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	<title>Philosophie Terminale 2009-2010 &#187; Résultats de recherche  &#187;  banquet platon discours socrate</title>
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		<title>PLATON &#8211; Le Banquet : Discours d&#8217;Aristophane, de Socrate et d&#8217;Alcibiade</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Dec 2010 23:48:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[philo50]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[PLATON &#8211; Le Banquet   Discours d’ARISTOPHANE (189c – 193e) Il est exact, Éryximaque, reprit Aristophane, que j&#8217;ai bien l&#8217;intention de parler autrement que vous l&#8217;avez fait, toi et Pausanias. A mon avis en effet, les êtres humains ne se rendent absolument pas compte du pouvoir d&#8217;Éros, car s&#8217;ils avaient vraiment conscience de l&#8217;importance de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a id="p64" href="../files/2010/12/textecomplatonbanquetaristophanesocratealcibiade.doc"><img src="../wp-includes/images/doc.png" align="absmiddle" border="0" alt="PLATON - Le Banquet : Discours d'Aristophane, de Socrate et d'Alcibiade dans Art doc" /> PLATON &#8211; Le Banquet</a></p>
<p> </p>
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<p class="MsoNormal" align="center"><b><span>Discours d’ARISTOPHANE (189c – 193e)</span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il est exact, Éryximaque, reprit Aristophane, que j&rsquo;ai bien l&rsquo;intention de parler autrement que vous l&rsquo;avez fait, toi et Pausanias. A mon avis en effet, les êtres humains ne se rendent absolument pas compte du pouvoir d&rsquo;Éros, car s&rsquo;ils avaient vraiment conscience de l&rsquo;importance de ce pouvoir, ils lui auraient élevé les temples les plus imposants, dressé des autels, et offert les sacrifices les plus somptueux ; ce ne serait pas comme aujourd&rsquo;hui où aucun de ces hommages ne lui est rendu, alors que rien ne s&rsquo;imposerait davantage. Parmi les dieux en effet, <span>[189d] </span>nul n&rsquo;est mieux disposé à l&rsquo;égard des humains : il vient à leur secours, il est leur médecin, les guérissant de maux dont la guérison constitue le bonheur le plus grand pour le genre humain. Je vais donc tenter de vous exposer quel est son pouvoir, et vous en instruirez les autres.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais, d&rsquo;abord, il vous faut apprendre ce qu&rsquo;était la nature de l&rsquo;être humain et ce qui lui est arrivé. Au temps jadis, notre nature n&rsquo;était pas la même qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, mais elle était d&rsquo;un genre différent.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Oui, et premièrement, il y avait trois catégories d&rsquo;êtres humains et non pas deux comme maintenant, à savoir le mâle et la femelle. Mais il en existait encore une <span>[189e] </span>troisième qui participait des deux autres, dont le nom subsiste aujourd&rsquo;hui, mais qui, elle, a disparu. En ce temps-là en effet il y avait l&rsquo;androgyne, un genre distinct qui, pour le nom comme pour la forme, faisait la synthèse des deux autres, le mâle et la  femelle. Aujourd&rsquo;hui, cette catégorie n&rsquo;existe plus, et il n&rsquo;en reste qu&rsquo;un nom tenu pour infamant.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Deuxièmement, la forme de chaque être humain était celle d&rsquo;une boule, avec un dos et des flancs arrondis. Chacun avait quatre mains, un nombre de jambes égal à celui des mains, deux visages sur un cou rond avec, <span>[190a] </span>au-dessus de ces deux visages en tout point pareils et situés à l&rsquo;opposé l&rsquo;un de l&rsquo;autre, une tête unique pourvue de quatre oreilles. En outre, chacun avait deux sexes et tout le reste à l&rsquo;avenant, comme on peut se <i>le </i>représenter à partir de ce <i>qui </i>vient d&rsquo;être dit. Ils se déplaçaient, en adoptant une station droite comme maintenant, dans la direction qu&rsquo;ils désiraient ; et, quand ils se mettaient à courir vite, ils faisaient comme les acrobates qui font la culbute en soulevant leurs jambes du sol pour opérer une révolution avant de les ramener à la verticale ; comme à ce moment-là ils prenaient appui sur huit membres, ils avançaient vite en faisant la roue.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>La raison qui explique pourquoi il y avait ces trois catégories et pourquoi elles <span>[190b] </span>étaient telles que je viens de le dire, c&rsquo;est que, au point de départ, le mâle était un rejeton du soleil, la femelle un rejeton de la terre, et le genre qui participait de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre un rejeton de la lune, car la lune participe des deux. Et si justement eux-mêmes et leur démarche avaient à voir avec le cercle, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ressemblaient à leur parent.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Cela <span>dit, </span>leur vigueur et leur force étaient redoutables, et leur orgueil 8 était immense. Ils s&rsquo;en prirent aux dieux, et ce que Homère raconte au sujet d&rsquo;Ephialte et d&rsquo;Otos, à savoir qu&rsquo;ils entreprirent <span>[190c] </span>l&rsquo;escalade du ciel dans l&rsquo;intention de s&rsquo;en prendre aux dieux, c&rsquo;est à ces êtres qu&rsquo;il convient de le rapporter.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>C&rsquo;est alors que Zeus et les autres divinités délibérèrent pour savoir ce qu&rsquo;il fallait en faire ; et ils étaient bien embarrassés. Ils ne pouvaient en effet ni les faire périr et détruire leur race comme ils l&rsquo;avaient fait pour les Géants en les foudroyant car c&rsquo;eût été la disparition des honneurs et des offrandes qui leur venaient des hommes -, ni supporter plus longtemps leur impudence. Après s&rsquo;être fatigué à réfléchir, Zeus déclara : « Il me semble, dit-il, que je tiens un moyen pour que, tout à la fois, les êtres humains continuer d&rsquo;exister et que, devenus plus faibles, ils mettent un terme à leur conduite déplorable. En effet, dit-il, je vais sur-le-champ les couper chacun en deux ; en même temps <span>[190d] </span>qu&rsquo;ils seront plus faibles, ils nous rapporteront davantage, puisque leur nombre sera plus grand. Et ils marcheront en position verticale sur deux jambes ; mais, s&rsquo;ils font encore preuve d&rsquo;impudence, et s&rsquo;ils ne veulent pas rester tranquilles, alors, poursuivit-il, je les couperai en deux encore une fois, de sorte qu&rsquo;ils déambuleront sur une seule jambe à cloche-pied ». Cela dit, il coupa les hommes en deux <span>[190e]</span>, ou comme on coupe les œufs avec un crin.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Quand il avait coupé un être humain, il demandait à Apollon de lui retourner du côté de la coupure le visage et la moitié du cou, pour que, ayant cette coupure sous les yeux, cet être humain devînt plus modeste ;: il lui demandait aussi de soigner les autres blessures. <span>[191a] </span>Apollon retournait le visage et, ramenant de toutes parts la peau sur ce qu&rsquo;on appelle à présent le ventre, procédant comme on le fait avec les bourses à cordons, il l&rsquo;attachait fortement au milieu du ventre en ne laissant qu&rsquo;une cavité, ce que précisément on appelle le « nombril ». Puis il effaçait la plupart des autres plis en les lissant et il façonnait la poitrine, en utilisant un outil analogue à celui qu&rsquo;utilisent les cordonniers pour lisser sur la forme les plis du cuir. Il laissa pourtant subsister quelques plis, ceux qui se trouvent dans la région du ventre, c&rsquo;est-à-dire du nombril, comme un souvenir de ce qui était arrivé dans l&rsquo;ancien temps.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Quand donc l&rsquo;être humain primitif eut été dédoublé par cette coupure, chaque morceau, regrettant sa moitié, tentait de s&rsquo;unir de nouveau à elle. Et, passant leurs bras autour l&rsquo;un de l&rsquo;autre, ils s&rsquo;enlaçaient mutuellement, parce qu&rsquo;ils désiraient se confondre en un même être, et ils finissaient par mourir de faim et [<span>191b] </span>de l&rsquo;inaction causée par leur refus de rien faire l&rsquo;un sans l&rsquo;autre. Et, quand il arrivait que l&rsquo;une des moitiés était morte tandis que l&rsquo;autre survivait, la moitié qui survivait cherchait une autre moitié, et elle s&rsquo;enlaçait à elle, qu&rsquo;elle rencontrât la moitié d&rsquo;une femme entière, ladite moitié étant bien sûr ce que maintenant nous appelons une « femme », ou qu&rsquo;elle trouvât la moitié d&rsquo;un « homme ». Ainsi l&rsquo;espèce s&rsquo;éteignait.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais, pris de pitié, Zeus s&rsquo;avise d&rsquo;un autre expédient : il transporte les organes sexuels sur le devant du corps de ces êtres humains. Jusqu&rsquo;alors en effet, ils avaient ces organes eux aussi sur la face extérieure de leur corps ; aussi ce n&rsquo;est pas en s&rsquo;unissant les uns les autres, qu&rsquo;ils s&rsquo;engendraient et se reproduisaient mais, à la façon des cigales en surgissant [<span>191c] </span>de la terre. Il transporta donc leurs organes sexuels à la place où nous les voyons, sur le devant, et ce faisant il rendit possible un engendrement mutuel, l&rsquo;organe mâle pouvant pénétrer dans l&rsquo;organe femelle. Le but de Zeus était le suivant. Si, dans l&rsquo;accouplement, un homme rencontrait une femme, il y aurait génération et l&rsquo;espèce se perpétuerait ; en revanche, si un homme tombait sur un homme, les deux êtres trouveraient de toute façon la satiété dans leur rapport, ils se calmeraient, ils se tourneraient vers l&rsquo;action et ils se préoccuperaient d&rsquo;autre chose dans l&rsquo;existence.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>C&rsquo;est donc d&rsquo;une époque aussi lointaine que date l&rsquo;implantation dans les êtres humains [<span>191d] </span>de cet amour, celui qui rassemble les parties de notre antique nature, celui qui de deux êtres tente de n&rsquo;en faire qu&rsquo;un seul pour ainsi guérir la nature humaine. Chacun d&rsquo;entre nous est donc la moitié complémentaire d’un être humain, puisqu&rsquo;il a été coupé, à la façon des soles, un seul être en produisant deux ; sans cesse donc chacun est en quête de sa moitié complémentaire. Aussi tous ceux des mâles qui sont une coupure de ce composé qui était alors appelé « androgyne » recherchent-ils l&rsquo;amour des femmes et c&rsquo;est de cette espèce que proviennent la plupart des maris qui trompent leur femme [<span>191e], </span>et pareillement toutes les femmes qui recherchent l&rsquo;amour des hommes et qui trompent leur mari. En revanche, toutes les femmes qui sont une coupure de femme ne prêtent pas la moindre attention aux hommes ; au contraire, c&rsquo;est plutôt vers les femmes qu&rsquo;elles sont tournées, et c&rsquo;est de cette espèce que proviennent les lesbiennes. Tous ceux enfin qui sont une coupure de mâle recherchent aussi l&rsquo;amour des mâles. Aussi longtemps qu&rsquo;ils restent de jeunes garçons, comme ce sont des petites tranches de mâle, ils recherchent l&rsquo;amour des mâles et prennent plaisir à coucher avec des mâles et à s&rsquo;unir à eux. [<span>192a] </span>Parmi les garçons et les adolescents ceux-là sont les meilleurs, car ce sont eux qui, par nature, sont au plus haut point des mâles. Certaines personnes bien sûr disent que ce sont des impudiques, mais elles ont tort. Ce n&rsquo;est pas par impudicité qu&rsquo;ils se comportent ainsi ; non c&rsquo;est leur hardiesse, leur virilité et leur allure mâle qui font qu&rsquo;ils recherchent avec empressement ce qui leur ressemble. En voici une preuve éclatante : les mâles de cette espèce sont les seuls en effet qui, parvenus à maturité, s&rsquo;engagent dans la politique. [<span>192b] </span>Lorsqu&rsquo;ils sont devenus des hommes faits, ce sont de jeunes garçons qu&rsquo;ils aiment et ils ne s&rsquo;intéressent guère par nature au mariage et à la procréation d&rsquo;enfants, mais la règle les y contraint ; ils trouveraient plutôt leur compte dans le fait de passer leur vie côte à côte en y renonçant. Ainsi donc, de manière générale, un homme de ce genre cherche à trouver un jeune garçon pour amant et il chérit son amant, parce que dans tous les cas il cherche à s&rsquo;attacher à ce qui lui est apparenté.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Chaque fois donc que le hasard met sur le chemin de chacun la partie qui est la moitié de lui-même, tout être humain, et pas seulement celui qui cherche un jeune garçon pour amant, est alors frappé par un extraordinaire sentiment [<span>192c] </span>d&rsquo;affection, d&rsquo;apparentement et d&rsquo;amour ; l&rsquo;un et l&rsquo;autre refusent, pour ainsi dire, d&rsquo;être séparés, ne fût-ce que pour un peu de temps.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Et ces hommes qui passent toute leur vie l&rsquo;un avec l&rsquo;autre ne sauraient même pas dire ce qu&rsquo;ils attendent l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Nul ne pourrait croire que ce soit la simple jouissance que procure l&rsquo;union sexuelle, dans l&rsquo;idée que c&rsquo;est là, en fin de compte, le motif du plaisir et du grand empressement que chacun prend à vivre avec l&rsquo;autre. <span>[192d] </span>C&rsquo;est à l&rsquo;évidence une autre chose que souhaite l&rsquo;âme, quelque chose qu&rsquo;elle est incapable d&rsquo;exprimer. Il n&rsquo;en est pas moins vrai que ce qu&rsquo;elle souhaite elle le devine et le laisse entendre. Supposons même que, au moment où ceux qui s&rsquo;aiment reposent sur la même couche, Héphaïstos se dresse devant eux avec ses outils, et leur pose la question suivante : « Que désirez-vous, vous autres, qu&rsquo;il vous arrive l&rsquo;un par l&rsquo;autre ? » Supposons encore que, les voyant dans l&rsquo;embarras, il leur pose cette nouvelle question : « Votre souhait n&rsquo;est-il pas de vous fondre le plus possible l&rsquo;un avec l&rsquo;autre en un même être, de façon à ne vous quitter l&rsquo;un l&rsquo;autre ni le jour ni la nuit ? Si c&rsquo;est bien cela que vous souhaitez, <span>[192e] </span>je consens à vous fondre ensemble et à vous transformer en un seul être, de façon à faire que de ces deux êtres que vous êtes maintenant vous deveniez un seul, c&rsquo;est-à-dire pour que, durant toute votre vie, vous viviez l&rsquo;un avec l&rsquo;autre une vie en commun comme si vous n&rsquo;étiez qu&rsquo;un seul être, et que, après votre mort, là-bas chez Hadès, au lieu d&rsquo;être deux vous ne formiez qu&rsquo;un seul être, après avoir connu une mort commune. Allons ! Voyez si c&rsquo;est là ce que vous désirez et si ce sort vous satisfait. » En entendant cette proposition, il ne se trouverait personne, nous le savons, pour dire non et pour souhaiter autre chose. Au contraire, chacun estimerait tout bonnement qu&rsquo;il vient d&rsquo;entendre exprimer un souhait qu&rsquo;il avait depuis longtemps : celui de s&rsquo;unir avec l&rsquo;être aimé et se fondre en lui, de façon à ne faire qu&rsquo;un seul être au lieu de deux. Ce souhait s&rsquo;explique par le fait que la nature humaine qui était la nôtre dans un passé reculé se présentait ainsi, c&rsquo;est-à-dire que nous étions d&rsquo;une seule pièce : aussi est-ce au souhait de retrouver cette totalité, à sa recherche, que nous donnons le nom d&rsquo;« amour ».</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>[193a] </span><span>Oui, je le répète, avant l&rsquo;intervention de Zeus, nous formions un seul être. Maintenant, en revanche, conséquence de notre conduite injuste, nous avons été coupés en deux par le dieu, tout comme les Arcadiens l&rsquo;ont été par les Lacédémoniens. Il est donc à craindre que, si nous ne faisons pas preuve de respect à l&rsquo;égard des dieux, nous ne soyons une fois de plus fendus en deux, et que nous ne déambulions pareils aux personnages que sur les stèles nous voyons figurés en relief, coupés en deux suivant la ligne du nez, devenus pareils à des jetons qu&rsquo;on a coupés par moitié. Voilà bien pour quels motifs il faut recommander à tout homme de faire preuve en toute chose de piété à l&rsquo;égard des dieux, <span>[193b] </span>pour éviter l&rsquo;alternative qui vient d&rsquo;être évoquée, et pour parvenir, en prenant Éros pour notre guide et pour notre chef, à réaliser la première. Que nul ne fasse rien qui contrarie Éros -et c&rsquo;est s&rsquo;opposer à lui que de se rendre odieux à la divinité. En effet, si nous vivons en entretenant des relations d&rsquo;amitié avec le dieu : et en restant en paix avec lui, nous découvrirons les bien-aimés qui sont véritablement les nôtres et nous aurons commerce avec eux, ce que peu d&rsquo;hommes font aujourd&rsquo;hui.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ah, qu&rsquo;Éryximaque, prêtant à mes propos une intention comique, n&rsquo;aille pas supposer que je parle de Pausanias et d&rsquo;Agathon. Sans doute, se trouvent-ils être de ce nombre, et ont-ils l&rsquo;un et l&rsquo;autre une nature de mâle. <span>[193c] </span>Quoi qu&rsquo;il en soit, je parle, moi des hommes et des femmes dans leur ensemble, pour dire que notre espèce peut connaître le bonheur, si nous menons l&rsquo;amour à son terme, c&rsquo;est-à-dire si chacun de nous rencontre le bien-aimé qui est le sien, ce qui constitue un retour à notre ancienne nature. Si cela est l&rsquo;état le meilleur, il s&rsquo;ensuit nécessairement que, dans l&rsquo;état actuel des choses, ce qui se rapproche le plus de cet état est le meilleur ; et cela, c&rsquo;est de rencontrer un bien-aimé dont la nature corresponde à notre attente.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Si par nos hymnes nous souhaitons célébrer le dieu qui est le responsable de ces biens, <span>[193d] </span>c&rsquo;est en toute justice Éros que nous devons célébrer, lui qui à l&rsquo;heure qu&rsquo;il est nous rend les plus grands services en nous conduisant vers ce qui nous est apparenté, et qui, pour l&rsquo;avenir, suscite les plus grands espoirs, en nous promettant, si nous faisons preuve de piété envers les dieux, de nous rétablir dans notre ancienne nature, de nous guérir et ainsi de nous donner félicité et bonheur.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voici, dit-il, quel est, Éryximaque, le discours qui est le mien sur Éros ; il est différent du tien. Tout comme je t&rsquo;en ai prié, ne le tourne pas en dérision, de façon à nous permettre d&rsquo;entendre ce que va dire <span>[193e] </span>chacun de ceux qui restent, ou mieux chacun des deux qui restent, car seuls doivent encore parler Agathon et Socrate. »</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p><p class="MsoNormal" align="right"><span>Traduction Brisson – édition Flammarion GF #987 (1998)- </span><span>pp.114-121</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><b><span> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><b><span>Discours de SOCRATE-DIOTIME (199c – 201c)</span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>[201d] </span><span>Écoutez plutôt le discours sur Éros que j&rsquo;ai entendu un jour de la bouche d&rsquo;une femme de Mantinée, Diotime, qui était experte en ce domaine comme en beaucoup d&rsquo;autres, et qui à un moment donné, dix ans avant la peste, avait amené les Athéniens à offrir des sacrifices qui ont permis de reculer de dix ans la date du fléau. Oui, c&rsquo;est elle qui m&rsquo;a instruit des choses concernant l&rsquo;amour. Je vais essayer de vous rapporter le discours que tenait cette femme, sur la base des conventions acceptées par Agathon et par moi : c&rsquo;est-à-dire par mes seuls moyens et comme je le pourrai. n faut absolument, Agathon, comme tu l&rsquo;as toi-même expliqué, <span>[201e] </span>exposer dans un premier temps ce qu&rsquo;est Éros lui-même et quels sont ses attributs, puis dire ce qu&rsquo;il fait. Dès lors, le plus facile, me semble-t-il, est de suivre dans mon exposé l&rsquo;ordre que suivait jadis l&rsquo;étrangère quand elle posait des questions. Mes réponses en effet étaient à peu de choses près celles qu’Agathon vient de faire.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Je soutenais qu&rsquo;Éros était un grand dieu, et qu&rsquo;il était amour de ce qui est beau. Et elle me réfutait en faisant valoir les mêmes arguments précisément que ceux que je viens d&rsquo;utiliser avec Agathon, à savoir qu&rsquo;Éros n&rsquo;est ni beau ni bon, comme je viens de le dire. Je lui répliquai : Que dis-tu là, Diotime ? Si tel est le cas, Éros est laid et mauvais.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pas de blasphème, reprit-elle. T&rsquo;imagines-tu que ce qui n&rsquo;est pas beau doive nécessairement être laid ? <span>[202a]</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Certainement.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>T&rsquo;imagines-tu de même que celui qui n&rsquo;est pas </span><span>un <span>expert est stupide ?</span> <span>N&rsquo;as-tu pas le sentiment que, entre science et ignorance</span>, il y a un <span>intermédiaire ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Lequel ?</span><span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Avoir une opinion droite, sans être à même d&rsquo;en rendre raison : Ne sais-tu pas, poursuivit-elle, que ce n&rsquo;est là ni savoir &#8211; car comment une activité, dont on n&rsquo;arrive pas à rendre raison, saurait-elle être une connaissance sûre ? &#8211; ni ignorance &#8211; car ce qui atteint la réalité ne saurait être ignorance. L&rsquo;opinion droite est bien quelque chose de ce genre, quelque chose d&rsquo;intermédiaire entre le savoir et l&rsquo;ignorance.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Tu dis vrai, répondis-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ne force donc ni ce qui n&rsquo;est pas beau <span>[202b] </span>à être laid, ni non plus ce qui n&rsquo;est pas bon à être mauvais. Éros est dans le même cas. Etant donné, disait-elle, que toi-même tu conviens qu&rsquo;il n&rsquo;est ni bon ni beau, tu dois de façon analogue estimer non pas qu&rsquo;il est laid et mauvais, mais qu&rsquo;il est quelque chose d&rsquo;intermédiaire entre les deux.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pourtant, repris-je, tout le monde convient qu&rsquo;Éros est un grand dieu.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Quand </span><span>tu <span>dis « tout le monde »</span>, <span>parles-tu seulement des ignorants, ou de ceux qui savent </span>à <span>quoi s&rsquo;en tenir aussi ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Je parle de tous ces gens à la fois.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Elle éclata de rire :</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Socrate, reprit-elle, comment Éros serait-il reconnu comme un grand dieu <span>[202c] </span>par ceux qui déclarent qu&rsquo;il n&rsquo;est même pas un dieu ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Qui sont ces gens, demandai-je ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>En voici un, dit-elle, c&rsquo;est toi ; et une autre, c&rsquo;est moi.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Et moi de répliquer :</span><span> <span>Que veux-tu dire ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>C&rsquo;est tout simple, répondit-elle. Dis-moi. Ne soutiens-tu pas que les dieux sont heureux et beaux ? Ou oserais-tu soutenir que parmi les dieux tel ou tel n&rsquo;est ni beau ni heureux ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Je </span><span>n&rsquo;oserais pas, <span>par </span>Zeus.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Oui, et ceux que </span><span>tu <span>déclares heureux, ce sont ceux qui possèdent les bonnes et les belles choses </span>?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span><span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Oui, <span>bien </span>sûr.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il n&rsquo;en reste, pas moins vrai <span>[202d] </span>que tu as reconnu qu&rsquo;Éros, parce qu&rsquo;il est dépourvu des choses bonnes et des choses belles, a le désir de ces choses qui lui manquent.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Oui, je l&rsquo;ai reconnu.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Comment dès lors pourrait-il être un dieu, si effectivement il est dépourvu des choses belles et des choses bonnes ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Apparemment, c&rsquo;est bien impossible.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Tu vois bien, reprit-elle, que toi non plus tu ne considères pas Éros comme un dieu.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span><span>.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Dès lors, que pourrait bien être Éros, un mortel ?</span><span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Certainement pas !</span><span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRA</span><span>TE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Alors quoi ?