous, grâce à son identité incomparable à celle de n’importe quel autre être humain est également totalement tributaire de cet héritage qui pourrait parfois lui sembler insupportable. Là encore, on ne peut s’empêcher de penser à Freud et à la théorie des stades de constitution de
la personnalité. L’analogie est flagrante, bien qu’elle ne résiste pas à une analyse plus approfondie. Nous sommes bien devant un texte de Bergson, pas de Freud. En quoi ? Ce sera l’objet d’un élément de notre débat. 

     seconde partie : on débat du premier regroupement conceptuel central du texte (mise en difficulté de la thèse de l’auteur : on relève une première ambiguïté ou un paradoxe du texte, définissant ainsi une limite de la réponse de l’auteur et sa faiblesse ; c’est le début de la partie critique du débat qui permet de dégager les dimensions exploitables et leurs enjeux)

Déjà dans l’Antiquité, la psychologie humaine s’inquiétait de savoir ce qu’était le souvenir. Ainsi, Platon nous propose-t-il une version allégorique et mythique du rappel des souvenirs : c’est la théorie de
la réminiscence. Le cheminement dialectique du prisonnier sorti de la caverne (« La République » Livre VII – 512) ou de l’amoureux (« Le Banquet – 211) consistera à retrouver progressivement ces Idées enfouies au fond de lui, ces Idées contemplées dans une existence antérieure. On a bien compris grâce à ce texte de Bergson qu’il n’est pas question ici de se référer à une vie antérieure. Pas davantage question de convoquer une interprétation mythique qui justifierait quoi que ce soit. Bergson se réfère à un système rationaliste d’explication : il s’agit d’expliquer même des phénomènes aussi complexes ou incongrus que peuvent l’être ceux de la mémoire, par des données objectives constatables. Mais, alors que Platon explique clairement le mécanisme dialectique c’est-à-dire pédagogique qui permet d’effectuer la remontée vers les Idées pures communes à toute l’humanité ; Bergson explique mécaniquement mais difficilement ce qui opère le tri des souvenirs selon les besoins du moment, si ce n’est par la référence à l’inconscient (l.5). Or, par définition, ce mécanisme, qui peut d’ailleurs parfois dysfonctionner, est parfaitement mystérieux puisqu’il est impossible d’y avoir accès. Alors, comment ce mécanisme cérébral inconscient sélectionnerait-il ce qui est le plus approprié aux nécessités du moment ? Comment le gardien de cette porte de l’inconscient décide-t-il de n’introduire dans la conscience que ce qui est de nature à éclairer la situation présente (l.5-6) ? Sur quels critères se base-t-il ? Comment opère-t-il sa sélection de souvenirs ? Tout au plus pourrons-nous supposer qu’il s’agit d’un mécanisme physiologique comme le laisse à entendre l’usage de cérébral (l.4), terme du vocabulaire biologique ou médical. Toutefois ceci laisse entier le problème du libre-arbitre du moi bergsonien : qui décide ultimement dans le caractère ? ma volonté ? ma conscience ? 

     troisième partie : on débat du second regroupement conceptuel central du texte (mise en difficulté de la thèse de l’auteur : on relève ainsi une seconde ambiguïté ou un paradoxe du texte, c’est la suite de la partie critique du débat) Dès que l’on postule l’hypothèse d’un inconscient, la vigilance philosophique est de rigueur. En effet, soit il s’agit d’une référence à un lieu mystérieux et inaccessible, sorte de caverne d’Ali Baba de tous les trésors psychiques cachés ; soit il s’agit d’un alibi utile mais inavouable lorsque l’on recherche une justification à un comportement délictueux voire criminel. Le mot a mauvaise presse. On oscille volontiers entre parapsychologie et ratiocination embrouillée. 