</span><span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Comme le montrent les exemples évoqués précédemment, reprit-elle, Éros est un intermédiaire entre le mortel et l&rsquo;immortel.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRA</span><span>TE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Que veux-tu dire, Diotime ?</span><span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>C&rsquo;est un grand démon, Socrate. En effet, tout ce qui présente la nature d&rsquo;un démon est <span>[202e] </span>intermédiaire entre le divin et le mortel.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Quel pouvoir est le sien ?</span><span>, <span>demandai-je.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il interprète et il communique aux dieux ce qui vient des hommes, et aux hommes ce qui vient des dieux ; d&rsquo;un côté les prières et les sacrifices, et de l&rsquo;autre les prescriptions et les faveurs que les sacrifices permettent d&rsquo;obtenir en échange. Et, comme il se trouve à mi-chemin entre les dieux et les hommes, il contribue à remplir l&rsquo;intervalle, pour faire en sorte que chaque partie soit liée aux autres dans l&rsquo;univers. De lui, procède la divination dans son ensemble, l&rsquo;art des prêtres touchant les sacrifices, les initiations, les incantations, <span>[203a] </span>tout le domaine des oracles et de la  magie. Le dieu n&rsquo;entre pas en contact direct avec l&rsquo;homme ; mais c&rsquo;est par l&rsquo;intermédiaire de ce démon, que de toutes les manières possibles les dieux entrent en rapport avec les hommes et communiquent avec eux, à l&rsquo;état de veille ou dans le sommeil. Celui qui est un expert en ce genre de choses est un homme démonique, alors que celui, artisan ou travailleur manuel, qui est un expert dans un autre domaine, celui-là n&rsquo;est qu&rsquo;un homme de peine. Bien entendu, ces démons sont nombreux et variés, et l&rsquo;un d&rsquo;eux est Éros.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Quel est son père, repris-je, et quelle est sa mère ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>C&rsquo;est une assez longue histoire, <span>[203b] </span>répondit-elle. Je vais pourtant te la  raconter. Il faut savoir que, le jour où naquit Aphrodite, les dieux festoyaient ; parmi eux, se trouvait le fils de Métis, Poros. Or, quand le banquet fut terminé, arriva Pénia, qui était venue mendier comme cela est naturel un jour de bombance, et elle se tenait sur le pas de la porte. Or Poros, qui s&rsquo;était enivré de nectar, car le vin n&rsquo;existait pas encore à cette époque, se traîna dans le jardin de Zeus et, appesanti par l&rsquo;ivresse, s&rsquo;y endormit. Alors, Pénia, dans sa pénurie, eut le projet de se faire faire un enfant par Poros ; [<span>203c] </span>elle s&rsquo;étendit près de lui et devint grosse d&rsquo;Éros. Si Éros est devenu le suivant d&rsquo;Aphrodite et son servant, c&rsquo;est bien parce qu&rsquo;il a été engendré lors des fêtes données en l&rsquo;honneur de la naissance de la déesse ; et si en même temps il est par nature amoureux du beau, c&rsquo;est parce qu&rsquo;Aphrodite est belle.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Puis donc qu&rsquo;il est le fils de Poros et de Pénia, Éros se trouve dans la condition que voici. D&rsquo;abord, il est toujours pauvre, et il s&rsquo;en faut de beaucoup qu&rsquo;il soit délicat et beau, comme le croient la plupart des gens. Au contraire, il est rude, malpropre, va-nu-pieds et <span>[203d] </span>il n&rsquo;a pas de gîte, couchant toujours par terre et à la dure, dormant à la belle étoile sur le pas des portes et sur le bord des chemins, car, puisqu&rsquo;il tient de sa mère, c&rsquo;est l&rsquo;indigence qu&rsquo;il a en partage. A l&rsquo;exemple de son père en revanche, il est à l&rsquo;affût de ce qui est beau et de ce qui est bon, il est viril, résolu, ardent, c&rsquo;est un chasseur redoutable ; il ne cesse de tramer des ruses, il est passionné de savoir et fertile en expédients, il passe tout son temps à philosopher, c&rsquo;est un sorcier redoutable, un magicien et un expert. Il faut ajouter que par nature il n&rsquo;est ni immortel <span>[203e] </span>ni mortel. En l&rsquo;espace d&rsquo;une même journée, tantôt il est en fleur, plein de vie, tantôt il est mourant ; puis il revient à la vie quand ses expédients réussissent en vertu de la nature qu&rsquo;il tient de son père ; mais ce que lui procurent ses expédients sans cesse lui échappe ; aussi Éros n&rsquo;est-il jamais ni dans l&rsquo;indigence ni dans l&rsquo;opulence.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Par ailleurs, il se trouve à mi-chemin entre le savoir et l&rsquo;ignorance. Voici en effet ce qui en est. Aucun dieu ne tend vers le savoir ni ne <span>[204a] </span>désire devenir savant, car il l&rsquo;est ; or, si l&rsquo;on est savant, on n&rsquo;a pas besoin de tendre vers le savoir. Les ignorants ne tendent pas davantage vers le savoir ni ne désirent devenir savants. Mais c&rsquo;est justement ce qu&rsquo;il y a de fâcheux dans l&rsquo;ignorance : alors que l&rsquo;on n&rsquo;est ni beau ni bon ni savant, on croit l&rsquo;être suffisamment. Non, celui qui ne s&rsquo;imagine pas en être dépourvu ne désire pas ce dont il ne croit pas devoir être pourvu.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Qui donc, Diotime, demandai-je, sont ceux qui tendent vers le savoir, si ce ne sont ni les savants ni les ignorants ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>D&rsquo;ores et déjà, répondit-elle, il est parfaitement clair <span>[204b] </span>même pour un enfant, que ce sont ceux qui se trouvent entre les deux, et qu&rsquo;Éros doit être du nombre. Il va de soi, en effet, que le savoir ,compte parmi les choses qui sont les, plus belles ; or Éros est amour du beau. Par suite, Éros doit nécessairement tendre vers le savoir, et, puisqu&rsquo;il tend vers le savoir, il doit tenir le milieu entre celui qui sait et l&rsquo;ignorant. Et ce qui en lui explique ces traits, c&rsquo;est son origine : car il est né d&rsquo;un père doté de savoir et plein de ressources, et d&rsquo;une mère dépourvue de savoir et de ressources. Telle est bien, mon cher Socrate, la nature de ce démon.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais l&rsquo;idée que tu te faisais d&rsquo;Éros, il n&rsquo;est pas surprenant que tu t&rsquo;y sois laissé prendre. <span>[204c] </span>Cette idée qui était la tienne, dans la mesure où ce que tu dis en fournit un indice, c&rsquo;est que l&rsquo;amour est le bien-aimé et non l&rsquo;amant. Voilà la raison pour laquelle, j&rsquo;imagine, Éros te paraissait être doté d&rsquo;une beauté sans bornes. Et de fait ce qui attire l&rsquo;amour, c&rsquo;est ce qui est réellement beau, délicat, parfait, c&rsquo;est-à-dire ce qui dispense le bonheur le plus grand. Mais autre est la nature de ce qui aime, et je t&rsquo;ai exposé ce qu&rsquo;elle est.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Et moi de reprendre :</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Eh bien poursuis, Étrangère, ce <span>que </span>tu dis est admirable. Mais si telle est la nature d&rsquo;Éros, quelle est son utilité pour les êtres humains ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voilà justement, Socrate, reprit-elle <span>[204d] </span>ce que dans ce qui suit je vais tenter de te faire comprendre. Prenons pour acquis que telle est la nature d&rsquo;Éros et que telle est son origine. il est en outre amour de ce qui est beau, prétends-tu. Or, si l&rsquo;on nous demandait : « Socrate et Diotime, en quoi consiste l&rsquo;amour de ce qui est beau ? », ou en termes plus clairs : « Celui qui aime les belles choses, aime ; qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il aime ? »</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Qu&rsquo;elles deviennent siennes, répondis-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Cette réponse, reprit-elle, appelle encore la question que voici : « Qu&rsquo;en sera-t-il de l&rsquo;homme dont </span><span>il <span>s&rsquo;agit quand les belles choses seront devenues siennes ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Je déclarai que je me trouvais dans l&rsquo;incapacité absolue de répondre à cette question sur-le-champ. <span>[204e]</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Eh bien, reprit-elle, suppose que l&rsquo;on remplace beau par bon, et que l&rsquo;on te demande : « Voyons, Socrate, <span>celui qui aime aime ce qui est bon ; mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il aime ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Qu&rsquo;elles deviennent siennes, répondis-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Qu&rsquo;en sera-t-il de l&rsquo;homme dont il s&rsquo;agit quand ce qui est bon sera devenu sien ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRA</span><span>TE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voici, <span>répliquai-je, une réponse que je suis en mesure de faire plus facilement : </span>il <span>sera heureux</span>.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Effectivement, répondit-elle, la possession <span>[205a] </span>de choses bonnes c&rsquo;est ce qui explique que les gens heureux sont heureux ; et il n&rsquo;est plus besoin de poser cette nouvelle question : « Pourquoi celui qui souhaite être heureux souhaite-t-il l&rsquo;être ? » Avec cette réponse, nous touchons bien au terme de nos peines.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>C&rsquo;est vrai, dis-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Eh bien ce souhait, cet amour, les crois-tu communs à tous les êtres humains ? Crois-tu que tous les êtres humains souhaitent posséder toujours ce qui est bon ; si non, quel est ton avis ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il <span>en est bien ainsi ; ce souhait est commun </span>à <span>tous les êtres humains.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais alors, Socrate, reprit-elle, pourquoi ne déclarons-nous pas de tous les êtres humains qu&rsquo;ils aiment, s&rsquo;il est bien vrai que tous aiment [<span>205b] </span>toujours les mêmes choses ? Pourquoi disons-nous plutôt que les uns aiment alors que les autres n&rsquo;aiment pas ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Cela m&rsquo;étonne moi aussi, répliquai-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Eh bien, reprit-elle, il ne faut pas que tu t&rsquo;en étonnes. Je t&rsquo;explique : après avoir mis à part une espèce particulière d&rsquo;amour, nous lui donnons un nom, et ce nom que nous lui donnons est celui qui désigne l&rsquo;amour en général. Mais, pour les autres espèces, nous employons d&rsquo;autres noms.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Y a-t-il un autre cas pareil ?, demandai-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Celui que voici. Tu sais bien que la fabrication <i>(poiesis)</i> présente de multiples aspects. Bien entendu, tout ce qui est cause du passage du non-être vers l&rsquo;être pour quoi que ce soit, voilà en quoi consiste la fabrication <i>(poiesis)</i><span> ;</span> aussi les ouvrages réalisés par tous les arts sont-ils des fabrications <i>(poiêseis) </i>[205c], de même que les artisans qui les réalisent sont tous des fabricants <i>(poietat)</i>.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Tu </span><span>dis vrai.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais pourtant, reprit-elle, tu sais bien qu&rsquo;on ne donne pas à ces gens le nom de « poètes » <i>(poiëtat), </i>mais qu&rsquo;ils portent d&rsquo;autres noms. De la fabrication <i>(poiësis) </i>dans son ensemble, on a distingué une partie, celle qui se rapporte à la musique et à la métrique, et on lui donne le nom du tout. Cette partie seulement s&rsquo;appelle « poésie » <i>(poiësis), </i>et ceux qui ont pour domaine la poésie <i>(Poiësis) </i>seulement sont appelés « poètes » <i>(poiêtai).</i></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Tu dis vrai, répliquai-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Eh bien, il en va de même pour l&rsquo;amour. En résumé, <span>[205d] </span>tout ce qui est désir de ce qui est bon, tout ce qui est désir du bonheur, voilà en quoi consiste pour tout le monde « le très puissant Éros, l&rsquo;Éros perfide ». Tandis que les uns y tendent par des voies diverses, en s&rsquo;intéressant soit aux richesses, soit aux exercices du corps soit à l&rsquo;acquisition du savoir, sans qu&rsquo;on dise qu&rsquo;ils « aiment » <i>(erân) </i>ou qu&rsquo;ils méritent le nom d&rsquo;« amoureux » <i>(erastat), </i>les autres, qui se tournent vers une espèce particulière d&rsquo;amour et qui s&rsquo;y adonnent, réservent pour eux les noms qui s&rsquo;appliquent à l&rsquo;amour en général : « amour » <i>(éros), </i><span>« </span>aimer » <i>(erân) </i>et « amoureux » <i>(erastai).</i></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Tu as des chances de dire vrai, répondis-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il y a bien aussi un récit qui raconte que chercher la moitié <span>[205e] </span>de soi-même, c&rsquo;est aimer. Ce que je dis moi, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;est d&rsquo;amour ni de la moitié ni du tout, mais de ce qui se trouve, je le suppose, être un bien ; car les gens acceptent de se faire couper les mains et les pieds, quand ces parties d&rsquo;eux-mêmes leur semblent mauvaises. Je ne crois pas en effet que chacun s&rsquo;attache à ce qui lui appartient, sauf si l&rsquo;on s&rsquo;entend pour appeler « bon » ce qui nous appartient, ce qui est à nous, et « mauvais » ce qui nous est étranger. En effet, <span>[206a] </span>les êtres humains n&rsquo;aiment rien d&rsquo;autre que ce qui est bon. N&rsquo;est-ce pas ton avis ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Si, bien sûr, par Zeus, répondis-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Alors, reprit-elle, ne peut-on dire tout simplement que ce que les hommes aiment, c&rsquo;est ce qui est bon ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Oui, dis-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais quoi ! Ne faut-il pas ajouter qu&rsquo;ils aiment avoir à eux ce qui est bon.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il le </span><span>faut.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Et dès lors, reprit-elle, non seulement l&rsquo;avoir </span><span>à <span>eux, mais aussi l&rsquo;avoir toujours </span>à <span>eux.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRA</span><span>TE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Cela aussi, </span><span>il <span>faut l&rsquo;ajouter.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Alors, l&rsquo;objet de l&rsquo;amour c&rsquo;est, en somme, d&rsquo;avoir à soi ce qui est bon, toujours.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>C&rsquo;est parfaitement vrai, repris-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Puisque, à présent, poursuivit-elle, il est clair que l&rsquo;amour <span>[206b] </span>consiste toujours en cela, quel gente d&rsquo;existence mènent ceux qui poursuivent cette fin et à quel type d&rsquo;activité se livrent-ils, si l&rsquo;on est prêt à donner au sérieux dont ils font preuve et à l&rsquo;effort qu&rsquo;ils consentent le nom d&rsquo;« amour » ? De quelle sorte de besogne s&rsquo;agit-il ? Saurais-tu me le dire ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Certainement pas Diotime, repris-je, si <span>je </span>le savais, je ne serais pas en admiration devant ton savoir et <span>je </span>ne te fréquenterais pas pour m&rsquo;instruire sur ce <span>sujet </span>précisément.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Alors, poursuivit-elle, je vais te le dire. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un accouchement à terme, que ce soit selon le corps ou selon l&rsquo;âme.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il faudrait être devin, répliquai-je, pour comprendre ce que tu veux dire, et je ne sais pas deviner.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Eh bien, reprit-elle, je vais m&rsquo;expliquer plus clairement. <span>[206c] </span>Socrate, dit-elle, tous les êtres humains sont gros dans leur corps et dans leur âme, et, quand nous avons atteint le terme, notre nature éprouve le désir d&rsquo;enfanter. Mais elle ne peut accoucher prématurément, elle doit le faire à terme. En effet, l&rsquo;union de l&rsquo;homme et de la femme permet l&rsquo;enfantement, et il y a dans cet acte quelque chose de divin. Et voilà bien en quoi, chez l&rsquo;être vivant mortel réside l&rsquo;immortalité : dans la grossesse et dans la  procréation. Mais grossesse et procréation ne peuvent advenir dans la discordance.  Or il y a discordance <span>[206d] </span>entre ce qui est laid et tout ce qui est divin, tandis que le beau s&rsquo;accorde avec ce qui est divin. Ainsi ce qui dans la génération joue le rôle de la Moire et d&rsquo;Ilithyie, c&rsquo;est la Beauté. Par suite, quand l&rsquo;être gros approche de son terme, il éprouve du bien-être et, submergé par la joie, il se dilate, il accouche et il procrée. En revanche, quand ce n&rsquo;est pas le bon moment, il devient sombre et chagrin, il se contracte, il se détourne, il se replie sur soi, il ne procrée pas et gardant pour lui son fœtus il souffre. D&rsquo;où précisément chez l&rsquo;être gros, tout gonflé déjà par sa grossesse, le transport violent qui le pousse [<span>206e] </span>vers son terme, car celui qui y est arrivé se trouve délivré d&rsquo;une grande douleur. En définitive, Socrate, poursuivit-elle, l&rsquo;amour de ce qui est beau n&rsquo;est pas tel que tu l&rsquo;imagines.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Eh bien, qu&rsquo;est-il donc ?</span><span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>L&rsquo;amour <span>de la procréation et de l&rsquo;accouchement dans de belles conditions.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Admettons que ce soit le cas, répondis-je.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>C&rsquo;est exactement cela, reprit-elle. Mais pourquoi « de la procréation » ? Parce que, pour un être mortel, la génération équivaut à la perpétuation dans l&rsquo;existence, c&rsquo;est-à-dire à l&rsquo;immortalité. Or le désir d&rsquo;immortalité <span>[207a] </span>accompagne nécessairement celui du bien, d&rsquo;après ce que nous sommes convenus, s&rsquo;il est vrai que l&rsquo;amour a pour objet la possession éternelle du bien. De cette argumentation, il ressort que l&rsquo;amour a nécessairement pour objet aussi l&rsquo;immortalité.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voilà donc tout ce qu&rsquo;elle m&rsquo;enseignait, quand il lui arrivait de parler des questions relatives à Éros. Et un jour, elle me posa la question suivante.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>A ton avis, Socrate~ quelle est la cause de cet amour et de ce désir ? Ne perçois-tu pas l&rsquo;état terrible dans lequel se trouvent toutes les bêtes, chaque fois que l&rsquo;envie les prend de procréer, celles qui marchent aussi bien que [<span>207b] </span>celles qui volent ? Toutes elles sont malades, quand elles se trouvent sous l&rsquo;emprise de l&rsquo;amour, d&rsquo;abord quand elles sont sur le point de s&rsquo;unir les unes aux autres, puis quand le moment vient de nourrir leur progéniture. Elles sont même prêtes à se battre pour leurs petits et à se sacrifier pour eux, les bêtes les plus faibles n&rsquo;hésitant pas à affronter les plus fortes ; elles sont aussi prêtes à souffrir les tortures de la faim pour arriver à nourrir leurs rejetons, et elles se dévouent de toutes les façons. Chez les êtres humains, poursuivait-elle, on pourrait imaginer que cette conduite est la conséquence d&rsquo;un calcul. Mais, chez les bêtes, d&rsquo;où vient que l&rsquo;amour <span>[207c] </span>les met dans cet état, peux-tu me le dire ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Une fois de plus, je répondis que je ne savais pas. Elle reprit alors.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Tu penses vraiment devenir </span><span>un <span>jour redoutable sur les questions relatives </span>à <span>Éros, et </span>tu <span>ne sais pas </span>à <span>quoi </span>t&rsquo;en tenir <span>sur ce point ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais Diotime, je viens te le dire, c&rsquo;est bien pour cela, que je suis venu te consulter, car je sais que j&rsquo;ai besoin de maîtres. Allons, dis-moi quelle est la cause de ces comportements et de tous les autres que suscite l&rsquo;amour.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Si tu es vraiment convaincu, reprit-elle, que l&rsquo;objet de l&rsquo;amour est par nature celui sur lequel nous sommes plusieurs fois tombés d’accord, tu n&rsquo;as pas à t&rsquo;en étonner. Car, dans le monde animal, <span>[207d] </span>la nature mortelle obéit au même impératif que celui qui vient d&rsquo;être formulé quand elle cherche, dans la mesure du possible, à perpétuer son existence c&rsquo;est à dire à être immortelle. Or, elle ne le peut qu&rsquo;en engendrant, de façon à toujours laisser un être nouveau à la place d&rsquo;un ancien. En effet, quand on dit de chaque être vivant qu&rsquo;il vit et qu&rsquo;il reste le même -par exemple, on dit qu&rsquo;il reste le même de l&rsquo;enfance à la vieillesse -, cet être en vérité n&rsquo;a jamais en lui les mêmes choses. Même si l&rsquo;on dit qu&rsquo;il reste le même, il ne cesse pourtant, tout en subissant certaines pertes, de devenir nouveau, par ses cheveux, par sa chair, <span>[207e] </span>par ses os, par son sang, c&rsquo;est-à-dire par tout son corps.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Et cela est vrai non seulement de son corps, mais aussi de son âme. Dispositions, caractères, opinions, désirs, plaisirs, chagrins, craintes, aucune de ces choses n&rsquo;est jamais identique en chacun de nous ; bien au contraire, il en est qui naissent, alors que d&rsquo;autres meurent. Mais il y a beaucoup plus déroutant encore. En outre, en effet, certaines sciences <span>[208a] </span>naissent en nous tandis que d&rsquo;autres meurent, ce qui fait que, en ce qui concerne les sciences, nous ne sommes jamais les mêmes ; qui plus est, chaque science en particulier subit le même sort. Car ce que l&rsquo;on appelle « recherche » suppose que la connaissance peut nous quitter. L&rsquo;oubli réside dans le fait qu&rsquo;une connaissance s&rsquo;en va, alors que la recherche, en cherchant à produire un souvenir nouveau qui remplace celui qui s&rsquo;en est allé, sauvegarde la connaissance en faisant qu&rsquo;elle paraît rester la même. C&rsquo;est en effet de cette façon que se trouve assurée la sauvegarde de tout ce qui est mortel ; non pas parce que cet être reste toujours exactement le même à l&rsquo;instar de ce qui est divin, mais parce que <span>[208b] </span>ce qui s&rsquo;en va et qui vieillit laisse place à un être nouveau, qui ressemble à ce qu&rsquo;il était. Voilà, poursuivit-elle, par quel moyen, Socrate, ce qui est mortel participe de l&rsquo;immortalité, tant le corps que tout le reste. Pour ce qui est immortel, il en va différemment. Il ne faut donc pas t&rsquo;étonner du fait que, par nature, tout être fasse grand cas de ce qui est un rejeton de lui-même. Car c&rsquo;est pour assurer leur immortalité que cette activité sérieuse qu&rsquo;est l&rsquo;amour ressortit à tous les êtres.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Et moi, en entendant ce discours, je fus submergé par l&rsquo;émerveillement, et je répliquai : </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Un instant, m&rsquo;écriai-je, en est-il vraiment ainsi, Diotime, toi qui sais tant de choses ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>DIOTIME</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>[208c] </span><span>Et elle, comme le ferait tout sophiste accompli, de me répondre :</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>N&rsquo;en doute point, Socrate, car, chez les êtres humains en tout cas, si tu prends la peine d&rsquo;observer ce qu&rsquo;il en est de la poursuite des honneurs, tu seras confondu par son absurdité, à moins de te remettre en l&rsquo;esprit ce que je viens de dire, à la pensée du terrible état dans lequel la recherche de la renommée et le désir « de s&rsquo;assurer pour l&rsquo;éternité une gloire impérissable » mettent les êtres humains. Oui, pour atteindre ce but, ils sont prêts à prendre tous les risques, plus encore que pour défendre leurs enfants. Ils sont prêts à dilapider leurs richesses et [2<span>08d] </span>à endurer toutes les peines, et même à donner leur vie. T&rsquo;imagines-tu, en effet, poursuivit-elle, qu&rsquo;Alceste serait morte pour Admète, qu&rsquo;Achille aurait suivi Patrocle dans la mort, que votre Codros serait allé au-devant de la mort pour conserver la royauté à ses enfants, si tous ils ne s&rsquo;étaient imaginé laisser de leur excellence un souvenir immortel, celui que nous conservons encore d&rsquo;eux ? Tant s&rsquo;en faut, poursuivit-elle. C&rsquo;est plutôt, j&rsquo;imagine, pour que leur excellence reste immortelle et pour obtenir une telle renommée glorieuse que les êtres humains dans leur ensemble font tout ce qu&rsquo;ils font, et cela d&rsquo;autant plus que <span>[208e] </span>leurs qualités sont plus hautes. Car c&rsquo;est l&rsquo;immortalité qu&rsquo;ils aiment.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Cela dit, poursuivit-elle, ceux qui sont féconds selon le corps se tournent de préférence vers les femmes ; et leur façon d&rsquo;être amoureux, c&rsquo;est de chercher, en engendrant des enfants, à s&rsquo;assurer, s&rsquo;imaginent-ils, l&rsquo;immortalité, le souvenir et le bonheur, « pour la totalité du temps à venir». Il y a encore ceux qui sont féconds selon l&rsquo;âme ; <span>[209a] </span>oui, précisa-t-elle, il en est qui sont plus féconds dans leur âme que dans leur corps, cherchant à s&rsquo;assurer ce dont la gestation et l&rsquo;accouchement reviennent à l&rsquo;âme. Et cela, qu&rsquo;est-ce donc ? La pensée et toute autre forme d&rsquo;excellence. Dans cette classe, il faut ranger tous les poètes qui sont des procréateurs et tous les artisans que l&rsquo;on qualifie d&rsquo;inventeurs. Mais, poursuivit-elle, la partie la plus haute et la plus belle de la pensée, c&rsquo;est celle qui concerne l&rsquo;ordonnance des cités et des domaines ; on lui donne le nom de modération et de justice.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Quand, par ailleurs, parmi ces hommes, il s&rsquo;en trouve un qui est fécond selon l&rsquo;âme depuis son jeune âge <span>[209b], </span>parce qu&rsquo;il est divin, et que, l&rsquo;âge venu, il sent alors le désir d&rsquo;engendrer et de procréer, bien entendu il cherche, j&rsquo;imagine, en jetant les yeux de tous côtés, la belle occasion pour procréer ; jamais, en effet, il ne voudra procréer dans la laideur. Aussi s&rsquo;attache-t-il, en tant qu&rsquo;il est gros, aux beaux corps plutôt qu&rsquo;aux laids, et, s&rsquo;il tombe sur une âme qui est belle, noble et bien née, il s&rsquo;attache très fortement à l&rsquo;une et à l&rsquo;autre de ces beautés, et, devant un individu de cette sorte, il sait sur-le-champ parler avec aisance de la vertu, c&rsquo;est-à-dire des devoirs <span>[209c] </span>et des occupations de l&rsquo;homme de bien, et il entreprend de faire l&rsquo;éducation du jeune homme. C&rsquo;est que, j&rsquo;imagine, au contact avec le bel objet et dans une présence assidue auprès de lui, il enfante et il procrée ce qu&rsquo;il portait en lui depuis longtemps ; qu&rsquo;il soit présent ou qu&rsquo;il soit absent, sa pensée revient à lui et de concert avec lui il nourrit ce qu&rsquo;il a procréé. Ainsi une communion bien plus intime que celle qui consiste à avoir ensemble des enfants, une affection bien plus solide, s&rsquo;établissent entre de tels hommes ; plus beaux en effet et plus assurés de l&rsquo;immortalité sont les enfants qu&rsquo;ils ont en commun. Tout homme préférera avoir des enfants de ce genre [<span>209d] </span>plutôt que des enfants qui appartiennent au genre humain. Et, en considérant Homère, Hésiode et les autres grands poètes, il les envie de laisser d&rsquo;eux-mêmes des rejetons qui sont à même de leur assurer une gloire, c&rsquo;est-à-dire un souvenir éternel, parce que leurs poèmes sont immortels ; ou encore, poursuivit-elle, envie-t-il le genre d&rsquo;enfants que Lycurgue a laissés à Lacédémone, et qui assurèrent le salut de Lacédémone et, pour ainsi dire, celui de la Grèce tout entière. Et chez vous, c&rsquo;est Solon qui est honoré, comme le père de vos lois. il ne faut pas oublier les autres hommes qui, dans bien d&rsquo;autres endroits, [<span>209e] </span>que ce soit chez les Grecs ou chez les Barbares, ont accompli plein de belles choses, en engendrant des formes variées d&rsquo;excellence ; à ceux-là de tels enfants ont valu de nombreux sanctuaires, alors que les enfants qui appartiennent à l&rsquo;espèce humaine n&rsquo;ont encore valu rien de tel à personne.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voilà sans doute, Socrate, en ce qui concerne les mystères relatifs à Éros, les choses auxquelles tu peux, toi aussi, être initié. Mais la révélation suprême et la contemplation, <span>[210a] </span>qui en sont également le terme quand on suit la bonne voie, je ne sais si elles sont à ta portée. Néanmoins, dit-elle, je vais parler sans ménager mon zèle. Essaie de me suivre, toi aussi, si tu en es capable.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il faut en effet, reprit-elle, que celui qui prend la bonne voie pour aller à ce but commence dès sa jeunesse à rechercher les beaux corps. Dans un premier temps, s&rsquo;il est bien dirigé par celui qui le dirige, il n&rsquo;aimera qu&rsquo;un seul corps et alors il enfantera de beaux discours ; puis il constatera que la beauté qui réside en un corps quelconque <span>[210b] </span>est sœur de la beauté qui se trouve dans un autre corps, et que, si on s&rsquo;en tient à la beauté de cette sorte, il serait insensé de ne pas tenir pour une et identique la beauté qui réside dans tous les corps. Une fois que cela sera gravé dans son esprit, il deviendra amoureux de tous les beaux corps et son impérieux amour pour un seul être se relâchera ; il le dédaignera et le tiendra pour peu de chose. Après quoi, c&rsquo;est la beauté qui se trouve dans les âmes qu&rsquo;il tiendra pour plus précieuse que celle qui se trouve dans le corps, en sorte que, même si une personne ayant une âme admirable se trouve n&rsquo;avoir pas un charme physique éclatant, <span>[210c] </span>il se satisfait d&rsquo;aimer un tel être, de prendre soin de lui, d&rsquo;enfanter pour lui des discours susceptibles de rendre la jeunesse meilleure, de telle sorte par ailleurs qu&rsquo;il soit contraint de discerner la beauté qui est dans les actions et dans les lois, et de constater qu&rsquo;elle est toujours semblable à elle-même, en sorte que la beauté du corps compte pour peu de chose à son jugement. Après les actions, c&rsquo;est aux sciences que le mènera son guide, pour qu&rsquo;il aperçoive dès lors la beauté qu&rsquo;elles recèlent et que, les yeux fixés sur la vaste étendue déjà occupée par le beau, il cesse, comme le ferait un serviteur attaché à <span>[210d] </span>un seul maître, de s&rsquo;attacher exclusivement à la beauté d&rsquo;un unique jeune homme, d&rsquo;un seul homme fait ou d&rsquo;une seule occupation, servitude qui ferait de lui un être minable et à l&rsquo;esprit étroit ; pour que, au contraire, tourné vers l&rsquo;océan du beau et le contemplant, il enfante de nombreux discours qui soient beaux et sublimes, et des pensées qui naissent dans un élan vers le savoir, où la jalousie n&rsquo;a point part, jusqu&rsquo;au moment où, rempli alors de force et grandi, il aperçoive enfin une science qui soit unique et qui appartienne au genre de celle qui a pour objet la beauté dont je viens de parler.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Efforce-toi, poursuivit-elle, de m&rsquo;accorder [<span>210e] </span>toute l&rsquo;attention dont tu es capable. En effet, celui qui a été guidé jusqu&rsquo;à ce point par l&rsquo;instruction qui concerne les questions relatives à Éros, lui qui a contemplé les choses belles dans leur succession et dans leur ordre correct, parce qu&rsquo;il est désormais arrivé au terme suprême des mystères d&rsquo;Éros, apercevra soudain quelque chose de merveilleusement beau par nature, cela justement, Socrate, qui était le but de tous ses efforts antérieurs, une réalité qui tout d&rsquo;abord n&rsquo;est pas soumise au changement, [<span>211a] </span>qui ne naît ni ne périt, qui ne croît ni ne décroît, une réalité qui par ailleurs n&rsquo;est pas belle par un côté et laide par un autre, belle à un moment et laide à un autre, belle sous un certain rapport et laide sous un autre, belle ici et laide ailleurs, belle pour certains et laide pour d&rsquo;autres. Et cette beauté ne lui apparaîtra pas davantage comme un visage, comme des mains ou comme quoi que ce soit d&rsquo;autre qui ressortisse au corps, ni même comme un discours ou comme une connaissance certaine ; elle ne sera pas non plus, je suppose, située dans un être différent d&rsquo;elle-même, par exemple dans un vivant, dans la terre ou dans le ciel, [<span>211b] </span>ou dans n&rsquo;importe quoi d&rsquo;autre. Non, elle lui apparaîtra en elle-même et pour elle-même, perpétuellement unie à elle-même dans l&rsquo;unicité de son aspect, alors que toutes les autres choses qui sont belles participent de cette beauté d&rsquo;une manière telle que ni leur naissance ni leur mort ne l&rsquo;accroît ni ne la diminue en rien, et ne produit aucun effet sur elle.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Toutes les fois donc que, en partant des choses d&rsquo;ici-bas, on arrive à s&rsquo;élever par une pratique correcte de l&rsquo;amour des jeunes garçons, on commence à contempler cette beauté-là, on n&rsquo;est pas loin de toucher au but. Voilà donc quelle est la droite voie qu&rsquo;il faut suivre dans le domaine des choses de l&rsquo;amour ou sur laquelle il faut se laisser conduire par un autre : [<span>211c] </span>c&rsquo;est, en prenant son point de départ dans les beautés d&rsquo;ici-bas pour aller vers cette beauté-là, de s&rsquo;élever toujours, comme au moyen d&rsquo;échelons, en passant d&rsquo;un seul beau corps à deux, de deux beaux corps à tous les beaux corps, et des beaux corps aux belles occupations, et des occupations vers les belles connaissances qui sont certaines, puis des belles connaissances qui sont certaines vers cette connaissance qui constitue le terme, celle qui n&rsquo;est autre que la science du beau lui-même, dans le but de connaître finalement la beauté en soi.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>[211d] </span><span>C&rsquo;est à ce point de la vie, mon cher Socrate, reprit l&rsquo;étrangère de Mantinée, plus qu&rsquo;à n&rsquo;importe quel autre, que se situe le moment où, pour l&rsquo;être humain, la vie vaut d&rsquo;être vécue, parce qu&rsquo;il contemple la beauté en elle-même. Si un jour tu parviens à cette contemplation, tu reconnaîtras que cette beauté est sans rapport avec l&rsquo;or, les atours, les beaux enfants et les beaux adolescents dont la vue te bouleverse à présent. Oui, toi et beaucoup d&rsquo;autres, qui souhaiteriez toujours contempler vos bien-aimés et toujours profiter de leur présence si la chose était possible, vous êtes tout prêts à vous priver de manger et de boire, en vous contentant de contempler vos bien-aimés et de jouir de leur compagnie. À ce compte, quels sentiments, à notre avis, pourrait bien éprouver, poursuivit-elle, un homme qui arriverait à voir la beauté en elle-même, <span>[211e] </span>simple, pure, sans mélange, étrangère à l&rsquo;infection des chairs humaines, des couleurs et d&rsquo;une foule d&rsquo;autres futilités mortelles, qui parviendrait à contempler la beauté en elle-même, celle qui est divine, dans l&rsquo;unicité de sa Forme ? Estimes-tu, poursuivit-elle, qu&rsquo;elle est minable la vie de l&rsquo;homme <span>[212a] </span>qui élève les yeux vers là-haut, qui contemple cette beauté par le moyen qu&rsquo;il faut et qui s&rsquo;unit à elle ? Ne sens-tu pas, dit-elle, que c&rsquo;est à ce moment-là uniquement, quand il verra la beauté par le moyen de ce qui la rend visible, qu&rsquo;il sera en mesure d&rsquo;enfanter non point des images de la vertu, car ce n&rsquo;est pas une image qu&rsquo;il touche, mais des réalités véritables, car c&rsquo;est la vérité qu&rsquo;il touche. Or, s&rsquo;il enfante la vertu véritable et qu&rsquo;il la nourrit, ne lui appartient-il pas d&rsquo;être aimé des dieux ? Et si, entre tous les hommes, il en est un qui mérite de devenir immortel, n&rsquo;est-ce pas lui ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voilà Phèdre, et vous tous qui m&rsquo;écoutez, <span>[212b] </span>ce qu&rsquo;a dit Diotime ; et elle m&rsquo;a convaincu. Et, comme elle m&rsquo;a convaincu, je tente de convaincre les autres aussi que, pour assurer à la nature humaine la possession de ce bien, il est difficile de trouver un meilleur aide qu&rsquo;Éros. Aussi, je le déclare, tout être humain doit-il honorer Éros. J&rsquo;honore moi-même ce qui relève d&rsquo;Éros et je m&rsquo;y adonne plus qu&rsquo;à tout ; j&rsquo;exhorte aussi les autres à faire de même. Maintenant et en tout temps, je fais l&rsquo;éloge de la puissance d&rsquo;Éros, de sa vaillance, autant qu&rsquo;il est en mon pouvoir.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voilà quel est mon <span>[212c] </span>discours, Phèdre. Considère-le, si tu le souhaites, comme un éloge adressé à Éros. Sinon, donne-lui le nom qu&rsquo;il te plaira de lui donner.</span></p>
<p><p class="MsoNormal" align="right"><span>Traduction Brisson &#8211; édition Flammarion GF #987 (1998)- </span><span>pp.137-159</span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><b><span>Discours d’ALCIBIADE (214c – 222b)</span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b><span> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ÉRYXIMAQUE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Eh bien, écoute-moi, dit Éryximaque. Nous avions, avant ton arrivée, décidé que, chacun à son tour devrait, en allant de la gauche vers la droite, prononcer un discours <span>[214c] </span>sur Éros, le plus beau qui se puisse, et qui serait un éloge. Or, nous autres, nous avons tous parlé. Mais, toi puisque que tu n&rsquo;as pas parlé et que tu viens de boire, il est juste que tu parles, et qu&rsquo;après avoir parlé tu ordonnes à Socrate ce qu&rsquo;il te plaira d&rsquo;ordonner, qu&rsquo;il fasse de même avec son voisin de droite, et ainsi de suite.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ALCIBIADE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voilà qui est fort bien parlé, Éryximaque, reprit Alcibiade. Mais, quand on a trop bu, la comparaison avec des gens qui parlent à jeun risque de n&rsquo;être pas équitable. Et avec cela, bienheureux, crois-tu un seul mot de ce que Socrate <span>[214d] </span>vient de dire ? Tu sais bien que c&rsquo;est tout le contraire de ce qu&rsquo;il disait qu&rsquo;il voulait dire. Car, si, en sa présence, je fais l&rsquo;éloge de quelqu&rsquo;un, que ce soit un dieu ou un homme qui ne soit pas lui-même, il n&rsquo;hésitera pas, lui, à en venir aux mains.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pas de paroles de mauvais augure, répliqua Socrate.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ALCIBIADE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Par Poséidon, s&rsquo;écria Alcibiade, je te défends de protester, car, en ta présence, je ne ferai l&rsquo;éloge de personne d&rsquo;autre que toi.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ÉRYXIMAQUE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Eh bien, fais comme tu dis, répliqua Éryximaque, si tel est ton souhait. Prononce un éloge de Socrate.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ALCIBIADE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Que me chantes-tu là, <span>[214e] </span>reprit Alcibiade ? Il est convenu que c&rsquo;est ce que je dois faire, Éryximaque. Je dois m&rsquo;attaquer à ce personnage et lui infliger la punition qu&rsquo;il mérite, devant vous.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mon garçon, répliqua Socrate, qu&rsquo;as-tu en tête ? Tu vas faire mon éloge en faisant rire à mes dépens ? Ou alors quoi ?</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ALCIBIADE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Je dirai la vérité ; </span><span>à <span>toi de voir si </span>tu <span>me le permets</span>,</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>La vérité, mais bien sûr que je te permets de la dire ; c&rsquo;est même ce que je t&rsquo;ordonne de faire.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ALCIBIADE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Je ne saurais m&rsquo;en faire faute, rétorqua Alcibiade. Quant à toi, voici en tout cas ce qu&rsquo;il faut faire. S&rsquo;il m&rsquo;arrive de dire quelque chose qui n&rsquo;est pas vrai, coupe-moi la parole quand tu le souhaiteras, et fais-moi savoir que sur ce point je suis dans l&rsquo;erreur ; en effet, ce n&rsquo;est pas de mon plein gré [<span>215a] </span>que je proférerai une erreur. Si cependant il m&rsquo;arrive en brassant mes souvenirs de passer du coq à l&rsquo;âne, n&rsquo;en sois pas surpris, car il n&rsquo;est pas facile, dans l&rsquo;état où je me trouve, de donner sans achopper et de façon ordonnée une description détaillée de l&rsquo;excentricité qui est la tienne.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pour faire l&rsquo;éloge de Socrate, messieurs, j&rsquo;aurai recours à des images. Lui croira sans doute que c&rsquo;est pour faire rire à ses dépens, et pourtant c&rsquo;est pour dire la vérité et non pour faire rire, que je vais me servir d&rsquo;images. Je maintiens donc que Socrate est on ne peut plus pareil à ces silènes qui se dressent dans les ateliers de sculpteurs, <span>[215b] </span>et que les artisans représentent avec un <i>syrinx </i>ou un <i>aulos </i>à la main ; si on les ouvre par le milieu, on s&rsquo;aperçoit qu&rsquo;ils contiennent en leur intérieur des figurines de dieux. Je maintiens par ailleurs que cet homme ressemble au satyre Marsyas. Une chose est sûre, pour ce qui est de l&rsquo;aspect physique, tu leur ressembles bien, Socrate ; ce n&rsquo;est pas toi, je le suppose, qui vas contester la  chose. Pour ce qui est des autres points de ressemblance, prête l&rsquo;oreille à ce qui va suivre. Tu es un insolent n&rsquo;est-ce pas ? Si tu exprimes ton désaccord, je produirai des témoins.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais, diras-tu, tu n&rsquo;es pas joueur <i>d&rsquo;aulos. </i>Si, et bien plus extraordinaire que Marsyas. Lui, effectivement, [<span>215c] </span>il se servait d&rsquo;un instrument, pour charmer les êtres humains à l&rsquo;aide de la puissance de son souffle, et c&rsquo;est ce qu&rsquo;on fait encore à présent quand on joue ses airs sur <i>l&rsquo;aulos ; </i>en effet, ce que jouait Olympos, je dis que c&rsquo;était du Marsyas, puisque ce dernier avait été son maître. Et les airs de Marsyas, qu&rsquo;ils soient interprétés par un bon joueur <i>d&rsquo;aulos </i>ou par une joueuse minable, ce sont les seuls capables de nous mettre dans un état de possession et, parce que ce sont des airs divins, de faire voir quels sont ceux qui ont besoin des dieux et d&rsquo;initiations. Toi, tu te distingues de Marsyas sur un seul point : tu n&rsquo;as pas besoin d&rsquo;instruments, et c&rsquo;est en proférant de simples paroles que tu produis le même effet. Une chose est sûre ; quand nous prêtons l&rsquo;oreille à quelqu&rsquo;un [<span>215d] </span>d&rsquo;autre, même si c&rsquo;est un orateur particulièrement doué, qui tient d&rsquo;autres discours, rien de cela n&rsquo;intéresse, pour ainsi dire, personne. En revanche, chaque fois que c&rsquo;est toi que l&rsquo;on entend, ou que l&rsquo;on prête l&rsquo;oreille à une autre personne en train de rapporter tes propos, si minable que puisse être cette personne, et même si c&rsquo;est une femme, un homme ou un adolescent qui lui prête l&rsquo;oreille, nous sommes troublés et possédés.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pour ma part, messieurs, si je ne risquais pas de passer à vos yeux pour quelqu&rsquo;un de complètement ivre, je vous dirais, sous la foi du serment, quelles impressions j&rsquo;ai ressenties et ressens encore maintenant à l&rsquo;écoute des discours de cet individu. Quand je [<span>215e] </span>lui prête l&rsquo;oreille, mon cœur bat beaucoup plus fort que celui des Corybantes et ses paroles me tirent des larmes ; et je vois un très grand nombre d&rsquo;autres personnes qui éprouvent les mêmes impressions. Or, en écoutant Périclès et d&rsquo;autres bons orateurs, j&rsquo;admettais sans doute qu&rsquo;ils s&rsquo;exprimaient bien, mais je n&rsquo;éprouvais rien de pareil, mon âme n&rsquo;était pas troublée, et elle ne s&rsquo;indignait pas de l&rsquo;esclavage auquel j&rsquo;étais réduit. Mais lui, ce Marsyas, il m&rsquo;a bien souvent mis dans un état [<span>216a] </span>tel qu&rsquo;il me paraissait impossible de vivre comme je le fais ; et cela Socrate tu ne diras pas que ce n&rsquo;est pas vrai. En ce moment encore, et j&rsquo;en ai conscience, si j&rsquo;acceptais de lui prêter l&rsquo;oreille, je ne pourrais pas rester insensible, et j&rsquo;éprouverais les mêmes émotions. En effet, il m&rsquo;oblige à admettre que, en dépit de tout ce qui me manque, je continue à n&rsquo;avoir pas souci de moi-même, alors que je m&rsquo;occupe des affaires d&rsquo;Athènes. Je me fais donc violence, je me bouche les oreilles comme pour échapper aux Sirènes, je m&rsquo;éloigne en fuyant, pour éviter de rester assis là à attendre la vieillesse auprès de lui. il est le seul être humain devant qui j&rsquo;éprouve un sentiment, [<span>216b] </span>qu&rsquo;on ne s&rsquo;attendrait pas à trouver en moi : éprouver de la honte devant quelqu&rsquo;un. il est le seul devant qui j&rsquo;ai honte. Car il m&rsquo;est impossible, j&rsquo;en ai conscience, de ne pas être d&rsquo;accord avec lui et de dire que je ne dois pas faire ce qu&rsquo;il me recommande de faire. Mais chaque fois que je le quitte, je cède à l&rsquo;attrait des honneurs que confère le grand nombre. Alors je déserte et je m&rsquo;enfuis ; et quand je l&rsquo;aperçois, j&rsquo;ai honte de mes concessions passées. Souvent j&rsquo;aurais plaisir <span>[216c] </span>à le voir disparaître du nombre des hommes, mais si cela arrivait je serais beaucoup plus malheureux encore, de sorte que je ne sais comment m&rsquo;y prendre avec cet homme-là.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Oui, tels sont bien les effets que produisent sur moi et sur beaucoup d&rsquo;autres personnes les airs que, sur son <i>au1os, </i>module ce satyre. Mais prêtez-moi encore l&rsquo;oreille : je vais vous montrer à quel point il ressemble à ceux à qui je l&rsquo;ai comparé, et à quel point son pouvoir est étonnant. Sachez-le bien en effet, aucun de vous ne connaît vraiment cet homme-là <span>[216d]. </span>Mais moi je vais continuer à vous montrer ce qu&rsquo;il est, puisque j&rsquo;ai déjà commencé à le faire. Vous observez en effet qu&rsquo;un penchant amoureux mène Socrate vers les beaux garçons : il ne cesse de tourner autour d&rsquo;eux, il est troublé par eux. D&rsquo;un autre côté, il ignore tout et il ne sait rien, c&rsquo;est du moins l&rsquo;air qu&rsquo;il se donne. N&rsquo;est-ce point là un trait qui l&rsquo;apparente au silène ? Oui, tout à fait, car l&rsquo;enveloppe extérieure du personnage s&rsquo;apparente à celle d&rsquo;un silène sculpté. Mais, à l&rsquo;intérieur, une fois que le silène sculpté a été ouvert, avez-vous une idée de toute la modération dont il regorge, messieurs les convives ? Laissez-moi vous le dire : que le garçon soit beau, cela ne l&rsquo;intéresse en rien, et même <span>[216e] </span>il a un mépris inimaginable pour cela, tout comme il méprise le fait que le garçon soit riche ou qu&rsquo;il possède quelque avantage jugé enviable par le grand nombre. Pour lui, tous ces biens n&rsquo;ont aucune valeur, et nous ne sommes rien à ses yeux, je vous l&rsquo;assure. Il passe toute sa vie à faire le naïf et à plaisanter avec les gens. Mais quand il est sérieux et que le silène s&rsquo;ouvre, je ne sais si quelqu&rsquo;un a vu les figurines qu&rsquo;il recèle. Moi, il m&rsquo;est arrivé de les voir, et elles m&rsquo;ont paru si divines, si précieuses, si parfaitement belles <span>[217a] </span>et si extraordinaires, que je n&rsquo;avais plus qu&rsquo;à exécuter sans retard ce que me recommandait Socrate.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Or, comme je croyais qu&rsquo;il était sérieusement épris de la fleur de ma jeunesse, je crus que c&rsquo;était pour moi une aubaine et une chance étonnante ; je m&rsquo;étais mis dans l&rsquo;idée qu&rsquo;il me serait possible, en accordant mes faveurs à Socrate, d&rsquo;apprendre de lui tout ce qu&rsquo;il savait ; car, bien entendu, j&rsquo;étais extraordinairement fier de ma beauté. Ayant donc réfléchi là-dessus, moi qui jusqu&rsquo;alors n&rsquo;avais pas l&rsquo;habitude de me trouver seul avec lui sans être accompagné d&rsquo;un serviteur, cette fois-là, je renvoyai le serviteur et me trouvai tout seul avec lui. <span>[217b] </span>Oui, je vous dois toute la vérité ; alors prêtez-moi toute votre attention, et toi, Socrate, si je mens, inscris-toi en faux. Me voilà donc, messieurs, seul à seul avec lui. J&rsquo;imaginais qu&rsquo;il allait aussitôt me tenir les propos que précisément un amant tient en tête à tête à son bien-aimé, et je m&rsquo;en réjouissais. Or, il n&rsquo;en fut absolument rien ; en revanche, il me tint les propos qu&rsquo;il me tenait d&rsquo;habitude, et après avoir passé toute la journée avec moi, il sortit et s&rsquo;en alla. En suite de quoi, je l&rsquo;invitai à partager mes exercices physiques <span>[217c] </span>et je m&rsquo;entraînai avec lui pensant que j&rsquo;arriverais ainsi à quelque chose. Il partageait donc avec moi les exercices physiques et souvent il luttait avec moi, sans témoin. Eh bien, que faut-il dire ? Je n&rsquo;en fus pas plus avancé. Puisque je n&rsquo;aboutissais à rien en m&rsquo;y prenant ainsi, il me sembla que je devais avoir recours à la force avec cet homme, et ne point abandonner ; puisque je m&rsquo;étais lancé dans cette entreprise, je devais en avoir le cœur net. Je l&rsquo;invite donc à dîner avec moi, tout comme un amant qui veut tenter quelque chose sur son bien-aimé. J&rsquo;ajoute qu&rsquo;il <span>[217d] </span>ne mit même pas d&rsquo;empressement à l&rsquo;accepter. Pourtant, au bout d&rsquo;un certain temps, il finit par accepter. La première fois qu&rsquo;il vint, il souhaita partir après avoir dîné. Alors j&rsquo;eus honte, et le laissai partir .Mais je fis une nouvelle tentative ; quant il eut fini de dîner, je prolongeai la conversation jusqu&rsquo;à fort tard dans la nuit, et, lorsqu&rsquo;il souhaita s&rsquo;en aller, je fis observer qu&rsquo;il était tard, et je le forçai à rester.