Il s’agirait donc de rappeler très clairement de quoi nous parlons. L’un des plus grands savants de ce siècle, le Dr Sigmund Freud a défendu toute sa vie la thèse de l’existence d’un système inconscient expliquant le fonctionnement de l’ensemble du psychisme humain. Or, bien davantage qu’une élucubration de quelque PR Tournesol, la rigueur scientifique des conceptions freudiennes ne saurait laisser indifférent tout esprit curieux. Reprenons ses conclusions. L’inconscient freudien est d’abord très actif. C’est un lieu de conflits entre des pulsions libidinales dynamiques issues du Ca qui sont mises en contradiction par deux mécanismes inconscients : le principe de censure du Surmoi et le principe de réalité du Moi. L’ensemble du principe de plaisir qui gouverne le Ca se réfère à l’instinct sexuel, c’est-à-dire une intention hédoniste. Freud fut suffisamment critiqué pour cela, sa vie durant et encore aujourd’hui. Par ailleurs, le refoulement existe bien dans la théorie freudienne. Mais il s’agit ici d’un système d’interdits acquis agissant par l’entremise des résistances du Surmoi et produisant par réaction le renvoi des pulsions inacceptables au plus profond du Ca acquis, sous la forme de complexes enfouis. Nous voyons bien ici que nous sommes très éloignés de la théorie bergsonienne des souvenirs « refoulés », c’est-à-dire contenus passivement depuis l’enfance, qui relèvent davantage d’une rétention que d’une pré structuration. Mais, revenons à Freud. L’inconscient freudien produit bien ses propres pulsions. Il est donc absolument hermétique aux seules exigences de
la conscience. Ici, l’accès à l’inconscient ne saurait être dû à un effet de la volonté du sujet, car il existe une formidable force de résistance qui maintient les représentations inconscientes hors d’accès du champ de la conscience, sauf dans des cas très particuliers (le rêve, les maladresses etc.) qui sont davantage des « actes manqués » ou, si l’on veut, des « trahisons incontrôlées » que des « passages en contrebande » (l.7). L’inconscient freudien est donc bien structuré de l’intérieur et je n’ai aucun accès à cette organisation occulte, car les désirs qui en proviennent sont déguisés et revêtent des formes qui les font davantage ressembler à des devinettes. Ces problèmes complexes seraient dotés d’un sens latent qu’il s’agirait de décoder plutôt que d’être simplement les indicateurs manifestes et directement intelligibles de la situation en cours, comme chez Bergson. 

Alors ne nous laissons pas abuser par le vocabulaire très « freudien » de Bergson. Nous pouvons supposer que ces terminologies étaient dans l’air du temps au début du siècle et que c’est pure coïncidence si certains termes - première enfance, refoulement, inconscient, condensation, histoire personnelle – nous induisent en erreur, nous faisant croire à une quelconque gémellité ou à un clonage entre nos deux auteurs. 

     quatrième partie : on débat du troisième concept central du texte (mise en difficulté de la thèse de l’auteur : on relève une troisième ambiguïté ou un paradoxe du texte, c’est la fin de la partie critique du débat) Chez Bergson, l’inconscient est donc bien une sorte de « chambre d’enregistrement » du passé. De tous les faits de mon passé qui constituent le déroulement même, le contenu intime de ma vie. On imagine aisément que cette chambre est totalement vide au début de la vie, le nouveau-né ou même le fœtus n’ayant guère de souvenirs. Par la suite, la porte de l’inconscient, entrouverte, laissera filer en permanence de nombreux souvenirs : certains opportuns, d’autres pas. Opportuns si le présent l’exigeait (afin de produire un « travail utile » l.6), mais également si l’attention à l’action présente ne l’exigeait pas (« les souvenirs de luxe » l.7). Ces derniers souvenirs passés en contrebande sont là comme par excès d’information. Comme si le système bergsonien fonctionnait en roue libre, avec une sorte de pilotage automatique qui le maintiendrait passivement productif quoi qu’il advienne, mais sans disposer pour autant d’un mode autonome de fonctionnement. 

Seulement, il resterait à comprendre qui ira délibérément chercher le souvenir dans l’inconscient ; ou ce qui laissera échapper ces souvenirs. En effet, s’ils étaient puisés délibérément, on comprendrait que la conscience soit active ; s’il s’agissait d’une fuite inopinée, alors c’est l’inconscient qui en déciderait, lui-même. Mais dans un cas comme dans l’autre l’inconscient comme réservoir d’informations existe bien selon Bergson. Dans le premier cas, il est la boîte de Pandore de nos souvenirs secrets ; dans l’autre, il s’agit d’un organe qui détient une sorte d’autonomie décisionnelle. Ceci ne simplifie pas notre enquête puisque notre auteur parle d’un inconscient qui ne doit ses caractéristiques qu’à la focalisation de la conscience se concentrant immédiatement sur les seuls souvenirs valables en termes d’efficacité et in-formant le moment présent, sans préciser davantage son mode de fonctionnement. Ce propos sème donc le trouble car, qui accepterait l’idée que son « caractère » (l.10) soit conditionné par un « automatisme » (l.1) inconscient, quand bien même l’auteur de cette mainmise en serait notre propre passé sur lequel j’ai eu prise originellement et en temps utile ? 