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il reposait donc sur le lit qui touchait le mien, et où il avait dîné ; personne ne dormait dans la pièce que nous deux. <span>[217e] </span>Jusqu&rsquo;ici, ce que j&rsquo;ai dit pourrait fort bien se raconter devant tout le monde. Mais, pour ce qui va suivre vous ne me l&rsquo;auriez pas entendu raconter si, comme le dit le proverbe, ce n&rsquo;était dans le vin (faut-il parler ou non de la bouche des enfants ?) que se trouve la vérité. Qui plus est, ne pas faire connaître une action de Socrate aussi superbe, quand on est en train de faire son éloge, cela me paraît injuste. Ce n&rsquo;est pas tout ; mon état est aussi celui de l&rsquo;homme qu&rsquo;une vipère mâle a mordu ; on raconte, je crois, que celui à qui l&rsquo;accident est arrivé se refuse à décrire son état, sauf à ceux qui ont déjà été mordus, <span>[218a] </span>sous prétexte qu&rsquo;eux seuls peuvent comprendre et excuser tout ce qu&rsquo;il a osé faire ou dire sous le coup de la souffrance. Moi donc, qui ai subi une morsure plus douloureuse encore et qui ai été mordu là où, selon toute vraisemblance, il est le plus douloureux de l&rsquo;être, car c&rsquo;est au cœur ou à l&rsquo;âme -peu importe le terme que l&rsquo;on utilise &#8211; que j&rsquo;ai été frappé et mordu par les discours de la philosophie, lesquels blessent plus sauvagement que la vipère quand ils s&rsquo;emparent d&rsquo;une âme jeune qui n&rsquo;est pas dépourvue de talent, et qu&rsquo;ils lui font commettre et dire n&rsquo;importe quelle extravagance. Moi qui par ailleurs voit des Phèdre, des Agathon, <span>[218b] </span>des Éryximaque, des Pausanias, des Aristodème et des Aristophane, sans parler de Socrate, et de tant d&rsquo;autres, tous atteints comme moi du délire et des transports bacchiques produits par la philosophie, je vous demande donc à tous de m&rsquo;écouter. Car vous me pardonnerez ce qu&rsquo;alors j&rsquo;ai fait, et ce qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui je dis. Vous, les serviteurs, et tous les profanes et les rustres, s&rsquo;il en est ici, refermez sur vos oreilles des portes épaisses.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Lors donc, messieurs, que la lampe fut éteinte et que les serviteurs furent partis, <span>[218c] </span>j&rsquo;estimai qu&rsquo;avec lui il ne fallait pas y aller par quatre chemins, mais lui faire savoir en toute liberté ce que j&rsquo;estimais avoir à lui faire savoir. Et, en le poussant, je lui dis :</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ALCIBIADE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Socrate, </span><span>tu <span>dors ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pas <span>du </span>tout, me répondit-il.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ALCIBIADE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Sais-tu </span><span>à <span>quoi je pense ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>À <span>quoi donc au juste ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ALCIBIADE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Je pense, repris-je, que tu es un amant digne de moi, le seul qui le soit, et je vois bien que tu hésites à m&rsquo;en parler. En ce qui me concerne, voici ce qui en est. J&rsquo;estime qu&rsquo;il est tout à fait déraisonnable de ne point céder à tes voeux sur ce point aussi, comme en toute autre occasion où tu aurais besoin de ma fortune ou de mes <span>[218d] </span>amis. Rien à mes yeux ne présente plus d&rsquo;importance que de devenir le meilleur possible et j&rsquo;imagine que, dans cette voie, je ne puis trouver maître qui soit mieux en mesure de m&rsquo;aider que toi. Dès lors, devant ceux qui savent à quoi s&rsquo;en tenir, je serais beaucoup plus honteux de ne point céder aux vœux d&rsquo;un homme comme toi, que je ne le serais, devant le grand nombre qui ne sait pas à quoi s&rsquo;en tenir, de céder à ses vœux.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il m&rsquo;écouta, prit son air de faux naïf qui est lui est si caractéristique et, dans le style qui lui est habituel, il me fit cette réponse :</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mon cher Alcibiade, il y a des chances pour que, en réalité, tu ne sois pas si maladroit, à supposer toutefois que ce que tu dis sur mon compte est vrai <span>[218e] </span>et que j&rsquo;ai le pouvoir que j&rsquo;ai de te rendre meilleur. Tu vois sans doute en moi une beauté inimaginable et bien différente de la grâce que revêt ton aspect physique. Si donc, l&rsquo;ayant aperçue, tu entreprends de la partager avec moi et d&rsquo;échanger beauté contre beauté, le profit que tu comptes faire à mes dépens n&rsquo;est pas mince ; à la place de l&rsquo;apparence de la beauté, c&rsquo;est la beauté véritable que tu entreprends d&rsquo;acquérir, <span>[219a] </span>et, en réalité, tu as dans l&rsquo;idée de troquer de l&rsquo;or contre du cuivre. Mais, bienheureux ami, fais bien attention, de peur que tu n&rsquo;ailles t&rsquo;illusionner sur mon compte, car je ne suis rien. La vision de l&rsquo;esprit ne commence à être perçante, que quand celle des yeux commence à perdre de son acuité ; et tu en es encore assez loin.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ALCIBIADE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ce à quoi je répondis :</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>En ce qui me concerne, c&rsquo;est bien cela, et il n&rsquo;y a rien dans ce que j&rsquo;ai dit qui ne soit conforme à ce que je pense. À toi dès lors de délibérer sur ce que tu juges le meilleur pour toi comme pour moi.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>SOCRATE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais oui, répliqua-t-il, voilà qui est bien parlé. Employant en effet le temps qui vient à la délibération, [<span>219b] </span>nous agirons de la manière qui nous paraîtra la meilleure à nous deux, sur ce point comme sur bien d&rsquo;autres.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span>ALCIBIADE</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Point de doute pour moi après ses paroles et les miennes, je m&rsquo;imaginais l&rsquo;avoir blessé par les traits que je lui avais en quelque sorte décochés. Je me soulevai donc, et, sans lui laisser la possibilité d&rsquo;ajouter le moindre mot, j&rsquo;étendis sur lui mon manteau -en effet c&rsquo;était l&rsquo;hiver -, je m&rsquo;allongeai sous son grossier manteau, j&rsquo;enlaçai de mes bras cet être véritablement divin et extraordinaire, <span>[219c] </span>et je restai couché contre lui toute la nuit. Là-dessus non plus, Socrate, tu ne diras pas que je mens. Au vu des efforts que moi j&rsquo;avais consentis, sa supériorité à lui s&rsquo;affirmait d&rsquo;autant : il dédaigna ma beauté, il s&rsquo;en moqua et se montra insolent à son égard. Et c&rsquo;était précisément là que je m&rsquo;imaginais avoir quelque chance, messieurs les juges, car vous êtes juges de la superbe de Socrate. Sachez-le bien. Je le jure par les dieux, par les déesses, je me levai après avoir dormi aux côtés de Socrate, <span>[219d] </span>sans que rien de plus ne se fût passé que si j&rsquo;avais dormi auprès de mon père ou de mon frère aîné.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Imaginez, après cela, quel était mon état d&rsquo;esprit. D&rsquo;un côté je m&rsquo;estimais méprisé, et de l&rsquo;autre j&rsquo;admirais le naturel de Socrate, sa modération et sa fermeté. J&rsquo;étais tombé sur un homme doué d&rsquo;une intelligence et d&rsquo;une force d&rsquo;âme que j&rsquo;aurais cru introuvables. Par suite, il n&rsquo;y avait pour moi moyen ni de me fâcher et de me priver de sa fréquentation, ni de découvrir par quelle voie je l&rsquo;amènerais à mes fins. En effet, je savais bien que, <span>[219e] </span>en matière d&rsquo;argent, il était plus totalement invulnérable encore qu’Ajax ne l&rsquo;était au fer, et que sur le seul point où je m&rsquo;imaginais qu&rsquo;il se laisserait prendre, il m&rsquo;avait échappé. Aucune issue donc. J&rsquo;étais asservi à cet homme comme personne ne l&rsquo;avait été par personne, et je tournais en rond.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>De fait, tout cela m&rsquo;était arrivé quand nous prîmes part ensemble à l&rsquo;expédition contre Potidée, au cours de laquelle nous prenions nos repas en commun. D&rsquo;abord, ce qui est sûr, c&rsquo;est que pour affronter les peines, il était plus fort non seulement que moi, mais aussi que tous les autres. Lorsque les communications étaient coupées en quelque point, ce qui arrive en campagne, <span>[220a] </span>et que nous devions rester sans manger, nul autre ne le valait en endurance pour supporter cette épreuve. En revanche, quand nous étions bien ravitaillés, il n&rsquo;avait pas son pareil pour en profiter, notamment pour boire. Il n&rsquo;y était pas porté, mais, si on le forçait, il buvait plus que tout le monde, et le plus étonnant, c&rsquo;est que personne n&rsquo;a vu Socrate ivre. De cela, la preuve sera donnée tout à l&rsquo;heure. Par ailleurs, pour supporter les rigueurs de l&rsquo;hiver les hivers sont terribles là-bas -, il faisait merveille. <span>[220b] </span>Ainsi, par exemple, un jour de gel, ce qu&rsquo;on peut imaginer de plus terrible dans le genre, quand tout le monde évitait de sortir ou ne sortait qu&rsquo;emmitouflé d&rsquo;étonnante façon, chaussé, les pieds enveloppés de feutre et de peaux d&rsquo;agneau, Socrate, lui, dans ces conditions-là, sortait revêtu du même manteau qu&rsquo;il avait l&rsquo;habitude de porter auparavant, et marchait pieds nus sur la glace plus facilement que les autres avec leurs chaussures. Les soldats le regardaient de travers, convaincus qu&rsquo;il cherchait à les narguer.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voilà ce qui en est : <span>[220c]</span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><i><span>Ce que fit d&rsquo;autre part, ce que sut endurer, ce héros énergique</span></i><span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Là-bas, un jour en campagne, cela vaut la peine d&rsquo;être entendu. Concentré en effet sur ses pensées, il était, à l&rsquo;endroit même où il se trouvait au point du jour, resté debout à examiner un problème. Et, comme cela n&rsquo;avançait pas, il n&rsquo;abandonnait pas, et il restait là debout à chercher. Il était déjà midi. Les hommes l&rsquo;observaient, tout étonnés ; ils se faisaient savoir les uns aux autres que Socrate, depuis le petit matin, se tenait là debout en train de réfléchir. En fin de compte, le soir venu, certains de ceux qui le regardaient, une fois qu&rsquo;ils eurent fini de dîner, <span>[220d] </span>sortirent leurs paillasses dehors, car on était alors en été, et ils couchèrent au frais, tout en le surveillant pour voir s&rsquo;il passerait la nuit debout. Or, il resta debout jusqu&rsquo;à l&rsquo;aurore, jusqu&rsquo;au lever du soleil. Puis, après avoir adressé sa prière au soleil, il s&rsquo;en alla.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Maintenant, si vous le souhaitez, passons à sa conduite au combat ; car, sur ce point aussi, il faut lui rendre justice. Lors du combat à la suite duquel les généraux me décernèrent le prix de courage<i>, </i>je n&rsquo;ai dû mon salut à personne d&rsquo;autre qu&rsquo;à cet homme. <span>[220e] </span>J&rsquo;étais blessé, et il refusa de m&rsquo;abandonner ; et il réussit à sauver tout à la fois mes armes et moi-même. Et c&rsquo;est alors, Socrate, que je recommandai aux généraux de te décerner le prix de courage ; et là-dessus tu ne pourrais me faire de reproche ou dire que je mens. Eh bien non, comme les généraux considéraient ma situation sociale et qu&rsquo;ils souhaitaient me donner le prix de courage, tu montras plus d&rsquo;empressement qu&rsquo;eux pour que ce soit moi qui reçoive ce prix à ta place.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ce n&rsquo;est pas tout, messieurs. Il valait la peine d&rsquo;observer Socrate, lorsque l&rsquo;armée, quittant Délion, <span>[221a] </span>se repliait en déroute. Je m&rsquo;y trouvais à ses côtés, moi à cheval, et lui avec son armement d&rsquo;hoplite. Il se repliait donc, en compagnie de Lachès, au milieu de nos hommes qui déjà se débandaient. Je tombe donc sur eux, et, dès que je les vois, je les encourage à tenir bon, et je leur dis que je ne les abandonnerai point. A cette occasion-là, j&rsquo;ai pu observer Socrate mieux encore qu&rsquo;à Potidée, car j&rsquo;avais moins à craindre, puisque j&rsquo;étais à cheval. D&rsquo;abord, Socrate faisait preuve d&rsquo;un sang-froid 582 plus grand que Lachès, et de beaucoup. <span>[221b] </span>Ensuite, j&rsquo;avais l&rsquo;impression &#8211; ce sont tes propres termes, Aristophane &#8211; que là-bas il déambulait comme il le fait ici, <i>se rengorgeant et regardant de côté, </i>observant d&rsquo;un œil tranquille amis et ennemis, et faisant savoir à tous, même de fort loin, que si l&rsquo;on s&rsquo;avisait de se frotter à cet homme, il riposterait avec vigueur. Voilà pourquoi il se repliait sans être inquiété, lui et celui qui l&rsquo;accompagnait ; car, en règle générale, les soldats qui se comportent ainsi au combat, on ne s&rsquo;y frotte même pas, <span>[221c] </span>alors que l&rsquo;on pourchasse ceux qui fuient en désordre.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Sans doute, y aurait-il beaucoup d&rsquo;autres traits que l&rsquo;on pourrait louer chez Socrate, et ce sont des traits admirables. Certes, si on prend en considération sa conduite en d&rsquo;autres domaines, peut-être un autre homme mériterait-il des éloges du même genre. Mais le fait que Socrate ne ressemble à aucun homme, ni d&rsquo;avant ni d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est cela qui est digne d&rsquo;une admiration sans bornes. En effet, de ce que fut Achille on peut trouver une image chez Brasidas et chez d&rsquo;autres, et de ce que fut Périclès on peut trouver une image chez Nestor et chez Anténor. [<span>221d] </span>Et ces cas ne sont pas les seuls ; on pourrait établir des comparaisons semblables entre tous les autres hommes. Mais de cet homme-là, avec ce qu&rsquo;il y a de déconcertant dans sa personne et dans ses discours, on ne trouverait rien, même en cherchant bien, qui tant soit peu en approche, ni pour le présent ni pour le passé, à moins bien sûr de le comparer à ceux que je dis : non pas à un être humain, mais aux silènes et aux satyres, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de sa personne ou de ses discours.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>C&rsquo;est en effet qu&rsquo;il est une chose que j&rsquo;ai omis de dire en commençant, à savoir que ses discours aussi sont tout à fait pareils aux silènes que l&rsquo;on ouvre. Car, si [<span>221e] </span>l&rsquo;on se donne la peine d&rsquo;écouter les discours de Socrate, ces discours donnent au premier abord l&rsquo;impression d&rsquo;être parfaitement ridicules ; ces mots et ces phrases qui forment une enveloppe extérieure, on dirait la peau d&rsquo;un satyre insolent. En effet, il parle d&rsquo;ânes bâtés, de forgerons, de cordonniers, de tanneurs, et il a toujours l&rsquo;air de dire la même chose en utilisant les mêmes termes, si bien que n&rsquo;importe qui, ignorant ou imbécile, peut tourner ses discours en dérision. [<span>222a] </span>Mais, une fois ces discours ouverts, si on les observe et si on pénètre en leur intérieur, on découvrira d&rsquo;abord qu&rsquo;ils sont dans le fond les seuls à avoir du sens, et ensuite qu&rsquo;ils sont on ne peut plus divins, qu&rsquo;ils recèlent une multitude de figurines de l&rsquo;excellence, que leur portée est on ne peut plus large, ou plutôt qu&rsquo;ils mènent à tout ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;avoir devant les yeux si l&rsquo;on souhaite devenir un homme accompli.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Tel est, messieurs, le discours qui constitue mon éloge de Socrate. Pour ce qui est par ailleurs des griefs que j&rsquo;ai contre lui, je les ai mêlés au récit de ses insolences envers moi. Du reste, je ne suis pas le seul <span>[222b] </span>qu&rsquo;il ait traité de cette manière. n s&rsquo;est conduit de même avec Charmide, le fils de Glaucon, avec Euthydème, le fils de Dioclès, et avec beaucoup d&rsquo;autres qu&rsquo;il dupe en se donnant l&rsquo;air d&rsquo;un amant, alors qu&rsquo;il tient le rôle du bien-aimé plutôt que celui de l&rsquo;amant. Et je te mets bien en garde, Agathon ; ne te laisse pas duper par cet homme-là. Instruit par nos propres mésaventures, sache plutôt prendre tes précautions, de peur, comme dit le proverbe, de ressembler « au marmot qui apprend à ses dépens ».</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p><p class="MsoNormal" align="right"><span>Traduction Brisson – édition Flammarion GF #987 (1998) &#8211; </span><span>pp.163-176</span></p>
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		<title>CITATIONS &#8211; Conscience</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Oct 2009 17:13:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[philo50]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[La conscience (le doute, l’identité, penser, réfléchir, le sujet) : « Beaucoup de réflexion et non beaucoup de connaissances, voilà à quoi il faut tendre » DEMOCRITE, Pensées « Connais-toi toi-même (et tu connaîtras l’univers et les Dieux) » PLATON, phrase chère à Socrate, commentée par Critias dans le Charmide 164d -171c et devise inscrite au fronton du temple d’Apollon [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman"><b><i>La conscience</i></b><i> (le doute, l’identité, penser, réfléchir, le sujet)<b> :</b></i></font></p>
<p><font face="Times New Roman"><i></i></font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Beaucoup de réflexion et non beaucoup de connaissances, voilà à quoi il faut tendre » DEMOCRITE,<i> Pensées</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="spip"><font face="Times New Roman"><span>« Connais-toi toi-même (et tu connaîtras l’univers et les Dieux) » PLATON, phrase chère à Socrate, commentée par Critias dans le <i>Charmide 164d -171c et devise inscrite au fronton du temple d’Apollon à Delphes. Formule attribuée initialement à Thalès, l’un des sept sages de l’antiquité</i></span></font></p>
<p><font face="Times New Roman"><span><em></em></span><span></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) nous n’avons recours à ce qu’on appelle réflexion que parce que la connaissance nous échappe » PLATON,<i> Le banquet</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Ce fut l&rsquo;étonnement qui poussa, comme aujourd&rsquo;hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. (…) Apercevoir une difficulté et s&rsquo;étonner, c&rsquo;est reconnaître sa propre ignorance (et c&rsquo;est pourquoi aimer les mythes est, en quelque manière se montrer philosophe, car le mythe est composé de merveilleux). Ainsi donc, si ce fut pour échapper à l&rsquo;ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, il est clair qu&rsquo;ils poursuivaient la science en vue de connaître et non pour une fin utilitaire. (…) Mais, de même que nous appelons homme libre celui qui est à lui-même sa fin et n&rsquo;existe pas pour un autre, ainsi cette science est aussi la seule de toutes les sciences qui soit libre, car seule elle est à elle-même sa propre fin » ARISTOTE, <i>Métaphysique</i>, A, 2, 982 b10-25</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) les pensées sont comme les éclaireurs et les espions des passions, rôdant de tous côtés pour trouver le chemin des choses désirées » HOBBES, <i>Léviathan</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman"><span class="citation"><span>« Le <i>moi</i> est haïssable » </span></span><span>PASCAL, <i>Pensées </i>I IX §23</span></font></p>
<p><font face="Times New Roman"><span></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« L&rsquo;homme n&rsquo;est qu&rsquo;un roseau, le plus faible de la nature ; mais c&rsquo;est un roseau pensant. Il ne faut pas que l&rsquo;univers entier s&rsquo;arme pour l&rsquo;écraser : une vapeur, une goutte d&rsquo;eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l&rsquo;univers l&rsquo;écraserait, l&rsquo;homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu&rsquo;il sait qu&rsquo;il meurt, et l&rsquo;avantage que l&rsquo;univers a sur lui, l&rsquo;univers n&rsquo;en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en<br />
la pensée. C&rsquo;est de là qu&rsquo;il faut nous relever et non de l&rsquo;espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale » PASCAL, <i>Pensées </i>347</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. Et remarquant que cette vérité : <i>Je pense, donc je suis, </i>était si ferme et si assurée que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n&rsquo;étaient pas capables de l&rsquo;ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir sans scrupule pour le premier principe de la philosophie que je cherchais » DESCARTES, <i>Discours de<br />
la méthode <span>IV</span></i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><i><br />
<span></span></i> </font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) la réflexion n’est autre chose qu’une attention à ce qui est en nous » LEIBNIZ,<i> Nouveau essais sur l’entendement humain </i>III, XI</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« La plupart ne pensent que comme il plaît à tout ce qui les environne » FONTENELLE,<i> Du bonheur</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« J’ose presque assurer que l’état de réflexion est un état contre nature, et que l’homme qui médite est un animal dépravé » ROUSSEAU,<i> Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Chacun croit donc penser juste » HELVETIUS,<i> De l’esprit </i>II, IV</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Ce n’est point ma façon de penser qui a fait mon malheur, c’est celle des autres » de SADE,<i> Lettre à Mlle de Sade, </i>novembre 1783</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Ce qu’est le sujet, c’est la série de ses actions » HEGEL,<i> Principes de la philosophie du droit, </i>§124</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« La conscience théorique considère ce qui est et le laisse tel qu’il est. La conscience pratique est, au contraire, la conscience active qui ne laisse pas ce qui est tel qu’il est, mais y introduit des modifications et engendre d’elle-même des déterminations et des objets » HEGEL,<i> Propédeutique philosophique</i> Introduction</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Mon point de vue est uniquement celui de la réflexion, consultation de la raison toujours fidèlement communiquée » SCHOPENHAUER,<i> Le monde comme volonté et comme représentation </i>Préface de la seconde édition</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) Fichte n’a pas pris garde qu’avec le sujet (de quelque nom qu’on l’appelât) était posé l’objet, sans lequel le sujet est inconcevable » SCHOPENHAUER,<i> Le monde comme volonté et comme représentation </i>I 7</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« On reconnaît à la mine de la plupart des gens que chez eux la vue remplace entièrement la pensée » SCHOPENHAUER,<i> Aphorismes sur la sagesse dans<br />
la vie <span>V</span></i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><i><br />
<span></span></i> </font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie mais la vie qui détermine la conscience » MARX &#038; ENGELS,<i> L’idéologie allemande</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« La conscience est (…) d’emblée un produit social » MARX &#038; ENGELS,<i> L’idéologie allemande</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« C’est une maladie que d’avoir une conscience trop aigue de ses pensées et de ses actions, une vraie maladie. Une conscience ordinaire, médiocre, suffirait davantage qu’il ne faudrait aux besoins quotidiens de l’humanité. (…) Voilà les résultats obligés de la conscience : l’ennui et l’inertie » DOSTOIEVSKI,<i> Notes du souterrain</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Toute Pensée est un Coup de Dés » MALLARME,<i> Un coup de dés jamais n’abolira le hasard</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« La conscience est la dernière et la plus tardive évolution de la vie organique, et par conséquent ce qu’il y a de moins accompli et de plus fragile en elle » NIETZSCHE,<i> Le gai savoir </i>§11</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Les pensées sont les ombres de nos sentiments » NIETZSCHE,<i> Le gai savoir </i>§179</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Le &laquo;&nbsp;sujet&nbsp;&raquo;, c’est la fiction d’après laquelle beaucoup d’états semblables, en nous, seraient l’effet d’un même substrat » attribué à NIETZSCHE,<i> La volonté de puissance</i> II, §150</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) vos pensées ne sont pas pour vous des expériences vécues, elles ne sont que l’écho de celles des autres » attribué à NIETZSCHE,<i> La volonté de puissance</i> III, §313</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« La pensée n’est qu’un éclair au milieu d’une longue nuit. Mais c’est cet éclair qui est tout » POINCARE,<i> La valeur de la science</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« A la question : &laquo;&nbsp;Comment quelque chose devient-il conscient ?&nbsp;&raquo; (…). Réponse : grâce à l’association avec les représentations verbales correspondantes » FREUD,<i> Essais de psychanalyse</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) la conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions » FREUD,<i> Malaise dans la civilisation</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Prise en elle-même, la pensée est comme une nébuleuse où rien n’est nécessairement délimité. Il n’y a pas d’idée préétablie, et rien n’est distinct avant l’apparition de la langue » de SAUSSURE,<i> Cours de linguistique générale</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman">« La perception de cette table est, avant comme après, perception de cette table. Ainsi, tout état de conscience en général est, en lui-même conscience de quelque chose, quoi qu&rsquo;il en soit de l&rsquo;existence réelle de cet objet et quelque abstention que je fasse, dans l&rsquo;attitude transcendantale qui est mienne, de la position de cette existence et de tous les actes de l&rsquo;attitude naturelle. Par conséquent, il faudra élargir le contenu de l&rsquo;<i>ego cogito </i>transcendantal, lui ajouter un élément nouveau et dire que tout cogito ou encore tout état de conscience &laquo;&nbsp;vise&nbsp;&raquo; quelque chose, et qu&rsquo;il porte en lui-même, en tant que &laquo;&nbsp;visé&nbsp;&raquo; (en tant qu&rsquo;objet d&rsquo;une intention) son <i>cogitatum</i> respectif. Chaque <i>cogito</i>, du reste le fait à sa manière. La perception de la &laquo;&nbsp;maison&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;vise&nbsp;&raquo; (se rapporte à) une maison &#8211; ou plus exactement, telle maison individuelle &#8211; de la manière perceptive ; le souvenir de la maison &laquo;&nbsp;vise&nbsp;&raquo; la maison comme souvenir ; l&rsquo;imagination, comme image ; un jugement prédicatif ayant pour objet la maison &laquo;&nbsp;placée là devant moi&nbsp;&raquo; la vise de la façon propre au jugement prédicatif ; un jugement de valeur surajouté la viserait encore à sa manière, et ainsi de suite. Ces états de conscience sont aussi appelés <i>intentionnels</i>. Le mot<i> intentionnalité</i> ne signifie rien d&rsquo;autre que cette particularité foncière et générale qu&rsquo;a la conscience d&rsquo;être conscience de quelque chose, de porter, en sa qualité de <i>cogito</i>, son <i>cogitatum </i>en elle-même » HUSSERL, <i>Méditations cartésiennes</i>, II, 14</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« La conscience correspond exactement à la puissance du choix dont l’être vivant dispose » BERGSON,<i> L’évolution créatrice</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Le principe du vrai courage, c’est le doute. L’idée de secouer une pensée à laquelle on se fiait est une idée brave. Tout inventeur a mis en doute ce dont personne ne doutait » ALAIN,<i> Pensées d’automne </i>(12 octobre 1935)</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Mais même au point de vue des plus insignifiantes choses de la vie, nous ne sommes pas un tout matériellement constitué, identique pour tout le monde et dont chacun n’a qu’à aller prendre connaissance comme d’un cahier des charges » PROUST,<i> Du côté de chez Swann</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« L’habitude de penser empêche parfois d’éprouver le réel, immunise contre lui, le fait paraître de la pensée encore » PROUST,<i> La fugitive</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Si je connaissais les frontières de l’objet et du sujet, la curiosité du monde s’éteindrait en moi » FAURE,<i> L’art moderne</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« L’essence même de la réflexion, c’est de comprendre qu’on n’avait pas compris » BACHELARD, <i>Le nouvel esprit scientifique</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« C’est dans notre âme seule qu’il y a identité – identité que l’âme éprouve, quoique de façon trompeuse, avec elle-même » PESSOA,<i> Le livre de l’intranquillité</i> </font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« L’enfant apprend en croyant l’adulte. Le doute vient après la croyance » WITTGENSTEIN,<i> De la certitude</i> §160</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« La pensée n’est pas un moyen de connaître. La pensée trace des sillons dans l’aire de l’être » HEIDEGGER,<i> Acheminement vers la parole</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><i></i></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Le sujet n’a pas un rapport duel avec un objet qui est en face de lui, c’est par rapport à un autre sujet que ses relations avec cet objet prennent leur sens et du même coup leur valeur » LACAN,<i> Le séminaire </i>II</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Ce sont elle est avide, la très vaine conscience, ce n’est pas de penser mais d’être réputée » JANKELEVITCH,<i> Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, </i>I</font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) il est très difficile d’atteindre tout seul, comme dans le vide absolu, une identité complète en tant que personne : on doit se relier aux autres » BETTELHEIM,<i> Survivre</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« &nbsp;&raquo;Dieu est mort&nbsp;&raquo; ne signifie pas que la divinité cesse en tant qu’une explication de l’existence, mais bien que le garant absolu de l’identité du moi responsable disparaît à l’horizon de la conscience » KLOSSOWSKI, <i>Un si funeste désir</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><i></i></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« La croyance seule, et non la foi, a une affinité naturelle avec le doute, et s’y trouve constamment exposée » ARENDT,<i> La crise de la culture</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Acquérir et conserver son identité, ce n’est pas s’identifier à une cause, (…) pas plus que de se laisser gagner par les tentations de la vie facile (…) C’est plus commode et moins risqué en apparence que de se risquer en amour, en amitié » DOLTO,<i> Solitude</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) plus intéressant que de penser serait de savoir pourquoi l’on pense ce que l’on pense » IONESCO <i>Notes et contre-notes</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« La conscience pourrait être considérée comme la perception de soi en tant qu’&nbsp;&raquo;objet&nbsp;&raquo; placé au centre même de la &laquo;&nbsp;réalité&nbsp;&raquo;» François JACOB,<i> Le jeu des possibles</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><i></i></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) on confond là deux notions distinctes : l’identité et l’égalité. La première s’applique aux caractères, aussi bien physiques que mentaux, des individus ; la seconde à leur statut social et juridique » François JACOB, <i>La souris, la mouche et l’homme</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><em></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« On n’a jamais repéré d’autre progrès de la conscience que celui de la mauvaise conscience, parallèle à celui de la mauvaise foi » BAUDRILLARD,<i> Le Paroxyste indifférent</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><i></i></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« L’identité est un rêve d’une absurdité pathétique. (…) On rêve de cela quand on a perdu toute singularité » BAUDRILLARD,<i> Le Paroxyste indifférent</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><i></i></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« Sauvage est ce qui n’est pas confronté à sa ressemblance, à son identité et à la recherche désespérée de cette identité » BAUDRILLARD,<i> Le Paroxyste indifférent</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><i></i></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« La mise en cause du sujet n’a pas changé grand-chose au postulat métaphysique de sa prééminence (…), le sujet sest seulement trouvé pris dans le mélodrame de sa propre disparition » BAUDRILLARD,<i> Les stratégies fatales</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><i></i></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Times New Roman">« (…) il n’y a d’hostilité qu’avec le semblable (…). L’identité ne peut être partagée, c’est l’un ou l’autre, tout ou rien » Vincent DESCOMBES,<i> L’inconscient malgré lui</i></font></span></p>
<p><span><font face="Times New Roman"><i></i></font></span><span><font face="Times New Roman"><i> <span><font face="Times New Roman">« (…) le sujet ne sait pas ce qu’il veut (…), donc il n’est pas vrai qu’il sache ce qu’il dit » Vincent DESCOMBES,<i> L’inconscient malgré lui </i></font></span></p>
<p></i></font></span></p>
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		<title>Méthodologie</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Sep 2009 16:38:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[philo50]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[METHODOLOGIE]]></category>

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		<description><![CDATA[ORGANISATION du TRAVAIL  Méthodologie En cours ou à propos de votre travail personnel, il est très souhaitable que vous interveniez à la première difficulté.  APPRENTISSAGE ou REVISION des COURS : données moyennes constatées (à adapter au rythme de chacun)  - travail quotidien (suivi régulier = 30’ par jour de cours) * révision du cours de la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><span><em>ORGANISATION du TRAVAIL </em><a href="http://philo50.unblog.fr/files/2009/09/methodologie200910lessstg.doc" id="p10"><em><img border="0" align="absMiddle" src="http://philo50.unblog.fr/wp-includes/images/doc.png" alt="Méthodologie dans METHODOLOGIE doc" /></em> Méthodologie</a> </span></h2>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><b><i><span><font face="Times New Roman">En cours ou à propos de votre travail personnel, il est très souhaitable que vous interveniez à la première difficulté. </font></span></i></b></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><i><span><font face="Times New Roman">APPRENTISSAGE ou REVISION des COURS : données moyennes constatées (à adapter au rythme de chacun) </font></span></i></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">- <b>travail quotidien </b>(suivi régulier = 30’ par jour de cours) </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">* révision du cours de la journée (15&prime; à 30&prime;) et lectures des textes selon le chapitre étudié (10&prime; à 30&prime;) </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">- <b>travail hebdomadaire en toutes séries</b> (suivi régulier = une heure / semaine) </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">* vocabulaire conceptuel (au moins 30&prime;) ; lectures selon la liste ci-dessous (30&prime; à 60&prime;) </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">* éventuellement, préparation d&rsquo;exposé en TL </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">- <b>travail mensuel en fonction des devoirs </b>(une heure au minimum) </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">* révision de chapitres (au moins 30’) ; travail sur les concepts (au moins 30’) </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><i><span><font face="Times New Roman">RYTHME &#038; NOMBRE de DEVOIRS : </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">-<b> interrogations</b> sur le travail conceptuel et problématique : </font></span></p>
<p></font></span></i><span><font face="Times New Roman">* <u>interrogations orales ou écrites</u> sur textes ou concepts si nécessaire <b>(chacun doit être à jour)</b> </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">* <u>oral d&rsquo;entr</u></font></span><span><font face="Times New Roman"><u>aînement au bac</u> sur textes et questions (selon les résultats au bac blanc) </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">- <b>dissertations et commentaires</b> (une dizaine par an au total en TL, entre six et dix dans les autres séries) </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">* <u>devoirs plans</u> en temps réduit (éventuellement, 1 à 2 par an) </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">* <u>devoirs sur table</u> (4h, 3 par an) &#038; <u>devoirs groupés</u> ou <u>bac blanc</u> (4h, 3 par an) </font></span><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">NB : Quelques devoirs seront faits à<br />
la maison. Certains d&rsquo;entre eux seront facultatifs :<br />
les notes de ces devoirs facultatifs ne compteront dans la moyenne que s&rsquo;ils vous avantagent. </font></span></i></p>
<p></font></span><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i><i><span><b><i><span><br />
</span></i></b><i><span><font face="Times New Roman"> </font></span></i></p>
<p></span></i></p>
<h2><span><em>NOTIONS au PROGRAMME (Séries L, ES, S &#038; STG) </em></span></h2>
<p><b><u><span><span><em><font face="Times New Roman"></font></em></span></span></u></b><b><u><span><font face="Times New Roman"><b><i><u><span>Champs problématiques et notions pour les quatre séries et lectures obligatoires en Terminale L</span></u></i></b><i><span> dans &laquo;&nbsp;<span>Lire les philosophes</span>&laquo;&nbsp;<span> &#8211; </span></span></i><span>Chomienne / Ed. Hachette – Education (2004)</span><i><span> : </span></i></font></p>
<p></span></u></b><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i><i><span><b><i><span><font face="Times New Roman">1<sup>er</sup> Trimestre </font></span></i></b></p>
<p></span></i><b><i><span><font face="Times New Roman">La politique et la morale </font></span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"><b><span><font face="Times New Roman">La Liberté (L, ES, S, STG)<span>                                               </span><span>                </span>L’Existence et le Temps (L) </font></span></b></p>
<p></font></span></i></b><font face="Times New Roman"><b><span>La Justice &#038; le Droit (L, ES, S)<span>      </span></span></b><span><span>                </span><i><u>ROUSSEAU : </u></i><u>Du Contrat <i>social I &#038; II (chapitres I à VII)<b> </b></i></u></span></font><font face="Times New Roman"><span><u><i><b><b><span><font face="Times New Roman">La Justice et la Loi (STG) </font></span></b></p>
<p></b></i></u></span></font><b><span><font face="Times New Roman">Le Bonheur (STG) </font></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><b><span><font face="Times New Roman"></font></span></b></p>
<p></font></span></b><b><i><span><font face="Times New Roman">Le sujet </font></span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><b><span>La Conscience (L, ES, S)<span>  </span></span></b><span><span>                </span><span>                </span></span><i><u><span>DESCARTES : </span></u></i><u><span>Discours de<br />
la méthode<i> I</i><i>, II, III &#038; IV</i><span> </span></span></u></font></p>
<p></font></span></i></b><font face="Times New Roman"><b><span>L&rsquo;Inconscient (L, ES, S)</span></b><span><span>                                   </span>(<i>FREUD : </i>Cinq leçons sur la psychanalyse – Ed. Payot) </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></span></font><b><i><span><font face="Times New Roman">La raison et le réel </font></span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><b><span>La Vérité (L, ES, S)<span><span>            </span></span></span></b><span><span>                                               </span></span><i><u><span>PLATON : </span></u></i><u><span>République<i> Livre VI &#038; VII</i> </span></u></font></p>
<p></font></span></i></b><font face="Times New Roman"><b><span>La Démonstration (L, ES, S)</span></b><b><span> <span>                                          </span>T<span>héorie &#038; Expérience</span> <span>(L) </span></span></b></font><font face="Times New Roman"><b><span><span><b><span><font face="Times New Roman"></font></span></b></p>
<p></span></span></b></font><b><i><span><font face="Times New Roman">2<sup>ème</sup> Trimestre </font></span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"><b><i><span><font face="Times New Roman">La culture </font></span></i></b></p>
<p></font></span></i></b><b><span><font face="Times New Roman">La Culture (STG) </font></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><b><span>L&rsquo;Art (L, ES, S)</span></b><span><span>                   </span><span>                </span><span>                               </span></span><i><u><span>MERLEAU-PONTY : </span></u></i><u><span>Sens et non-sens<i>, extraits</i> </span></u></font></p>
<p></font></span></b><font face="Times New Roman"><b><span>Travail &#038; Technique (L, ES, S)<span>       </span></span></b><span><span>                </span><i><u>BACHELARD : </u></i><u>Le rationalisme appliqué <i>extraits</i></u><b> </b></span></font><font face="Times New Roman"><span><b><b><span><font face="Times New Roman">L’Art et la Technique (STG) </font></span></b></p>
<p></b></span></font><font face="Times New Roman"><b><span>Le Désir (L, ES, S)</span></b><span><span>                                                            </span><i>PLATON : </i>le Banquet<i>, extraits</i><span> </span></span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman"><b><span>Autrui (L, ES)</span></b><span><span>                                                                    </span><i><u>SARTRE : </u></i><u>L’existentialisme est un humanisme, <i>texte intégral<span> </span></i></u></span></font></p>
<p></span></span></font><b><span><font face="Times New Roman">Les Echanges (Langage &#8211; STG) </font></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><b><span>Le Devoir (L, ES, S)</span></b><span> <span>                                                         </span><i>(KANT : </i>Fondation de la Métaphysique des Mœurs<i>, extraits)</i> </span></font></p>
<p></font></span></b><font face="Times New Roman"><b><span>Le Bonheur (L, ES, S)</span></b><span> <span>                                      </span><span>                </span><b>L<span>a Perception</span> <span>(L)</span></b><u> </u></span></font><font face="Times New Roman"><span><u><b><span><font face="Times New Roman">Le Langage (L, ES)<span> </span></font></span></b></p>
<p></u></span></font><b><span><font face="Times New Roman"></font></span></b><b><span><b><i><span><font face="Times New Roman">3<sup>ème</sup> Trimestre </font></span></i></b></p>
<p></span></b><font face="Times New Roman"><b><span>La Vérité (STG)</span></b><span> </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><span>L’Interprétation (L, ES)</span></b><span><span>                                    </span><i><u>SPINOZA : </u></i><u>Ethique,<i> appendice au Livre I</i></u><b> </b></span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><span>La Religion (L, ES, S)<span>                       </span></span></b><span><span>                               </span><i><u>EPICURE : </u></i><u>Lettre à Ménécée </u></span></font><font face="Times New Roman"><span><u><font face="Times New Roman"><b><span>La Raison et la Croyance (Religion &#8211; STG)</span></b><b><span> </span></b></font></p>
<p></u></span></font><font face="Times New Roman"><b><span>L’Histoire (L, ES)</span></b><span> </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><span>La Société (L, ES, S)</span></b><span><span>                                                         </span><i><u>ARENDT :</u></i><u> L’origine du<i> </i>totalitarisme,<i> extraits</i></u><b> </b></span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><span>L’Expérience (Perception &#8211; STG)</span></b><span> </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><span>L’Etat (L, ES) </span></b><span><span>                                                                     </span><i><u>MACHIAVEL : </u></i><u>Le Prince,<i> XV, XVI, XVII, XVIII &#038; XXV</i> </u></span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><span>Le<br />
Vivant (L, S)</span></b><span> <span>                                                 </span><i><u>KANT : </u></i><u>Critique de<br />
la Raison Pure <i>Seconde</i><i> préface</i></u><b> </b></span></font><font face="Times New Roman"><span><b><font face="Times New Roman"><br />
<b><span>La Matière</span></b><b><span> et l’Esprit (L, ES, S)</span></b><span><span>                     </span><i><u> </u></i></span></font></p>
<p></b></span></font><b><span><font face="Times New Roman">* </font></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><b><i><u><span>Repères </span></u></i></b><span>(voir lexique) :<b><i><u> </u></i></b></span></font></p>
<p></font></span></b><b><span><font face="Times New Roman">Absolu / Relatif – Abstrait / Concret</font></span></b><span><font face="Times New Roman"> – En acte / En puissance – Analyse / Synthèse – </font><font face="Times New Roman"><b>Cause / Fin<br />
Contingent / Nécessaire / Possible</b> – Croire / Savoir – Essentiel / Accidentel – <b>Expliquer / Comprendre</b><br />
<b>En fait / En droit</b> – Formel / Matériel – Genre / Espèce / Individu – Idéal / Réel<br />
<b>Identité /Egalité / Différence</b> –Intuitif / Discursif &#8211; <b>Légal / légitime</b> – Médiat / Immédiat<br />
<b>Objectif / Subjectif</b> – <b>Obligation / Contrainte</b> – Origine / Fondement &#8211; </font><font face="Times New Roman"><b>Persuader / Convaincre<br />
Principe / Conséquence – </b>Ressemblance / Analogie – <b>En théorie / En pratique</b> &#8211; Transcendant / Immanent<br />
<b>Universel / Général / Particulier / Singulier</b> </font></span><span><font face="Times New Roman"><b><span><br />
</span></b></p>
<p></font></span></p>
<h2><span><em>METHODOLOGIE du DEVOIR </em></span></h2>
<p><b><span><br />
</span></b><span><font face="Times New Roman"> </font></span><span><span><font face="Times New Roman">SUR QUOI SEREZ-VOUS JUGE(E) ? </font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">Devoir de Philo = argumentation critique et progressive sur un problème précis. </font></span><span><font face="Times New Roman"><b><i><span><font face="Times New Roman">Trois &laquo;&nbsp;piliers&nbsp;&raquo; constituent un devoir de Philo</font></span></i></b><i><span><font face="Times New Roman"> qui sont aussi les trois axes de référence du correcteur.<br />
(Ces indications sont aussi valables pour la rédaction d&rsquo;une note de recherche universitaire<br />
ou d&rsquo;un rapport d&rsquo;activité dans une entreprise) </font></span></i></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">- <u>une bonne conceptualisation</u> qui se caractérise par la clarté et la pertinence des idées mises en oeuvre. Unifiez rationnellement vos idées sous des concepts appropriés (concept = idée générale et abstraite). N&rsquo;hésitez pas à faire référence (avec précision) à des théories connues et citez les auteurs dont vous maîtrisez les idées. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><span>·<span>         </span></span></span><i><span><font face="Times New Roman">Cette première capacité suppose le <b>développement de votre sens critique</b>. </font></span></i></p>
<p></font></span><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i><i><span><span><font face="Times New Roman">- <u>une problématisation correcte</u> : votre plan sera dominé par la rigueur et une progression nette. Un effort de construction se manifestera par le caractère dynamique de votre travail (enchaînement efficace des idées). Amenez le lecteur à comprendre (et peut-être même à partager) vos objectifs. C&rsquo;est dans un bon plan que résidera toute la force de votre argumentation. </font></span></p>
<p></span></i><span><span>·<span>         </span></span></span><i><span><font face="Times New Roman">Pour cela, vous devrez faire preuve de <b>cohérence logique</b>. </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i></p>