*************** CONCLUSION (réponse à la question posée en introduction)

L’argumentation de Bergson, nous l’avons vu, soulève un nombre important de difficultés. A la suite de notre enquête, il semble que nous puissions affirmer que l’inconscient dont il est question ici a bien le pouvoir passif de laisser échapper nos souvenirs, trésors personnels et butin rapporté du passé original qui est le nôtre. D’aucune façon nous ne pourrions imaginer la possibilité d’être actifs et présents à notre activité du moment sans pouvoir disposer de cet outil extraordinaire : notre mémoire qui nous façonne, nous structure, nous donne les moyens de ne pas sombrer dans les erreurs du passé. Toutefois, il nous faut rester constamment sur nos gardes : l’invasion d’un passé inconscient ne pourrait-il pas être le plus extraordinaire frein à l’activité présente s’il devenait envahissant. Notre bonheur ne serait-il pas à ce prix ? Nietzsche fera, quant à lui l’apologie des individus sans mémoire « L’oubli… est un pouvoir actif, une faculté d’enrayer… nul bonheur, nulle jouissance de l’instant présent ne pourraient exister sans faculté d’oubli… » (Généalogie de la Morale / Idées p.75), mais c’est un autre problème. 


LECTURES 

LECTURES RECOMMANDEES (un à deux ouvrages en début d’année) 

« Le Procès » Franz KAFKA / Ed. Livre de Poche « Huis Clos » Jean-Paul SARTRE / Ed. Folio Gallimard 

« Introduction à la Philosophie » (pp.5-14) Karl JASPERS / Ed. 10/18 – Plon 

LECTURES FONDAMENTALES à faire en cours d’année (une vingtaine d’extraits au minimum en L) sur 57 auteurs au programme et prioritairement parmi les auteurs fondamentaux dont les noms figurent en gras Antiquité & Moyen Age (15 auteurs) :: 

« L’Apologie de Socrate«  (pp.33-62) PLATON (428-348) / Ed. Nathan Intégrales de Philo « Le Banquet«  (pp.58-62, 71-77, 80-82) PLATON / Ed. Nathan Intégrales de Philo 

« La République«  – Livre VII (pp.50-81) PLATON / Ed. Nathan Intégrales de Philo « Ethique à Nicomaque«  (Livres I & X) ARISTOTE (384-322) / Ed. Garnier Flammarion 

« La Politique«  (pp.36-62) ARISTOTE / Ed. Nathan Intégrales de Philo « Lettre à Ménécée » (pp.76-80) EPICURE (341-270) / Ed. Nathan Intégrales de Philo 

« De la Nature«  (pp. 20-21, 53, 58-60, 97-111) LUCRECE (98-55) / Ed. Garnier Flammarion « Le Manuel«  (pp. 207-233) EPICTETE (50-120) / Ed. Garnier Flammarion 

autres auteurs au programme : CICERON (106-43), SENEQUE (4-65), MARC-AURELE (121-180) , SEXTUS-EMPIRICUS (100 ?-250 ?), PLOTIN (205-270), St AUGUSTIN (354-430), Ibn Ruchd dit AVERROES (1126-1196), , St ANSELME (1033-1109), St THOMAS d’AQUIN (1225-1274), OCKHAM (1285-1349) Période moderne (18 auteurs) : 

« Le Prince » (pp.63-82) Nicolas MACHIAVEL (1469-1527) / Ed. Univers des Lettres – Bordas « Les Essais » (Livre 1er, XX) : pp.31-38, 100-105, 114-130) de MONTAIGNE (1533-1592) / Ed. Bordas 