<p></font></span></i><span><font face="Times New Roman">- <u>un écrit</u> digne de ce nom. Votre argumentation devra être à la hauteur de votre plan et de vos idées (soyez toujours intelligible, rédigez de bonnes transitions&#8230;). </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Attention à la forme du devoir : faites preuve de correction orthographique, syntaxique et &#8230; soyez lisible ! </font></span></p>
<p></font></span><span><span>·<span>         </span></span></span><i><span><font face="Times New Roman">L&rsquo;aptitude demandée suppose donc un certain <b>travail sur la langue française</b>. </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i></p>
<p></font></span></i><b><i><span><font face="Times New Roman">Lors d’un devoir ou au bac, n&rsquo;oubliez jamais que le correcteur ne dispose que de votre copie pour vous juger ! </font></span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"><b><i><span><font face="Times New Roman">Alors, comment acquérir ces trois aptitudes ? </font></span></i></b></p>
<p></font></span></i></b><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><b><i><span>- La clé de voûte<u>, c&rsquo;est la réflexion personnelle</u></span></i></b><i><u><span> <b>organisée</b></span></u></i><i><span> (à partir de documents vus, lus ou entendus, par l&rsquo;attention aux cours et la relecture des notes prises en classe). </span></i></font></p>
<p></span></i><font face="Times New Roman"><b><i><span>- La lecture</span></i></b><i><span> de textes philosophiques (reportez-vous à votre recueil de textes) mais aussi d&rsquo;articles d&rsquo;actualité, <b>vous donnera l&rsquo;esprit d&rsquo;analyse et de synthèse. </b></span></i></font><font face="Times New Roman"><i><span><b><i><span><font face="Times New Roman">- Quant à la rigueur, vous la développerez en faisant des <b>efforts d&rsquo;organisation méthodique</b> de votre plan et <b>d&rsquo;amélioration constante de l&rsquo;écrit</b>. </font></span></i></p>
<p></b></span></i></font><span><font face="Times New Roman">* </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">COMMENT REUSSIR un DEVOIR de PHILOSOPHIE ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">Comment procéder afin de vous donner les meilleures chances à l’écrit ? </font></span></i></p>
<p></font></span><span><span>·<span>                     </span></span></span><font face="Times New Roman"><b><span>Identifier</span></b><span> <u>les chapitres et les notions</u> en question : dans le libellé du sujet ceci apparaît clairement au moins pour l’un des termes. <i>Ainsi : « L’homme injuste peut-il être heureux » renvoie certainement au chapitre sur le <u>bonheur</u> mais aussi sur le <u>devoir</u>, <u>autrui</u> et sur la <u>liberté</u> voire, après réflexion, sur la <u>justice</u> et le <u>désir</u>.</i> </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman">* </font></span></p>
<p></span></font><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><span>·<span>                     </span></span></span><font face="Times New Roman"><b><span>Définir</span></b><span> : les <u>mots-clés</u> que vous identifiez dans le libellé du sujet. C’est un travail préparatoire <u>à faire au brouillon</u>, puis à <u>reproduire</u> avec plus de subtilité <u>dès le début du devoir</u>, par exemple, sous forme de <u>reformulation</u>. <i>Par exemple</i> : « <i>Pourrions-nous imaginer un être immoral qui soit serein et épanoui ?</i> » </span></font></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">* </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><span>·<span>                     </span></span></span><font face="Times New Roman"><b><span>Argumenter </span></b><span>: cela signifie bien entendu que <u>chaque idée devra être développée clairement</u>. <u>Aucun de vos arguments</u>, si bien choisi soit-il, <u>ne saurait être injustifié</u> : c’est l’exigence de clarté et de rationalité qui nous y contraint. Le pire serait de trouver dans un devoir de philo des <u>arguments d’autorité</u> (« <i>il faut</i> »… « <i>on doit</i> »), sans développement, ni explication, car <u>ce serait le comble de l’illégitimité intellectuelle</u>. <u>Cette idée pourra être illustrée par un</u> (des) <u>exemple</u>(s) <u>court</u>(s), mais ce n’est pas une obligation. Finalement, un argument est d’autant plus fort qu’il est accompagné et appuyé par la <u>thèse d’un auteur</u> ou par <u>une citation</u>. </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman">* </font></span></p>
<p></span></font><span><br />
</span><span><font face="Times New Roman"> </font></span><span><span><span>·<span>                     </span></span></span><font face="Times New Roman"><b><span>Construire</span></b><span> les développements du devoir pourra se faire à partir d’une <u>séquence alternée d’arguments</u> du type : </span></font></p>
<p></span><span><span>o<span>        </span></span></span><span><font face="Times New Roman">Premier argument (ou succession d’arguments) plutôt <u>idéaliste</u> ou <u>théorique</u> ; </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><span>o<span>        </span></span></span><span><font face="Times New Roman">Second argument (ou succession d’arguments) plutôt <u>matérialiste</u> ou <u>pragmatique</u> ; </font></span></p>
<p></font></span><span><span>o<span>        </span></span></span><span><font face="Times New Roman">Troisième argument (ou succession d’arguments) plutôt <u>réaliste</u> et <u>quotidien</u>. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">C’est votre <u>analyse des</u> <u>enjeux</u> de la question posée qui donnera d’abord tout son sens à votre argumentation ; de l’autre, vous donnerez d’autant <u>plus de force</u> à vos propos qu’ils seront <u>actualisés</u> ! </font></span></p>
<p></font></span><i><span><font face="Times New Roman">(NB : Il est tout à fait possible, et parfois souhaitable, que les deux premiers arguments soient inversés.) </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">* </font></span></p>
<p></font></span></i><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><span>·<span>                     </span></span></span><font face="Times New Roman"><b><span>Introduire et conclure </span></b><u><span>avec soin et précision</span></u><span> apportera à votre devoir encore plus d’<u>efficacité</u>. </span></font></p>
<p></span><span><span>o<span>        </span></span></span><span><font face="Times New Roman">En effet, l’introduction constitue le préambule de votre réflexion : plus elle sera <u>construite</u> et <u>précise</u>, plus le lecteur sera curieux de vous lire. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><span>o<span>        </span></span></span><span><font face="Times New Roman">Finalement, la qualité de la conclusion sera également essentielle parce que ce sera la touche finale que lira le correcteur avant de vous évaluer. En conclusion, il ne s’agira pas de résumer ce que vous venez d’écrire mais d’y <u>apporter un terme, une</u> <u>réponse</u> à la question initialement posée. </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Il est essentiel de <u>rédiger préalablement ces deux parties-clés du devoir au brouillon</u>, afin qu’ils soient particulièrement bien formulés. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">* </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Quoi qu’il en soit, n’oubliez jamais qu’<b>au départ, vous avez choisi de traiter une question, celle-ci devra faire émerger un problème </b>(un paradoxe ou une difficulté afférente à la question)<b> et, finalement, c’est vous qui amènerez le lecteur vers la problématique que vous avez choisie et qui traitera nécessairement des enjeux de la question posée. </b>Ces enjeux constituent la trame cachée de la question et, de ce faut, justifient que cette question se pose. <b>Ces enjeux</b> <b>sont </b>donc des problèmes <b>liés à la question</b> <b>en amont</b>, c&rsquo;est-à-dire à la <u>source</u> et à la <u>nature</u> <u>réelle</u> de la question posée ; <b>et</b> <b>en aval</b>, <u>aux conséquences</u> qu’aura telle prise de position quant à la question posée. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">* </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman">OBJECTIFS, ETAPES LOGIQUES et CONTENU d&rsquo;un DEVOIR de PHILOSOPHIE ? </font></span></p>
<p></span><b><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i></b><b><i><span><b><i><span><font face="Times New Roman">&laquo;&nbsp;Une question est philosophique parce qu&rsquo;elle s&rsquo;adresse à tous les hommes, remet en cause les idées toutes faites, les opinions et les réponses faciles. Elle implique des débats où chacun doit chercher des arguments rationnels et cohérents entre eux. Une question philosophique porte sur tous les aspects de l&rsquo;existence humaine et interroge l&rsquo;essence de leur réalité et leur sens. </font></span></i></b></p>
<p></span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"><b><i><u><span>La dissertation comme problème :</span></u></i></b><b><i><span> il n&rsquo;y a de problème que pour une pensée qui le produit &#8230; il est ce qui est &laquo;&nbsp;jeté devant soi&nbsp;&raquo;, il fait jaillir une difficulté. Il est la conscience d&rsquo;une alternative, oppose l&rsquo;esprit à lui-même &#8230; </span></i></b></font></p>
<p></span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"><b><i><u><span>Le texte comme exposé d&rsquo;un problème :</span></u></i></b><b><i><span> un auteur pose un problème dans son texte ; il s&rsquo;agit de l&rsquo;extraire, de le comprendre pour le traiter et montrer comment l&rsquo;auteur le traite. Un texte est une dissertation.&nbsp;&raquo; </span></i></b></font></p>
<p></span></i></b><i><span><font face="Times New Roman">Catherine PAULIN </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><i><span><br />
</span></i><i><span><font face="Times New Roman"> </font></span></i></p>
<p></font></span></i></p>
<table border="1" cellPadding="0" cellSpacing="3" class="MsoNormalTable">
<tr>
<td vAlign="top"><b><i><span><font face="Times New Roman"> </font></span></i></b></td>
<td vAlign="top"><b><i><span><font face="Times New Roman">DISSERTATION <b><i><span><font face="Times New Roman">Répondre à une question précise en la problématisant </font></span></i></b></p>
<p></font></span></i></b></td>
<td vAlign="top"><b><i><span><font face="Times New Roman">EXPLICATION de TEXTE <b><i><span><font face="Times New Roman">Organiser un débat conceptuel en restituant la<br />
problématique de l’auteur </font></span></i></b></p>
<p></font></span></i></b></td>
</tr>
<tr>
<td vAlign="top"><b><i><span><font face="Times New Roman">INTRODUCTION <b><i><span><font face="Times New Roman">Reformulation de la<br />
question posée en la transformant en<br />
problème selon la<br />
signification que vous<br />
voulez lui donner </font></span></i></b></p>
<p></font></span></i></b></td>
<td vAlign="top"><span><span>·<span>   </span></span></span><span><font face="Times New Roman">que vous vous engagerez à analyser dans sa dimension il s’agit de montrer les contradictions suscitées par la question posée, telles qu’elles se présentent dans notre jugement (présupposé) ; <span><span>·<span>   </span></span></span><span><font face="Times New Roman">avec vos propres concepts, vous reformulerez la question et la transformerez en un problème d’envergure philosophique. </font></span></p>
<p></font></span></td>
<td vAlign="top"><span><span>·<span>   </span></span></span><span><font face="Times New Roman">il s’agit, tout d’abord de faire apparaître la réflexion et l’argumentation résumées de l’auteur face au problème qu’il se pose ; <span><span>·<span>   </span></span></span><span><font face="Times New Roman">- vous devrez également resituer succinctement la question posée dans sa complexité et sa subtilité philosophique (vous préciserez éventuellement la place de cet argument dans l’œuvre et la réflexion globale de l’auteur<span>  </span>et dans le débat d’ensemble). </font></span></p>
<p></font></span></td>
</tr>
<tr>
<td vAlign="top"><b><i><span><font face="Times New Roman">CONCLUSION <b><i><span><font face="Times New Roman">Réponse à la question posée en introduction </font></span></i></b></p>
<p></font></span></i></b></td>
<td vAlign="top"><span><span>·<span>   </span></span></span><span><font face="Times New Roman">vous répondrez précisément à la question formulée en introduction ; <span><span>·<span>   </span></span></span><span><font face="Times New Roman">vous clôturerez le débat, même si votre réponse demeure prudente voire problématique. </font></span></p>
<p></font></span></td>
<td vAlign="top"><span><span>·<span>   </span></span></span><span><font face="Times New Roman">Il s’agira de réagir à la question problématisée par l‘auteur ainsi qu’aux caractéristiques de sa réflexion ; <span><span>·<span>   </span></span></span><span><font face="Times New Roman">Vous pouvez « ouvrir le sujet » vers des débats apparentés et suscités par le texte. </font></span></p>
<p></font></span></td>
</tr>
</table>
<p><span><font face="Times New Roman">&#8230; mais, soyons plus précis : </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">CONTENU du DEVOIR </font></span><span><font face="Times New Roman"><b><span><font face="Times New Roman">SUJET </font></span></b></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Les sujets de philo traitent toujours d&rsquo;un problème complexe : avez-vous saisi le sens caché de la question posée (ENJEUX) ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">- Puisque vous avez choisi tel sujet : il s&rsquo;agira de montrer que vous le traitez avec l&rsquo;importance que le problème mérite. </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">- Ne supposez pas le sujet connu du correcteur même s&rsquo;il l&rsquo;est, car chacun peut attribuer un sens différent à la question posée. Au contraire, c&rsquo;est vous qui en déterminerez les contours et en ferez une &laquo;&nbsp;affaire personnelle&nbsp;&raquo;. </font></span><span><font face="Times New Roman"><b><span><font face="Times New Roman">INTRODUCTION </font></span></b></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Celle-ci devra d&rsquo;abord bien révéler le point de départ de votre réflexion. Une grande question (ou plusieurs courtes se rapportant strictement au sujet) devra y être posée : c&rsquo;est la reformulation du sujet choisi qui vous guidera tout au long du devoir. Vous avez intérêt à procéder à partir d&rsquo;une opinion habituelle ou d&rsquo;un exemple tiré de la vie quotidienne pour &laquo;&nbsp;planter le décor&nbsp;&raquo;. Mais, montrez aussitôt la difficulté posée par le problème soulevé : son ambiguïté, son paradoxe éventuel et ses enjeux. Si vous faites cela, les définitions seront établies et le débat commencera d&rsquo;emblée. </font></span><span><font face="Times New Roman"><b><span><font face="Times New Roman">PLAN (DISSERTATION) </font></span></b></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Les différentes parties du travail doivent effectivement se distinguer autant par la forme (lignes passées) que par le contenu. Chaque raisonnement s&rsquo;organise à partir des concepts et est illustré par des exemples. Les commentaires d&rsquo;auteurs sont plus que bienvenus. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">La première partie évoquera l&rsquo;aspect le plus évident de la question. </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">La seconde (antithèse) s&rsquo;y opposera avec des arguments progressifs et adéquats. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Apportez un soin tout particulier à la troisième qui révèlera votre savoir-faire philosophique : capacité à faire &laquo;&nbsp;décoller&nbsp;&raquo; le sujet vers des horizons différents et une réflexion plus dense (le sujet pourra alors être traité sur le plan ontologique, esthétique, éthique ou métaphysique. Essayez en tous cas de sortir des sentiers battus. </font></span></p>
<p></font></span><b><span><font face="Times New Roman">PLAN (COMMENTAIRE) deux manières de procéder : </font></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><span><span>-<span>          </span></span></span><span>Méthode la plus « scolaire » : le développement est fait en deux parties qui doivent effectivement se distinguer autant par la forme (lignes passées) que par le contenu. La première partie (&laquo;&nbsp;étude ordonnée&nbsp;&raquo;) consiste à <u>analyser le texte</u>. Il ne s&rsquo;agit surtout pas de paraphraser mais de reconstituer avec vos termes la trame conceptuelle du texte selon sa progression logique (pas forcément dans l&rsquo;ordre linéaire du texte). La seconde partie (&laquo;&nbsp;intérêt philosophique&nbsp;&raquo;) <u>reprendra les principaux concepts et débattra de l’intérêt</u> qu’ils présentent dans la continuité discursive du texte. </span></font></p>
<p></font></span></b><font face="Times New Roman"><span><span>-<span>          </span></span></span><span>Méthode « dialectique » : L’étude ne sera pas forcément linéaire mais <u>respectera les ruptures conceptuelles</u> que vous avez identifiées dans le texte. L’essentiel est de <u>repérer</u> avec précision et pertinence les principaux éléments de l’argumentation, de les <u>définir</u>, d’en <u>débattre</u>. </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman">Dans les deux cas, vous tâcherez de mener un débat entre différentes thèses d&rsquo;auteurs tout en analysant le texte dans son intégralité. Comme pour la dissertation, cette partie révèlera votre savoir-faire philosophique. Particulièrement votre capacité à analyser très précisément le texte et l’argumentation de l’auteur, à en rendre compte, à en justifier la progression. </font></span></p>
<p></span></font><b><span><font face="Times New Roman">CONCLUSION </font></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Elle devra comporter une réponse synthétique et personnelle à la question annoncée dès l&rsquo;introduction et qui a été traitée dans l&rsquo;ensemble du travail. Ces quelques lignes ne reprennent pas les développements antérieurs détaillés mais elles exposent les éléments ultimes auxquels vous parvenez grâce aux démonstrations. </font></span></p>
<p></font></span></b><span><font face="Times New Roman">* </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">COMMENT S&rsquo;ORGANISER lors d&rsquo;un DEVOIR de QUATRE HEURES ? </font></span></p>
<p></font></span><font face="Times New Roman"><b><span>ANALYSE &#8211; Phase Préparatoire</span></b><span> (Prévoir une demi-heure au plus) : </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman">En fonction des chapitres du programme, vous réfléchirez d&rsquo;abord au sens des concepts utilisés en procédant à une <b>analyse préalable des termes</b> contenus dans le libellé du sujet. </font></span></p>
<p></span></font><span><font face="Times New Roman">Durant l&rsquo;année scolaire, les cours suivis en classe et vos lectures vous apporteront de plus en plus d&rsquo;éléments conceptuels pour procéder à cette analyse et l&rsquo;enrichir. </font></span><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><b><span>COORDINATION Conceptuelle &#038; Constitution du PLAN</span></b><span> (Prévoir une heure au plus) : </span></font></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Il s&rsquo;agit de <b>raisonner en mettant les concepts définis en relation entre eux</b>. Dans le devoir rédigé, le correcteur sera particulièrement attentif à cette phase du travail. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Vous rédigerez ensuite un plan succinct afin d&rsquo;avoir constamment sous les yeux la progression à suivre. </font></span></p>
<p></font></span><font face="Times New Roman"><b><span>REDACTION<span>  </span>et Mise au Propre</span></b><span> (Prévoir deux heures et demie au moins) : </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman">Il faudra d&rsquo;abord <b>rédiger soigneusement, au brouillon, l&rsquo;introduction et<br />
la conclusion<span>. A</span><span> ce stade de la préparation, il est important que vous sachiez assez précisément quelle solution apporter. Ensuite, </span>vous rédigerez directement au propre en fonction du plan prévu</b>. </font></span></p>
<p></span></font><i><span><font face="Times New Roman">N&rsquo;oubliez jamais de vous relire (corrigez l&rsquo;orthographe et l&rsquo;expression). </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"> </font></span></i><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><b><i><span><br />
</span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"> </font></span></i></b></p>
<p></span></p>
<h2><span><em><font size="2">CORRIGES RESUMES de DEVOIRS </font></em></span></h2>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><i><span><font face="Times New Roman">(Les arguments et concepts proposés ne sont ni nécessaires, ni suffisants, mais ils constituent des indications de solutions possibles. Dans un devoir détaillé, ils devraient être accompagnés d&rsquo;exemples précis et d&rsquo;argumentations complètes) </font></span></i></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></span><b><span><font face="Times New Roman">&laquo;&nbsp;Penser est-ce se risquer ?&nbsp;&raquo; </font></span></b></p>
<p><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman">INTRODUCTION <i>(ne pas écrire &laquo;&nbsp;introduction&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;mise en situation&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;présupposé&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;limite&#8230;&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;problématique&nbsp;&raquo;, ne pas souligner les concepts qui serviront dans les développements ultérieurs) </i></font></span></p>
<p></span><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i><i><span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>mise en situation </b><i>(le cadre dans lequel on situe le présupposé) </i>: </font></span></p>
<p></span></i><span><font face="Times New Roman">Si ni les historiens ni Platon, son disciple, ne se trompent : il y a vingt-quatre siècles, un Grec peu ordinaire a mis en oeuvre une démarche pédagogique humble mais originale. Il y a perdu sa propre vie mais gagné le Parnasse des martyrs de<br />
la pensée. Socrate aurait, en effet, été condamné à mort pour avoir osé critiquer les croyances de la cité et aidé les jeunes Athéniens à réfléchir librement. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>présupposé</b> <i>(la réponse que sous-entend immédiatement le sujet, avant tout examen critique et qui constituera la trame de la première partie du débat) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">A première vue, n&rsquo;est-ce pas cela réellement se mettre en danger : risquer sa peau, s&rsquo;engager, quitte à se dévoiler et à <u>se rendre vulnérable </u>? Alors, on peut se demander <u>comment s&rsquo;opposer </u>politiquement à un tyran ? <u>Comment s&rsquo;opposer </u>intellectuellement, religieusement ou moralement à la force d&rsquo;une pensée adverse dominante ? Est-ce nécessairement dangereux ? Comment affirmer ses idées voire son génie lorsque l&rsquo;opposition est bien réelle ? Et <u>pour quoi </u>le faire ? N&rsquo;est-ce pas le plus souvent pour la défense d&rsquo;idées, de valeurs différentes que l&rsquo;on entame une telle démarche ? N&rsquo;est-ce pas pour instaurer une pensée autre, un discours autre ? </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>limite du présupposé</b> <i>(ambiguïté(s) ou paradoxe(s) du sujet qui présente un aspect contradictoire à l&rsquo;examen plus approfondi et<span>  </span>qui constituera la trame de la seconde partie du débat) </i>: </font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">Mais, qui est volontaire pour aller aussi loin dans <u>l&rsquo;épreuve</u> ? En avons-nous même l&rsquo;intention ? Ne faut-il pas nous avouer qu&rsquo;il ne semble plus guère y avoir de danger réel à notre époque et sous nos latitudes en pleine liberté d&rsquo;expression démocratique, religieuse et morale ? Ou alors celui-ci ne serait-il pas insignifiant comparé à ce que nos ancêtres ont connu ou à ce que certains contemporains éprouvent ailleurs? </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Alors, si la prise de risque est bien <u>le lourd tribut à payer </u>pour oser aller au combat : comment appréhender aujourd&rsquo;hui pareille bataille qui n&rsquo;a, semble-t-il, plus de réelle raison d&rsquo;être ? Contre quoi une pensée nouvelle se bat-elle de nos jours ? Une quelconque <u>nouveauté de la pensée </u>est-elle d&rsquo;ailleurs possible ou d&rsquo;actualité ? </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman"><span>            </span><b>problématique</b> <i>(on questionne le sujet afin d&rsquo;en dégager toutes les dimensions exploitables, les enjeux, sans démontrer ni répondre : c&rsquo;est ce qui constituera la trame de la troisième partie du débat) </i>: </font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">Ainsi, d&rsquo;une part, ne peut-on se demander, avant même qu&rsquo;une pensée ou qu&rsquo;un acte ne s&rsquo;extériorise, s&rsquo;il ne faut pas examiner un danger élémentaire : celui qui réside dans le fait d&rsquo;oser penser différemment ou d&rsquo;oser critiquer et de choisir des options inattendues. En effet, si je m&rsquo;insurge simplement contre un préjugé, une croyance ou une conviction établis : par exemple, contre le sens habituel, banal attribué au sujet de dissertation que je traite ici ; n&rsquo;est-ce pas risquer de ne plus être conforme à ce que les autres attendent de moi ? Le prix fort à payer, ne résiderait-il pas dans l&rsquo;anticipation que je peux faire de la <u>reconnaissance</u> des autres ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">D&rsquo;autre part, ne peut-on également s&rsquo;inquiéter de ce que je doive, seul, affronter avec courage mes contradictions intérieures : celles qui constituent ma propre personnalité. Ne risquerai-je pas de remettre en cause l&rsquo;intégrité de ma propre <u>identité </u>? </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Finalement, et au-delà de cela, si la prise de parole responsable, le comportement autonome ou l&rsquo;action politique originale constituent aujourd&rsquo;hui, semble-t-il, un danger très limité, voire inexistant, n&rsquo;est-ce pas précisément parce que le cadre, par exemple politique, a changé. La démocratie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, mais aussi la société moderne,<span>  </span>ne serait-elle pas devenue un modèle de banalisation et de <u>neutralisation</u> de tout débat ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Bref, peut-on penser sans se risquer ? </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">*************** </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">DEVELOPPEMENT <i>(NB : ne pas indiquer les parties ni les transitions, mais séparer seulement les paragraphes) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>première partie</b> <i>(argumentation autour de la réponse que sous-entend immédiatement le sujet) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Qu&rsquo;est-ce que réellement, concrètement <u>se mettre en danger</u> ? Socrate l&rsquo;a fait, bien sûr, mais aussi les anonymes ou obscurs opposants aux dictatures politiques. Sûrs de leur fait, certains ne faisaient que s&rsquo;opposer ainsi, parfois avec une certaine inconscience, aux autorités obtuses de leur pays. D&rsquo;autres, comme Descartes prirent des risques beaucoup plus calculés en ne publiant leurs oeuvres qu&rsquo;à grands renforts de protections et de subtiles modérations. Quel enjeu cela recouvrait-il ? N&rsquo;y a-t-il pas, derrière autant d&rsquo;audace une certitude profonde ? Celle de vouloir faire partager par ses semblables une découverte sans prix, un trésor jusque-là caché ? Lorsque nous sommes certains d&rsquo;être dans le vrai, n&rsquo;y a-t-il pas quelque allégresse oblative à l&rsquo;idée de communiquer ce que nous souhaitons mettre à la disposition des autres ? Toutefois, le danger peut s&rsquo;avérer bien réel. Faudra-t-il user de ruse, de non-violence, d&rsquo;une plume vengeresse, de discours sibyllins, là où la vérité ne se laisse pas entendre aisément ? </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman">Mais, <u>comment</u> s&rsquo;opposer aux &laquo;&nbsp;intégristes&nbsp;&raquo; de tous poils ? Comment être femme afghane face aux Talibans, être modéré face aux intégristes algériens ou aux fanatiques serbes ou kosovars ? Et puis il y a, entre autres, les Galilée, Spinoza, Camille Claudel, Husserl, Freud, Arendt, Gandhi, M.-L. King, Mandela ou Rushdie qui ont vu leur pensée accusée, leurs écrits brûlés, leur carrière interrompue. Elles et ils connurent la prison, l&rsquo;exil, l&rsquo;oubli, l&rsquo;ignorance, la folie, la traque continuelle, voire même l&rsquo;assassinat pur et simple. L&rsquo;évolution de toute culture n&rsquo;est-elle pas à ce prix ? Doit-on prêcher la valeur du martyre, de la guerre ou du conflit pour assurer à terme l&rsquo;amélioration des modes de pensée de notre civilisation ? Y a-t-il un rôle civilisateur de la guerre, par exemple ? Mais toute guerre, tout conflit, tout martyre n&rsquo;est-il pas l’œuvre de personnes qui se battent, peuvent y laisser individuellement leur peau et même demeurer ignorées dans un paradoxe aussi unique et mystérieux que celui, posthume, du soldat inconnu. </font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">Alors <u>pourquoi</u> risquer son existence pour des idées ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Car, symétriquement, les risques personnels ne sauraient être ignorés. Ainsi, Descartes, juste après la tourmente des procès Galilée, ne fait-il pas tout dans ses correspondances avec Mersenne, Hobbes et bien d&rsquo;autres afin de dissiper les malentendus quant aux interprétations hérétiques de sa pensée si originale pour l&rsquo;époque et si authentiquement importante et vraie pour l&rsquo;histoire des idées ? Etablir la vérité : cela ne supposerait-il pas le conflit des idées ? Précisément, parce qu&rsquo;à l&rsquo;inverse, l&rsquo;absence de mise en contradiction de la pensée serait synonyme d&rsquo;absence de dynamique, de non &#8211; cheminement, c&rsquo;est-à-dire de l&rsquo;inexistence de moyens nouveaux de progression vers la vérité ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i></p>
<p></font></span><font face="Times New Roman"><i><span>Transition (rupture dans l&rsquo;argumentation) : </span></i><span>Mais puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;approche de la vérité et que celle-ci est particulièrement fondamentale parce que dotée de multiples conséquences pour l&rsquo;élaboration de la connaissance : pourquoi cette quête devrait-elle avoir un prix ? </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></span></font><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>seconde partie</b> <i>(argumentation autour de la limite du présupposé ou de sa faiblesse) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Pour de très nombreux penseurs, la recherche de la vérité constituerait donc une <u>épreuve</u>. Comment admettre alors qu&rsquo;il faille aller aussi loin dans cette <u>épreuve</u> ? Loin au point, éventuellement, d&rsquo;être prêt à y faire le sacrifice de sa propre vie ? Comment peut-on en avoir même l&rsquo;intention ? Et, à l&rsquo;inverse, ne faut-il pas nous avouer qu&rsquo;il ne semble plus guère y avoir ni danger réel ni danger intellectuel sous nos latitudes en pleine liberté d&rsquo;expression démocratique, religieuse et morale ? Qu&rsquo;après tout la sécurité de nos personnes est le plus souvent garantie ? Que sous son angle politique, l&rsquo;affaire est entendue, au moins théoriquement, depuis le XVIIe siècle grâce au contrat social proposé par Hobbes pour nous assurer le droit à la sécurité de chaque citoyen face à ses congénères moyennant la perte d&rsquo;une petite part de notre liberté : le droit d&rsquo;agression ? En conséquence, la notion même de danger objectif, de personne à personne, ne serait-elle pas devenue presque désuète, voire insignifiante, en comparaison avec ce que nos ancêtres ont connu ou à ce que certains contemporains éprouvent ailleurs dans le monde ? Aujourd&rsquo;hui, chez nous, le danger d&rsquo;agression semble s&rsquo;être déplacé, vers un ailleurs. Mais, aujourd&rsquo;hui, le danger physique, celui qui mettrait en danger la liberté d&rsquo;expression, ce danger-là semble nettement écarté. Nous avons le privilège d&rsquo;être dans des conditions de paix indiscutables mais très chèrement gagnées, et, de ce fait, pour nous-mêmes, nous n&rsquo;avons plus besoin de soldatesque assurant notre défense. </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman">Car c&rsquo;est d&rsquo;abord cela la prise de risque, c&rsquo;est d&rsquo;abord la solde que le militaire reçoit en échange de la mise en danger de sa propre existence. Dans ce cas-là, il y a bien alors un <u>lourd tribut à payer</u> pour oser aller au combat. Comment appréhender aujourd&rsquo;hui pareille bataille qui n&rsquo;a, semble-t-il, plus de réelle raison d&rsquo;être ? En réalité, la crise économique, par exemple ou la crise de l&rsquo;information &#8211; trop de moyens de diffusion libres mais incontrôlables -, font planer un tout autre danger sur notre civilisation : celui de mettre en difficulté tous et chacun par un autre biais que la tyrannie du prince d&rsquo;autrefois. Ainsi, par exemple, il existerait des dangers symboliques liés aux bouleversements structurels que la crise économique fait courir à la filière de l&rsquo;emploi, depuis les parcours d&rsquo;études semés d&rsquo;embûches imprévues, jusqu&rsquo;aux licenciements économiques inopinés qui mettent brusquement et prématurément fin à une carrière brillante, en passant par les rachats impersonnels d&rsquo;entreprises en perdition par des multinationales souvent sans scrupules. La dictature de la pensée unique menacerait, chez nous, bien davantage nos êtres spirituels ou notre dimension symbolique, que notre personne physique. Libres, oui nous le serions mais sous condition d&rsquo;accepter les modes de communication et de consommation inculqués et qui nous ont endoctrinés dès l&rsquo;enfance. Contre quoi, alors, une pensée nouvelle se battrait-elle de nos jours ? Sinon contre une incroyable propagande visant à déstabiliser chacun afin que certains désastres économiques profitent aux stratèges de quelque entreprise qui aurait opportunément le vent en poupe ? De ce fait, chacun doit sauver sa peau. Symboliquement, chacun serait alors bien en danger : nous serions tous devenus soldats concernés par le devenir d&rsquo;une société qui attendrait de tous et de chacun qu&rsquo;elle ou il se batte quotidiennement pour maintenir son emploi, pour préserver ses valeurs, pour éviter un endoctrinement pernicieux et puissant. </font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman">Comment, dans ces conditions nouvelles que notre système démocratique aurait engendrées, une quelconque <u>nouveauté de la pensée</u> serait-elle possible ou d&rsquo;actualité ? C&rsquo;est ce qu&rsquo;il nous faudra envisager, en prenant, comme toujours, le risque constant de nous tromper à tout instant. Penser autrement, n&rsquo;est-ce pas impossible si tout le système inquiète par sa formidable capacité à subjuguer les esprits, à les mettre en situation de ne pas pouvoir efficacement réagir ? Preuve en est que si les gens désœuvrés, malgré eux, pour cause de crise économique s&rsquo;unissaient face à cette crise, ils constitueraient la plus formidable puissance de réaction face au désenchantement politique. Or nous savons qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien. Trop souvent, le RMIste ne se désole que d&rsquo;une chose c&rsquo;est de ne plus avoir les moyens de s&rsquo;insérer dans le système pour consommer comme tous et chacun. Les médias s&rsquo;acharnent à lui démontrer que la crise est mondiale et que sa désolation ne saurait être que de longue durée tout comme sa perte d&rsquo;emploi. Et, trop souvent encore, il </font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">a honte. Il ne bénéficie d&rsquo;aucune reconnaissance sociale n&rsquo;étant pas productif et, souvent, d&rsquo;une absence quasi-absolue de solidarité. Pas de compassion pour les exclus du système ! Alors, une pensée nouvelle ne devrait-elle pas être basée sur de tout autre rapport que notre société oublie depuis qu&rsquo;elle ne s&rsquo;occupe essentiellement que d&rsquo;assurer la pérennité de sa puissance économique et, accessoirement, de légiférer symboliquement sur les relations humaines. Depuis que les relations interpersonnelles sont surtout réglées par le juridique, n&rsquo;a-t-on pas perdu de ce fantastique élan de solidarité, de compassion, de cette formidable chaîne humaine qui exista, il y a longtemps chez nous en termes d&rsquo;humanité. Ne peut-on œuvrer à la promotion de valeurs essentielles ? Pourquoi n&rsquo;agirait-on pas comme si la fraternité dont il est question au fronton de nos mairies n&rsquo;était plus un vain mot ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i></p>
<p></font></span><font face="Times New Roman"><i><span>Transition<span>  </span>(rupture dans l&rsquo;argumentation) : </span></i><span>Mais, là, nous nous heurtons frontalement à un mur infiniment plus résistant que celui qui fut abattu à Berlin voici dix ans Cet obstacle extrêmement puissant est à l&rsquo;intérieur de nous-mêmes. Kant ne disait-il pas, en substance, que l&rsquo;homme est fait d&rsquo;un bois si tordu qu&rsquo;il est bien difficile de le faire marcher tout à fait droit ? Alors, ne nous faudrait-il pas questionner les degrés de profondeur parfois abyssale du danger de réfléchir et examiner la diversité de risques qui ne viendraient pas que de l&rsquo;extérieur ? </span></font><font face="Times New Roman"><span><u><span><span><font face="Times New Roman"></font></span></span></u></p>
<p></span></font><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>troisième partie</b> <i>(argumentation autour du questionnement du sujet) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Ainsi, d&rsquo;une part, si je m&rsquo;insurge simplement contre une pensée établie, de toute évidence, ne risquerai-je pas de déplaire, de ne plus être en conformité avec ce que les autres attendent de moi ? Le prix fort à payer, déjà dans ce travail, ne vient-il pas de ce que j&rsquo;anticipe sur la <u>reconnaissance</u> des autres ou, pire leur <u>non-reconnaissance </u>? Cette absence de reconnaissance ne me serait-elle pas réservée et précisément défavorable lorsque j&rsquo;afficherai une indépendance d&rsquo;esprit jugée non-conforme voire dangereuse ? A l&rsquo;inverse, ne serait-elle pas seulement favorable lorsqu&rsquo;elle contribue, comme toute pensée nouvelle, à l&rsquo;évolution des connaissances et des techniques ? En effet, si je jouais individuellement le jeu et m&rsquo;inscrivais nettement dans le processus de production, à l&rsquo;instar de ce que Freud nomme la capacité de sublimation dont notre civilisation est tellement demandeuse, ne risquerai-je pas de vivre constamment dans un malaise ? Celui de ne travailler qu&rsquo;à l&rsquo;épuisement de ma personne, à la vider de toute sa substance créatrice, à l&rsquo;exploiter de sorte que le seul bénéficiaire de l&rsquo;opération ne soit pas moi, le sujet productif lui-même, mais la civilisation à laquelle je dévoue toute mon énergie ? Ainsi, le choix devant lequel je me trouve en matière de risque ne serait-il pas aporétique ? </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman">Sans issue car, par le seul fait que je m&rsquo;autorise l&rsquo;épreuve du désir de contredire ou de la passion critique en contradiction avec ma conscience et ma volonté, ne risquerai-je pas de remettre en cause l&rsquo;intégrité de ma propre <u>identité</u>. Présentée ainsi, en effet, la difficulté à laquelle nous nous heurtons est emblématique de notre propre contradiction intérieure. Si je recherche une quelconque reconnaissance des autres dans leur regard, c&rsquo;est vraisemblablement parce que je joue avec mon identité. C&rsquo;est moi-même qui suis mis en cause, ultimement. Plus que tout je ne peux me constituer comme être à part entière que, précisément, parce que je me réserve ma place, cette place que j&rsquo;ai chèrement gagnée en dépit de tout. Je prétends donc la défendre, quoi qu&rsquo;autrui en pense, j&rsquo;y tiens. Non par dérive paranoïaque &#8211; &laquo;&nbsp;seul contre tous&nbsp;&raquo; &#8211; mais plus simplement parce que j&rsquo;estime mon système de pensée et d&rsquo;action, bref, mes valeurs, défendables et cohérentes. Le siècle des Lumières nous a bien enseigné qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;avoir le courage de se servir de son propre entendement, quitte à être le vilain petit canard ou le bouc émissaire. N&rsquo;a-t-on pas le droit légitime de croire en soi ? Même lorsque notre environnement ne l&rsquo;entend pas de cette oreille au nom de la tristement fameuse pensée unique. </font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman">Car, originellement agressive &#8211; Socrate n&rsquo;a-t-il pas été condamné par une sorte de &laquo;&nbsp;tribunal populaire&nbsp;&raquo; ? &#8211; la démocratie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, mais aussi la société moderne,<span>  </span>ne serait-elle pas devenue finalement un modèle aseptisé, voire <u>neutralisé,</u> de débat ? Le lieu d&rsquo;un redoutable aplanissement des valeurs<span>  </span>qui poserait précisément plus de questions que jamais, parce que le risque réel n&rsquo;existerait plus ? Il n&rsquo;y aurait plus que du risque fictif, comme dans une guerre où l&rsquo;on filmerait ses propres frappes aériennes &laquo;&nbsp;chirurgicales&nbsp;&raquo; comprises par l&rsquo;agresseur comme une sorte de simulation, une attaque fantôme ; comme dans un jeu de combat vidéo où l&rsquo;habileté technique deviendrait primordiale ou encore comme dans une sorte de saut à l&rsquo;élastique où nous serions complètement assurés de nous donner des sensations fortes moyennant un minimum de prise réelle de risque ? Cette impuissance à véritablement affronter les difficultés, à les édulcorer, n&rsquo;est-elle pas affligeante parce que, précisément, elle relève davantage d&rsquo;un simulacre d&rsquo;existence que d&rsquo;une réelle volonté de prendre en main son propre destin. Ainsi, ne serait-il pas infiniment plus dangereux pour l&rsquo;intégrité de ma personnalité et, partant, de mes relations à autrui, de ne pas oser confronter ma pensée à celle d&rsquo;autrui, de ne pas vouloir débattre, de ne plus questionner ma pensée plutôt que l&rsquo;inverse ? Pour moi, la réponse est toute trouvée, comme le disait Tennyson :<i>&laquo;&nbsp;Je ne voudrais pas me dire au soir de ma vie que je n&rsquo;ai pas vécu&nbsp;&raquo;. </i></font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">*************** </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">CONCLUSION <i>(réponse à la question posée en introduction) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">L&rsquo;opposition qu&rsquo;affronta Socrate dans une société qui voulut le faire disparaître et le condamna au suicide pour avoir osé penser autrement, cette opposition ne semble plus être d&rsquo;actualité. Pourtant, aujourd&rsquo;hui, si notre société ne condamne plus à la mort physique, et qu&rsquo;elle ignore souvent les contradicteurs en les ré assimilant, ne doit-on pas se poser la question de savoir s&rsquo;il n&rsquo;est pas infiniment plus risqué de ne pas penser, de ne pas critiquer les valeurs implicites d&rsquo;une société ? Valeurs que nous avons le devoir, légitime et moral, de dénoncer et, que, grâce aux sacrifices de nos ancêtres nous sommes désormais en droit, par la loi, de désapprouver. De ce fait, l&rsquo;actualité de la démarche socratique deviendrait aveuglante. Mourir pour ses idées serait impensable au sens physique du terme mais le courage d&rsquo;user de notre propre jugement n&rsquo;aurait jamais été aussi urgent, au plan symbolique. Alors, soyons donc plus audacieux que jamais en osant le geste de Socrate : penser autrement quitte à être désapprouvés. Dans quel domaine ? Sur quel plan ? Notre civilisation nous donne parfois le sentiment de se comporter comme une véritable thanatocratie. En effet, sous la forme des moyens militaires que le progrès technique a lui-même créés, et au-delà de ces seuls progrès scientifiques ou techniques qui, permirent depuis le premier conflit mondial surtout, la destruction massive de millions d&rsquo;humains et qui en tue chaque jour des milliers d&rsquo;autres sans distinction de sexe, d&rsquo;âge, d&rsquo;ethnie, de religion et de valeur ; la solidarité et la fraternité humaine combatives ne seraient-elles pas le plus vrai et le plus beau progrès moral moderne ? Ce progrès n&rsquo;a-t-il pas encore et toujours plus de prix et surtout d&rsquo;actualité ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Effectivement, penser c&rsquo;est se risquer surtout symboliquement ; mais, encore une fois, n&rsquo;est-ce pas ce que je viens de faire ici ?<u> </u></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">* </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><b><span><font face="Times New Roman">PROPOSITION de CORRIGE de COMMENTAIRE de TEXTE de Henri BERGSON (1859-1941) </font></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><b><span><font face="Times New Roman">extrait de &laquo;&nbsp;L&rsquo;Evolution créatrice&nbsp;&raquo;, p.5 &laquo;&nbsp;De la durée en général&nbsp;&raquo; &#8211; 1907 / P.U.F. 1969 </font></span></b></p>
<p></font></span></b><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i><i><span><i><span><font face="Times New Roman">Dégagez l&rsquo;intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée : </font></span></i></p>
<p></span></i><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><b><span><font face="Times New Roman">&laquo;&nbsp;En réalité, le passé se conserve de lui-même, <u>automatiquement</u>. Tout entier, sans doute, il nous suit à tout instant : ce que nous avons senti, pensé, voulu depuis notre première enfance est là, penché sur le présent qui va s&rsquo;y joindre, pressant contre la porte de la conscience qui voudrait le laisser dehors. <u>Le mécanisme cérébral</u> est précisément fait pour en refouler la presque totalité dans l&rsquo;inconscient et pour n&rsquo;introduire dans la conscience que ce qui est de nature à éclairer la situation présente, à aider l&rsquo;action qui se prépare, à donner enfin un travail <i>utile</i>. Tout au plus des <u>souvenirs de luxe</u> arrivent-ils, par la porte entrebâillée, à passer en contrebande. Ceux-là, messagers de l&rsquo;inconscient, nous avertissent de ce que nous traînons derrière nous sans le savoir. Mais, lors même que nous n&rsquo;en aurions pas <u>l&rsquo;idée distincte</u>, nous sentirions vaguement que notre passé nous reste présent. Que sommes-nous, en effet, qu&rsquo;est-ce que <u>notre <i>caractère</i></u>, sinon la condensation de l&rsquo;histoire que nous avons vécue depuis notre naissance ?&nbsp;&raquo; </font></span></b></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">*************** </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">INTRODUCTION <i>(ne pas écrire &laquo;&nbsp;introduction&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;pourquoi &#8230;&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;quoi &#8230;&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;comment &#8230;&nbsp;&raquo;, débat &#8230;&nbsp;&raquo;, ou &laquo;&nbsp;alternative &#8230;&nbsp;&raquo;) </i></font></span><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>pourquoi : </b>quelle question l&rsquo;auteur formule-t-il ? <i>(celle que sous-entend immédiatement le texte de l&rsquo;auteur) </i>: </font></span></p>
<p></i></font></span><span><font face="Times New Roman">Lorsque je me souviens d&rsquo;un fait : d&rsquo;où cela vient-il, pourquoi me souviendrais-je de ceci plutôt que de cela, comment mon psychisme fonctionne-t-il à cet égard ? Quelle importance le passé revêt-il par rapport au moment présent ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>quoi : </b>synthétiquement, que répond l&rsquo;auteur à cette question ? <i>(la réponse défendue par l&rsquo;auteur, avant tout examen critique et qui constituera la trame de la partie d&rsquo;exposition du débat) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Auteur pragmatique et moderne, Bergson nous propose une réponse à ces questions dans un passage de son oeuvre consacré au mécanisme de rappel du passé. D&rsquo;après lui, il semblerait que le passé se conserve automatiquement et intégralement et qu&rsquo;il constitue une sorte de réservoir de souvenirs disponibles. Le moment venu, les souvenirs les plus utiles, ceux qui sont nécessaires viendraient se greffer sur la réflexion ou l&rsquo;action présente afin <i>&laquo;&nbsp;d&rsquo;éclairer la situation&nbsp;&raquo; (l.5). </i></font></span></p>
<p></font></span><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i><i><span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>comment : </b>structurellement, de quelle manière l&rsquo;auteur organise-t-il sa réponse ? <i>(rigueur et cohérence de la réponse que l&rsquo;auteur aborde) </i>: </font></span></p>