« Discours de la Méthode«  (pp.34-83) René DESCARTES (1596-1650) / Ed. Nathan Intégrales de Philo « Méditations Métaphysiques«  (pp.37-68) René DESCARTES / Ed. Nathan Intégrales de Philo 

« Ethique«  (Sec Partie pp.123-125, 4ème Partie p.223 sqq.) Baruch SPINOZA (1632-1672) / Ed. GF « Esprit des Lois » (Livre III) Charles Louis de Secondat de MONTESQUIEU (1689-1755) / Ed. GF 

« Discours sur … l’Inégalité …«  (pp.30-38, p.46, pp.53-54, p.73) J.-J. ROUSSEAU (1712-1778) / Nathan « Contrat Social«  (Livre I : pp.171-191, Livre II : pp.192-193, 203-206) ROUSSEAU / Ed. Points-Seuil 

« Fondements de la Métaphysique des Mœurs«  (pp.18-89) Emmanuel KANT (1724-1804) / Nathan « Réponse à la question : qu’est-ce que les Lumières ? » (pp.67-75) KANT / Ed. Nathan – Intégrales Philo 

autres auteurs au programme : BACON (1561-1626), HOBBES (1588-1679), PASCAL (1623-1662), LOCKE (1632-1704), MALEBRANCHE (1638-1715), LEIBNIZ (1646-1716), VICO (1668-1744), BERKELEY (1685-1753), HUME (1711-1776), DIDEROT (1713-1784), CONDILLAC (1714-1796) Période contemporaine (24 auteurs) : 

« Phénoménologie de l’Esprit«  (p.5, p.65 sqq., p.81 sqq.) HEGEL (1770-1831) / Ed. Aubier – Montaigne « La Raison dans l’Histoire«  (pp.46-77) Georg Wilhelm Friedrich HEGEL / Ed. Hatier Profil Philo 

« Discours sur l’Esprit Positif » (Loi des Trois Etats : pp.2-29) Auguste COMTE (1798-1857) / Ed. Vrin « Manifeste du Parti Communiste » (pp.34-64) Karl MARX (1818-1883) / Ed. Nathan Intégrales de Philo 

« Crépuscule des Idoles » (pp.54-95) Friedrich NIETZSCHE (1844-1900) / Ed. Hatier – Profil Philo « Cinq Leçons sur la Psychanalyse » (pp.7-65) Sigmund FREUD (1856-1939) / Ed. Payot 

« La crise de l’humanité européenne et la philosophie«  (pp. 50-78) Edmund HUSSERL (1859-1938) / Ed. Hatier Profil Philo. « Deux Sources de la Morale … » (p.1 sqq., p.57, p.105 sqq., p.223) BERGSON (1859-1941) / Ed. P.U.F. 

« L’Existentialisme est un Humanisme » (pp.21-109) Jean-Paul SARTRE (1905-1980) / Ed. Folio Essais « Eloge de la Philosophie » Maurice MERLEAU-PONTY (1908-1961) / Ed. Idées – NRF Gallimard 

autres auteurs au programme : SCHOPENHAUER (1788-1860), TOCQUEVILLE (1805-1859), COURNOT (1801-1877), MILL (1806-1873), KIERKEGAARD (1813-1855), DURKHEIM (1858-1917), ALAIN (1868-1951), RUSSELL (1872-1970), BACHELARD (1884-1962), HEIDEGGER (1889-1976), WITTGENSTEIN (1889-1951), POPPER (1902-1994), ARENDT (1906-1975), LEVINAS (1905-1995), FOUCAULT (1926-1984) MANUELS RECOMMANDES 

« Lire les philosophes« Chomienne / Ed. Hachette – Education ( 2004) « La philosophie au bac« Leguil / Ed. Bordas (2008) 

« Atlas de la philosophie« Kunzmann – Burkard / Ed. LDP / Pochothèque (1993) « La Pratique de la Philosophie de A à Z » – Clément … / Ed. Hatier 

« Dictionnaire de Philosophie » – Durozoi – Roussel / Ed. Nathan  « Les bonnes Copies du Bac » / Ed. Hatier De nombreux sites internet existent et certains (celui de Hansen-Love ou Wikipedia par exemple sont généralement de très bonne qualité) Je vous souhaite de trouver du plaisir dans la lecture et l’écriture … ou, mieux, … d’apprendre à les aimer ! 

ORAL de PHILOSOPHIE et SUJET-TEXTE 

PREALABLES à l’ÉPREUVE 

-                                  Le choix de l’œuvre (pour l’épreuve d’entraînement) ou des deux œuvres en série L (pour l’épreuve du second groupe du baccalauréat) sera libre ; -                                  Ce choix se fera dans la liste des soixante auteurs au programme à certaines restrictions près : en série L et ES, il est plutôt maladroit de présenter des textes trop courts (par exemple la « Lettre à Ménécée » d’ÉPICURE). 

-                                  En série L, on peut donc suggérer de privilégier les œuvres de ces auteurs : PLATON, ARISTOTE, EPICURE, LUCRECE, EPICTETE, MARC-AURELE / MACHIAVEL, HOBBES, DESCARTES, SPINOZA, ROUSSEAU, KANT / HEGEL, NIETZSCHE, HUSSERL, BERGSON, BACHELARD, SARTRE, MERLEAU-PONTY (voir pages 2-3). Durant l’ÉPREUVE 

Après vingt minutes de préparation sur un extrait choisi par l’examinateur dans la liste établie selon vos choix, la soutenance durera également vingt minutes environ. Idéalement, il s’agirait de pouvoir soutenir la durée de l’épreuve sans être interrompu par l’examinateur. - Présenter succinctement l’auteur et l’œuvre ainsi que la situation de l’extrait dans l’ensemble de l’œuvre, en quelques phrases ; 

- Lire l’extrait choisi ; - Décrire la structure (le mouvement) de l’extrait en le découpant en deux ou trois parties ou davantage selon les arguments de la problématique que vous souhaitez développer ensuite, en quelques phrases également ; 

(Si vous vous sentez moyennement à l’aise par rapport à l’extrait, procédez de la façon suivante) -          Analyser le texte (linéairement, si vous le préférez), en détaillant les moments de rupture du texte (oppositions), les mots-clés (occurrences et répétitions) ainsi que les idées les plus saillantes. Il s’agira, bien entendu, d’éviter
la paraphrase. Toutefois, citer quelques termes ou arguments spécifiques de l’auteur serait de bon aloi. N’hésitez jamais à définir, préciser, spécifier ou reformuler de quoi parle l’auteur ; 

-          Soulever l’intérêt philosophique de l’extrait en le rapportant aux idées soulignées précédemment. C’est évidemment soit le débat interne au texte qui retiendra toute votre attention, soit le débat qui a pu susciter cette prise de position. Insistez tout particulièrement sur la problématique de l’extrait, c’est-à-dire les enjeux qu’il soulève ; (Si vous vous sentez très à l’aise par rapport à l’extrait, procédez de la façon suivante) 

-          Même procédé que celui qui précède. Toutefois, l’analyse de l’extrait se fera dans l’ordre qui vous convient tout en discernant au fur et à mesure les articulations problématiques ; -          Conclure en soulignant le problème posé par l’auteur de cet extrait et sa façon spécifique d’y répondre. On peut éventuellement « ouvrir » vers d’autres problèmes apparentés comme ce serait le cas dans une explication de texte à l’écrit. 

DIRECTIVES OFFICIELLES
concernant les auteurs, l’épreuve orale du second groupe et le sujet-texte
 

Rappels faits par l’Inspecteur Pédagogique Régional (I.P.R.) de Philosophie établi sur la base des textes et documents officiels (Circulaire 75-110 du 7 mars 1975, B.O. 11 du 20 mars 1975 ; Arrêté du 5 juillet 1983, B.O. 30 du 1er septembre 1983 ; Note de Service 87-242 du 11 août 1987 – B.O. 30 du 3 septembre 1987 ; Arrêté du 31 mai 2001 ; Arrêté du 23 mai 2003 http://www.eduscol.education.fr/index.php?./D0016/LLPJPR01.htm 

Préliminaires concernant l’épreuve orale du second groupe : « Pour que tous les candidats puissent passer cette épreuve dans les mêmes conditions, je crois bon de rappeler, dès le début de l’année scolaire, … quelles sont les règles à respecter … «  

… « Il s’agit bien « d’œuvres » et non de « morceaux choisis ». Par « oeuvre » il faut entendre une oeuvre étudiée dans sa totalité (dans cet ensemble « le professeur délimite alors les passages qui feront expressément l’objet d’une explication de texte »), ou seulement certaines parties de cette oeuvre : mais, dans ce dernier cas, ces parties « auront une certaine ampleur, formeront un tout et présenteront un caractère de continuité » … Il ne peut donc s’agir en aucun cas de bribes de textes, en grand nombre … » 


 Auteurs : 

- « Série L : « La liste des auteurs a une double fonction : d’une part, elle détermine l’ensemble d’où devront être tirés les textes proposés à l’écrit du baccalauréat ; elle indique, d’autre part, les auteurs dont les œuvres étudiées en classe, seront à l’oral objet d’interrogation. L’étude de ces œuvres, dont le choix est laissé à l’appréciation du professeur, peut-être conçue comme un approfondissement de telle ou telle partie du cours en rapport avec les notions et les questions figurant au programme. Les œuvres étudiées de façon suivie, pourront l’être soit en totalité soit par parties significatives pourvu que celles-ci aient une certaine ampleur, forment un tout et présentent un caractère de continuité. 

Deux œuvres au minimum seront étudiées en série L, choisies dans des périodes distinctes (la liste fait apparaître trois périodes : l’Antiquité et le Moyen Age, la période moderne et la période contemporaine). Platon; Aristote; Épicure; Lucrèce; Sénèque; Cicéron; Épictète; Marc-Aurèle; Sextus Empiricus; Plotin; Augustin; Averroès; Anselme; Thomas d’Aquin; Guillaume d’Ockham. 

Machiavel; Montaigne; Bacon; Hobbes; Descartes; Pascal; Spinoza; Locke; Malebranche;Leibniz; Vico; Berkeley; Condillac; Montesquieu; Hume; Rousseau; Diderot; Kant. Hegel; Schopenhauer; Tocqueville; Comte; Cournot; Mill; Kierkegaard; Marx; Nietzsche; Freud; Durkheim; Husserl; Bergson; Alain; Russell; Bachelard; Heidegger; Wittgenstein; Popper; Sartre; Arendt; Merleau-Ponty; Levinas; Foucault. (Liste modifiée en mai 2001 puis en mai 2003). 

- « Série ES : « La liste des auteurs a une double fonction : d’une part, elle détermine l’ensemble d’où devront être tirés les textes proposés à l’écrit du baccalauréat ; elle indique, d’autre part, les auteurs dont les œuvres étudiées en classe, seront à l’oral objet d’interrogation. L’étude de ces œuvres, dont le choix est laissé à l’appréciation du professeur, peut-être conçue comme un approfondissement de telle ou telle partie du cours en rapport avec les notions et les questions figurant au programme. Les œuvres étudiées de façon suivie, pourront l’être soit en totalité soit par parties significatives pourvu que celles-ci aient une certaine ampleur, forment un tout et présentent un caractère de continuité. 

Une œuvre au minimum sera étudiée en série ES ; si le professeur choisit de faire étudier plus d’une œuvre, elles seront choisies dans des périodes distinctes (la liste fait apparaître trois périodes : l’Antiquité et le Moyen Age, la période moderne et la période contemporaine). Platon; Aristote; Épicure; Lucrèce; Sénèque; Cicéron; Épictète; Marc-Aurèle; Sextus Empiricus; Plotin; Augustin; Averroès; Anselme; Thomas d’Aquin; Guillaume d’Ockham. 

Machiavel; Montaigne; Bacon; Hobbes; Descartes; Pascal; Spinoza; Locke; Malebranche;Leibniz; Vico; Berkeley; Condillac; Montesquieu; Hume; Rousseau; Diderot; Kant. Hegel; Schopenhauer; Tocqueville; Comte; Cournot; Mill; Kierkegaard; Marx; Nietzsche; Freud; Durkheim; Husserl; Bergson; Alain; Russell; Bachelard; Heidegger; Wittgenstein; Popper; Sartre; Arendt; Merleau-Ponty; Levinas; Foucault. (Liste modifiée en mai 2001 puis en mai 2003). 

- « Série S : « La liste des auteurs a une double fonction : d’une part, elle détermine l’ensemble d’où devront être tirés les textes proposés à l’écrit du baccalauréat ; elle indique, d’autre part, les auteurs dont les œuvres étudiées en classe, seront à l’oral objet d’interrogation. L’étude de ces œuvres, dont le choix est laissé à l’appréciation du professeur, peut-être conçue comme un approfondissement de telle ou telle partie du cours en rapport avec les notions et les questions figurant au programme. Les œuvres étudiées de façon suivie, pourront l’être soit en totalité soit par parties significatives pourvu que celles-ci aient une certaine ampleur, forment un tout et présentent un caractère de continuité. 

Une œuvre au minimum sera étudiée en série S ; si le professeur choisit de faire étudier plus d’une œuvre, elles seront choisies dans des périodes distinctes (la liste fait apparaître trois périodes : l’Antiquité et le Moyen Age, la période moderne et la période contemporaine). Platon; Aristote; Épicure; Lucrèce; Sénèque; Cicéron; Épictète; Marc-Aurèle; Sextus Empiricus; Plotin; Augustin; Averroès; Anselme; Thomas d’Aquin; Guillaume d’Ockham. 

Machiavel; Montaigne; Bacon; Hobbes; Descartes; Pascal; Spinoza; Locke; Malebranche;Leibniz; Vico; Berkeley; Condillac; Montesquieu; Hume; Rousseau; Diderot; Kant. Hegel; Schopenhauer; Tocqueville; Comte; Cournot; Mill; Kierkegaard; Marx; Nietzsche; Freud; Durkheim; Husserl; Bergson; Alain; Russell; Bachelard; Heidegger; Wittgenstein; Popper; Sartre; Arendt; Merleau-Ponty; Levinas; Foucault. (Liste modifiée en mai 2001 puis en mai 2003). 

« Série STG : Une oeuvre étudiée soit dans son ensemble, soit dans certaines de ses parties. » 
Déroulement de l’Epreuve Orale : 

« … L’épreuve porte obligatoirement sur l’une des oeuvres présentées, dont un fragment devra être expliqué. Toute notion du programme pourra éventuellement faire l’objet d’une interrogation distincte ou, si possible, en liaison avec l’étude de texte. 

Priorité est donc donnée sans ambiguïté par les textes officiels à l’interrogation sur une œuvreRecommandations pratiques : 

« Le professeur signe lisiblement la liste des oeuvres et des questions, avant qu’elle soit visée par le Chef d’Etablissement et annexée au livret scolaire. « Le candidat sera porteur d’un exemplaire de chacun des ouvrages figurant sur
la liste. Au cas où le candidat, en contravention avec les dispositions réglementaires, ne présente aucune liste … ne lie pas l’examinateur, il est recommandé à celui-ci de fournir au candidat deux ou trois oeuvres : le candidat choisit l’une d’entre elles, dont il lui est demandé d’expliquer un bref fragment. » 

Durée de l’Epreuve : « Dans toutes les séries, l’interrogation aura une durée suffisante pour permettre au candidat de montrer ses possibilités (soit vingt minutes en moyenne) ; il disposera de quinze minutes environ pour le préparer. » 

Objectif de l’Epreuve : « … l’interrogation devra essentiellement permettre au candidat de tirer parti de sa culture, de ses qualités de réflexion, des lectures qu’il a pu faire au cours de l’année. » 

Sujet Texte (Modifications apportées au B.O. 23 du 7 juin 2001) « Le troisième sujet de l’épreuve de philosophie des séries générales ES, L et S, est constitué par un texte accompagné de la consigne : « Dégager l’intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée. » 

De façon à rendre plus explicite le sens de l’épreuve pour les candidats, cette consigne sera formulée, à partir de la session de 2002, de la façon suivante :  » Expliquer le texte suivant : 

[Texte, auteur et titre] La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question. » 

Il convient de veiller à ce que les élèves soient informés par leur professeur de cette nouvelle formulation, en leur expliquant bien qu’il ne s’agit pas d’un changement de la nature du troisième sujet, mais d’un éclaircissement sur la façon dont ils doivent comprendre ce troisième sujet. L’information devra être faite le plus tôt possible dans l’année pour que les élèves aient le temps de s’habituer à cette consigne. » 

doc dans METHODOLOGIE 

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