<p></span></i><span><font face="Times New Roman">A la façon d&rsquo;une mémoire électronique, l&rsquo;inconscient bergsonien conserverait donc, ma vie durant, les données de toute mon existence et l&rsquo;oubli serait une fonction nécessaire simplement pour pouvoir se consacrer plus efficacement à la tâche présente sans qu&rsquo;elle soit gênée par un excès d&rsquo;informations inutiles. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>débat : </b>quelles objections pourrait-on opposer à l&rsquo;auteur ? <i>(mise en difficulté de la thèse de l&rsquo;auteur : ambiguïtés ou paradoxes du texte qui présente des aspects contradictoires, on définit ainsi la limite de la réponse de l&rsquo;auteur, sa faiblesse en questionnant cette réponse, c&rsquo;est ce qui enrichira la partie critique du débat afin de dégager toutes les dimensions exploitables, les enjeux, sans démontrer ni répondre pour l&rsquo;instant) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Or, présentée telle quelle, la thèse de Bergson laisserait dans l&rsquo;ombre certaines difficultés qu&rsquo;il s&rsquo;agirait de résoudre. En effet, nous savons bien qu&rsquo;il y a des disfonctionnements de la mémoire et que certains souvenirs sont très difficiles, voire impossibles à rappeler, alors que d&rsquo;autres se présentent à l&rsquo;esprit de façon tout à fait inappropriée. Il serait donc intéressant de comprendre ce qui opère le tri, exactement : s&rsquo;agit-il d&rsquo;un mécanisme conscient et volontaire ? Par ailleurs, nous savons également par expérience personnelle, que postuler l&rsquo;existence d&rsquo;un domaine inconscient inaccessible à ma conscience constitue un danger. On pourrait alors supposer qu&rsquo;il peut y avoir capitulation de la volonté, du contrôle de soi. Autrement dit : qui ou quoi pilote le navire de ma personnalité ? </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>alternative : </b>comment l&rsquo;auteur répondrait-il aux objections que l&rsquo;on pourrait lui faire ? <i>(limites de la mise en difficulté de la thèse de l&rsquo;auteur : sa ou ses réponse(s) possible(s), cela constituera la trame de la partie critique du débat) </i>: </font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">Or Bergson semble bien signifier que notre personnalité entière serait l’œuvre de notre mémoire inconsciente : une condensation de notre histoire vécue depuis l&rsquo;enfance. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">*************** </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman">DEVELOPPEMENT <i>(NB : ne pas indiquer les parties, ni les transitions qui la constituent, mais séparer seulement les paragraphes) </i></font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>première partie : ambiguïté des concepts centraux du texte </b><span> </span><i>(saisir l&rsquo;entrecroisement de concepts horizontalement ou linéairement dans la continuité du texte d&rsquo;une part ; et, d&rsquo;autre part, verticalement, ou comment ils s&rsquo;organisent en degrés de profondeur) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Trois grands regroupements conceptuels retiendront tout particulièrement notre attention. </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Tout d&rsquo;abord, deux d&rsquo;entre eux traitent du même aspect du problème. Nous notons, en effet, que, d&rsquo;après Bergson, l&rsquo;organisation de notre mémoire et, partant, de notre personnalité tiendrait à <i>un mécanisme cérébral (l.4). </i>L&rsquo;auteur met ici en avant l&rsquo;aspect machinique du système mental humain : on y trouve des <i>automatismes (l.1) </i>liés à la <i>conservation </i>des souvenirs <i>(l.1)</i>. Il y a aussi une <i>porte (l.3) </i>derrière laquelle le passé, constitué de nos souvenirs, exerce des <i>pressions (l.3). </i>A l&rsquo;instar d&rsquo;une gigantesque machinerie, notre mémoire produit un <i>travail utile (l.6), </i>fonctionne correctement : tout y est bien huilé. C&rsquo;est ici d&rsquo;un vocabulaire de la mécanique qu&rsquo;il s&rsquo;agit comme s&rsquo;il ne manquait plus que des plans inclinés, des rouages ou des palans pour compléter cette description très laborantine de notre système psychique. On ne s&rsquo;arrête d&rsquo;ailleurs pas là puisqu&rsquo;il y a également dans cet ensemble peu banal des sortes de neurotransmetteurs à moins qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse d&rsquo;Hermès modernes : les <i>messagers de l&rsquo;inconscient (l.8). </i></font></span><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">Pour couronner le tout, nous observons même une référence au vocabulaire de la chimie &#8211; vocabulaire également affectionné par Freud à propos des rêves -, ainsi, Bergson parle-t-il de<i> condensation (L.10). </i>Quel peut bien être l&rsquo;intérêt de ces références ? On peut, en effet, tout supposer sauf qu&rsquo;elles sont anodines ou involontaires, bien sûr ! Il y a donc tout lieu de croire que notre auteur souhaite par-là souligner l&rsquo;aspect technique, scientifique voire systématique de son approche de<br />
la mémoire. Il suggère ainsi qu&rsquo;il y a un ordonnancement de la mémoire, une rigueur dans son fonctionnement, une cohérence de son organisation. Organisation naturelle ? Spontanée ?<span>  </span>Très vraisemblablement : cela semble fonctionner comme une vis sans fin qui produirait des stratifications géologiques, puisque <i>le passé nous suit à tout instant (l.2) &#8211; </i>et on pourra, légitimement se demander par la suite quelle énergie meut toute cette machinerie -. Ainsi, le cumul automatique des souvenirs se fera-t-il au rythme même du déroulement incontrôlable du temps. Ainsi, le présent n&rsquo;aura qu&rsquo;une issue, <i>s&rsquo;y joindre de lui-même (l.3), </i>inexorablement. </font></span></p>
<p></i></font></span><span><font face="Times New Roman">Un second regroupement consisterait à associer <i>l&rsquo;absence d&rsquo;idée distincte que nous avons du passé (l.9) </i>avec cette affaire de <i>contrebande de souvenirs de luxe (l.7). </i>En effet, il semble évident d&rsquo;après ceci que la belle machinerie décrite par notre auteur se trahisse singulièrement lorsqu&rsquo;elle cherche à masquer sa production ou plutôt ses gigantesques stocks de souvenirs enfermés derrière sa porte. Quelle que soit la prétention de ce système à &laquo;&nbsp;vouloir&nbsp;&raquo; rester clos, il n&rsquo;y parvient pas toujours : <i>la porte s&rsquo;entrebâille (l.7), </i>le système de <i>refoulement (l.4) </i>a des ratés ! Les douaniers de l&rsquo;inconscient bergsonien semblent impuissants à contenir les richesses incommensurables de<br />
la mémoire. Ce serait l&rsquo;inverse de l&rsquo;immigration économique : c&rsquo;est par excès de richesse et non de misère que la porte du coffre à souvenirs craque sous le poids <i>de ce que nous traînons derrière nous sans le savoir (l.8). </i>A quoi bon cette image dont le vocabulaire a, là encore, des connotations freudiennes prononcées : Bergson ne parle-t-il pas de <i>refoulement (l.4) </i>? En fait, il s&rsquo;agit ici de décrire un système qui, passif dans sa partie inconsciente, n&rsquo;en est pas moins totalement dynamique pour ce qui concerne la production consciente. En effet, Bergson nous explique bien qu&rsquo;il s&rsquo;agit <i>d&rsquo;aider une action qui se prépare (l.6), de donner enfin un travail utile (l.5), bref surtout d&rsquo;éclairer ce qui était dans l&rsquo;ombre (l.5-6). </i>Autrement dit, cette dimension utilitaire du retour à la conscience de nos souvenirs les plus opportuns est aussi génératrice de ce qui est nécessaire à toute action humaine, à toute production consciente : une indispensable luminosité. Les ténèbres dans lesquels sont séquestrés nos souvenirs inconscients font place opportunément au flamboiement vainqueur, aux rayons régénérateurs et bienfaisants de l&rsquo;action solarisée. Pas de vie sans soleil, pas d&rsquo;acte humain vivant sans retour à la lumière des souvenirs débarrassés temporairement de leur éclipse coutumière. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Finalement,<span>  </span>beaucoup plus classique parce que moins allégorique ou allusif, un autre genre lexical, peut être associé à notre dernier élément. Bergson nous parle de <i>caractère (l.10) </i>selon la modalité d&rsquo;un cumul. Cumul de souvenirs, cela va sans dire. L&rsquo;auteur défend ici l&rsquo;idée que nous sommes en permanence en phase directe avec notre propre histoire (l.11), celle qui m&rsquo;a construit depuis ma plus tendre enfance. Ici, le propos devient nettement psychologique. On sait à quoi on a affaire : notre passé est conservé<span>  </span>parce que nous avons additionné des expériences, celles de tout <i>ce que nous avons senti, pensé, voulu depuis notre première enfance (l.2)</i> et résurge telle une nappe souterraine qui sourdrait de façon utile et opportune. Rien n&rsquo;échappe à la formidable capacité d&rsquo;emmagasiner qu&rsquo;est celle de notre mémoire. <i>Notre passé nous reste présent (l.9-10), </i>encore une fois, inexorablement. Echappe-t-on d&rsquo;ailleurs à son passé ? Certes pas. Telle paraît être la réponse de Bergson. Ainsi, totalement original, chacun d&rsquo;entre nous, grâce à son identité incomparable à celle de n&rsquo;importe quel autre être humain est également totalement tributaire de cet héritage qui pourrait parfois lui sembler insupportable. Là encore, on ne peut s&rsquo;empêcher de penser à Freud et à la théorie des stades de constitution de<br />
la personnalité. L&rsquo;analogie est flagrante, bien qu&rsquo;elle ne résiste pas à une analyse plus approfondie. Nous sommes bien devant un texte de Bergson, pas de Freud. En quoi ? Ce sera l&rsquo;objet d&rsquo;un élément de notre débat. </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>seconde partie : </b>on débat du premier regroupement conceptuel central du texte <i>(mise en difficulté de la thèse de l&rsquo;auteur : on relève une première ambiguïté ou un paradoxe du texte, définissant ainsi une limite de la réponse de l&rsquo;auteur et sa faiblesse ; c&rsquo;est le début de la partie critique du débat qui permet de dégager les dimensions exploitables et leurs enjeux) </i>: </font></span></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman">Déjà dans l&rsquo;Antiquité, la psychologie humaine s&rsquo;inquiétait de savoir ce qu&rsquo;était le souvenir. Ainsi, Platon nous propose-t-il une version allégorique et mythique du rappel des souvenirs : c&rsquo;est la théorie de<br />
la réminiscence. Le cheminement dialectique du prisonnier sorti de la caverne <i>(&laquo;&nbsp;La République&nbsp;&raquo; Livre VII &#8211; 512) </i>ou de l&rsquo;amoureux <i>(&laquo;&nbsp;Le Banquet &#8211; 211) </i>consistera à retrouver progressivement ces Idées enfouies au fond de lui, ces Idées contemplées dans une existence antérieure. On a bien compris grâce à ce texte de Bergson qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question ici de se référer à une vie antérieure. Pas davantage question de convoquer une interprétation mythique qui justifierait quoi que ce soit. Bergson se réfère à un système rationaliste d&rsquo;explication : il s&rsquo;agit d&rsquo;expliquer même des phénomènes aussi complexes ou incongrus que peuvent l&rsquo;être ceux de la mémoire, par des données objectives constatables. Mais, alors que Platon explique clairement le mécanisme dialectique c&rsquo;est-à-dire pédagogique qui permet d&rsquo;effectuer la remontée vers les Idées pures communes à toute l&rsquo;humanité ; Bergson explique mécaniquement mais difficilement ce qui opère le tri des souvenirs selon les besoins du moment, si ce n&rsquo;est par la référence à l&rsquo;inconscient (l.5). Or, par définition, ce mécanisme, qui peut d&rsquo;ailleurs parfois dysfonctionner, est parfaitement mystérieux puisqu&rsquo;il est impossible d&rsquo;y avoir accès. Alors, comment ce mécanisme cérébral inconscient sélectionnerait-il ce qui est le plus approprié aux nécessités du moment ? Comment le gardien de cette porte de l&rsquo;inconscient décide-t-il de <i>n&rsquo;introduire dans la conscience que ce qui est de nature à éclairer la situation présente (l.5-6) </i>? Sur quels critères se base-t-il ? Comment opère-t-il sa sélection de souvenirs ? Tout au plus pourrons-nous supposer qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un mécanisme physiologique comme le laisse à entendre l&rsquo;usage de <i>cérébral (l.4)</i>, terme du vocabulaire biologique ou médical. Toutefois ceci laisse entier le problème du libre-arbitre du moi bergsonien : qui décide ultimement dans le caractère ? ma volonté ? ma conscience ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>troisième partie : </b>on débat du second regroupement conceptuel central du texte <i>(mise en difficulté de la thèse de l&rsquo;auteur : on relève ainsi une seconde ambiguïté ou un paradoxe du texte, c&rsquo;est la suite de la partie critique du débat) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Dès que l&rsquo;on postule l&rsquo;hypothèse d&rsquo;un inconscient, la vigilance philosophique est de rigueur. En effet, soit il s&rsquo;agit d&rsquo;une référence à un lieu mystérieux et inaccessible, sorte de caverne d&rsquo;Ali Baba de tous les trésors psychiques cachés ; soit il s&rsquo;agit d&rsquo;un alibi utile mais inavouable lorsque l&rsquo;on recherche une justification à un comportement délictueux voire criminel. Le mot a mauvaise presse. On oscille volontiers entre parapsychologie et ratiocination embrouillée. </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Il s&rsquo;agirait donc de rappeler très clairement de quoi nous parlons. L&rsquo;un des plus grands savants de ce siècle, le Dr Sigmund Freud a défendu toute sa vie la thèse de l&rsquo;existence d&rsquo;un système inconscient expliquant le fonctionnement de l&rsquo;ensemble du psychisme humain. Or, bien davantage qu&rsquo;une élucubration de quelque PR Tournesol, la rigueur scientifique des conceptions freudiennes ne saurait laisser indifférent tout esprit curieux. Reprenons ses conclusions. L&rsquo;inconscient freudien est d&rsquo;abord très actif. C&rsquo;est un lieu de conflits entre des pulsions libidinales dynamiques issues du Ca qui sont mises en contradiction par deux mécanismes inconscients : le principe de censure du Surmoi et le principe de réalité du Moi. L&rsquo;ensemble du principe de plaisir qui gouverne le Ca se réfère à l&rsquo;instinct sexuel, c&rsquo;est-à-dire une intention hédoniste. Freud fut suffisamment critiqué pour cela, sa vie durant et encore aujourd&rsquo;hui. Par ailleurs, le refoulement existe bien dans la théorie freudienne. Mais il s&rsquo;agit ici d&rsquo;un système d&rsquo;interdits acquis agissant par l&rsquo;entremise des résistances du Surmoi et produisant par réaction le renvoi des pulsions inacceptables au plus profond du Ca acquis, sous la forme de complexes enfouis. Nous voyons bien ici que nous sommes très éloignés de la théorie bergsonienne des souvenirs &laquo;&nbsp;refoulés&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-à-dire contenus passivement depuis l&rsquo;enfance, qui relèvent davantage d&rsquo;une rétention que d&rsquo;une pré structuration. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Mais, revenons à Freud. L&rsquo;inconscient freudien produit bien ses propres pulsions. Il est donc absolument hermétique aux seules exigences de<br />
la conscience. Ici, l&rsquo;accès à l&rsquo;inconscient ne saurait être dû à un effet de la volonté du sujet, car il existe une formidable force de résistance qui maintient les représentations inconscientes hors d&rsquo;accès du champ de la conscience, sauf dans des cas très particuliers (le rêve, les maladresses etc.) qui sont davantage des &laquo;&nbsp;actes manqués&nbsp;&raquo; ou, si l&rsquo;on veut, des &laquo;&nbsp;trahisons incontrôlées&nbsp;&raquo; que des <i>&laquo;&nbsp;passages en contrebande&nbsp;&raquo; (l.7). </i>L&rsquo;inconscient freudien est donc bien structuré de l&rsquo;intérieur et je n&rsquo;ai aucun accès à cette organisation occulte, car les désirs qui en proviennent sont déguisés et revêtent des formes qui les font davantage ressembler à des devinettes. Ces problèmes complexes seraient dotés d&rsquo;un sens latent qu&rsquo;il s&rsquo;agirait de décoder plutôt que d&rsquo;être simplement les indicateurs manifestes et directement intelligibles de la situation en cours, comme chez Bergson. </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Alors ne nous laissons pas abuser par le vocabulaire très &laquo;&nbsp;freudien&nbsp;&raquo; de Bergson. Nous pouvons supposer que ces terminologies étaient dans l&rsquo;air du temps au début du siècle et que c&rsquo;est pure coïncidence si certains termes <i>- première enfance, refoulement, inconscient, condensation, histoire personnelle &#8211; </i>nous induisent en erreur, nous faisant croire à une quelconque gémellité ou à un clonage entre nos deux auteurs. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"><span>     </span><b>quatrième partie : </b>on débat du troisième concept central du texte <i>(mise en difficulté de la thèse de l&rsquo;auteur : on relève une troisième ambiguïté ou un paradoxe du texte, c&rsquo;est la fin de la partie critique du débat) </i>: </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">Chez Bergson, l&rsquo;inconscient est donc bien une sorte de &laquo;&nbsp;chambre d&rsquo;enregistrement&nbsp;&raquo; du passé. De tous les faits de mon passé qui constituent le déroulement même, le contenu intime de ma vie. On imagine aisément que cette chambre est totalement vide au début de la vie, le nouveau-né ou même le fœtus n&rsquo;ayant guère de souvenirs. Par la suite, la porte de l&rsquo;inconscient, entrouverte, laissera filer en permanence de nombreux souvenirs : certains opportuns, d&rsquo;autres pas. Opportuns si le présent l&rsquo;exigeait <i>(afin de produire un &laquo;&nbsp;travail utile&nbsp;&raquo; l.6), </i>mais également si l&rsquo;attention à l&rsquo;action présente ne l&rsquo;exigeait pas <i>(&laquo;&nbsp;les souvenirs de luxe&nbsp;&raquo; l.7</i>). Ces derniers souvenirs passés en contrebande sont là comme par excès d&rsquo;information. Comme si le système bergsonien fonctionnait en roue libre, avec une sorte de pilotage automatique qui le maintiendrait passivement productif quoi qu&rsquo;il advienne, mais sans disposer pour autant d&rsquo;un mode autonome de fonctionnement. </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">Seulement, il resterait à comprendre <u>qui</u> ira délibérément chercher le souvenir dans l&rsquo;inconscient ; ou ce qui laissera échapper ces souvenirs. En effet, s&rsquo;ils étaient puisés délibérément, on comprendrait que la conscience soit active ; s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une fuite inopinée, alors c&rsquo;est l&rsquo;inconscient qui en déciderait, lui-même. Mais dans un cas comme dans l&rsquo;autre l&rsquo;inconscient comme réservoir d&rsquo;informations existe bien selon Bergson. Dans le premier cas, il est la boîte de Pandore de nos souvenirs secrets ; dans l&rsquo;autre, il s&rsquo;agit d&rsquo;un organe qui détient une sorte d&rsquo;autonomie décisionnelle. Ceci ne simplifie pas notre enquête puisque notre auteur parle d&rsquo;un inconscient qui ne doit ses caractéristiques qu&rsquo;à la focalisation de la conscience se concentrant immédiatement sur les seuls souvenirs valables en termes d&rsquo;efficacité et in-formant le moment présent, sans préciser davantage son mode de fonctionnement. Ce propos sème donc le trouble car, qui accepterait l&rsquo;idée que son <i>&laquo;&nbsp;caractère&nbsp;&raquo; (l.10) </i>soit conditionné par un <i>&laquo;&nbsp;automatisme&nbsp;&raquo; (l.1) </i>inconscient, quand bien même l&rsquo;auteur de cette mainmise en serait notre propre passé sur lequel j&rsquo;ai eu prise originellement et en temps utile ? </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">*************** </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">CONCLUSION <i>(réponse à la question posée en introduction) </i>: </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman">L&rsquo;argumentation de Bergson, nous l&rsquo;avons vu, soulève un nombre important de difficultés. A la suite de notre enquête, il semble que nous puissions affirmer que l&rsquo;inconscient dont il est question ici a bien le pouvoir passif de laisser échapper nos souvenirs, trésors personnels et butin rapporté du passé original qui est le nôtre. D&rsquo;aucune façon nous ne pourrions imaginer la possibilité d&rsquo;être actifs et présents à notre activité du moment sans pouvoir disposer de cet outil extraordinaire : notre mémoire qui nous façonne, nous structure, nous donne les moyens de ne pas sombrer dans les erreurs du passé. Toutefois, il nous faut rester constamment sur nos gardes : l&rsquo;invasion d&rsquo;un passé inconscient ne pourrait-il pas être le plus extraordinaire frein à l&rsquo;activité présente s&rsquo;il devenait envahissant. Notre bonheur ne serait-il pas à ce prix ? Nietzsche fera, quant à lui l&rsquo;apologie des individus sans mémoire <i>&laquo;&nbsp;L&rsquo;oubli&#8230; est un pouvoir actif, une faculté d&rsquo;enrayer&#8230; nul bonheur, nulle jouissance de l&rsquo;instant présent ne pourraient exister sans faculté d&rsquo;oubli&#8230;&nbsp;&raquo; (Généalogie de la Morale / Idées p.75</i>), mais c&rsquo;est un autre problème. </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">* </font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><b><i><span><br />
</span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman">LECTURES </font></span></i></b></p>
<p></span><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><font face="Times New Roman"><i><span>LECTURES RECOMMANDEES </span></i><span>(<b>un à deux ouvrages en début d&rsquo;année</b>)<i> </i></span></font></p>
<p></span><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Le Procès&nbsp;&raquo;</span></i><span> Franz KAFKA / Ed. </span><span>Livre de Poche </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Huis Clos&nbsp;&raquo;</span></i><span> Jean-Paul SARTRE / Ed. Folio Gallimard </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Introduction à la Philosophie&nbsp;&raquo;</span></i><span> (pp.5-14) Karl JASPERS / Ed. 10/18 – Plon </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><i><span>LECTURES FONDAMENTALES à faire en cours d&rsquo;année </span></i><span>(<b>une vingtaine d’extraits <u>au minimum</u> en L)</b> sur 57 auteurs au programme et prioritairement parmi les auteurs fondamentaux dont les noms figurent en gras<i> </i></span></font><font face="Times New Roman"><span><i><i><u><span><font face="Times New Roman">Antiquité &#038; Moyen Age (15 auteurs) :: </font></span></u></i></p>
<p></i></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;L&rsquo;Apologie de Socrate</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp.33-62) <b>PLATON</b> (428-348) / Ed. Nathan Intégrales de Philo </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Le Banquet</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp.58-62, 71-77, 80-82) <b>PLATON</b> / Ed. Nathan Intégrales de Philo </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;La République</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> &#8211; Livre VII (pp.50-81) <b>PLATON</b> / Ed. Nathan Intégrales de Philo </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Ethique à Nicomaque</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (Livres I &#038; X) <b>ARISTOTE</b> (384-322) / Ed. Garnier Flammarion </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;La Politique</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp.36-62) <b>ARISTOTE</b> / Ed. Nathan Intégrales de Philo </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Lettre à Ménécée&nbsp;&raquo;</span></i><span> (pp.76-80) <b>EPICURE</b> (341-270) / Ed. Nathan Intégrales de Philo </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;De la Nature</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp. 20-21, 53, 58-60, 97-111) LUCRECE (98-55) / Ed. Garnier Flammarion </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Le Manuel</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp. 207-233) <b>EPICTETE</b> (50-120) / Ed. Garnier Flammarion </span></font></p>
<p></span></font><span><em><font size="2">autres auteurs au programme : CICERON (106-43), SENEQUE (4-65), MARC-AURELE (121-180) , SEXTUS-EMPIRICUS (100 ?-250 ?), PLOTIN (205-270), St AUGUSTIN (354-430), Ibn Ruchd dit AVERROES (1126-1196), , St ANSELME (1033-1109), St THOMAS d’AQUIN (1225-1274), OCKHAM (1285-1349) </font></em></span><span><em><font size="2"><u><span><em><font face="Times New Roman">Période moderne (18 auteurs) : </font></em></span></u></p>
<p></font></em></span><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Le Prince&nbsp;&raquo;</span></i><span> (pp.63-82) Nicolas MACHIAVEL (1469-1527) / Ed. Univers des Lettres &#8211; Bordas </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Les Essais&nbsp;&raquo;</span></i><span> (Livre 1er, XX) : pp.31-38, 100-105, 114-130) de MONTAIGNE (1533-1592) / Ed. Bordas </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Discours de la Méthode</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp.34-83) René <b>DESCARTES</b> (1596-1650) / Ed. Nathan Intégrales de Philo </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Méditations Métaphysiques</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp.37-68) René <b>DESCARTES</b> / Ed. Nathan Intégrales de Philo </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Ethique</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (Sec Partie pp.123-125, 4ème Partie p.223 sqq.) Baruch <b>SPINOZA</b> (1632-1672) / Ed. GF </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Esprit des Lois&nbsp;&raquo;</span></i><span> (Livre III) Charles Louis de Secondat de MONTESQUIEU (1689-1755) / Ed. GF </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Discours sur &#8230; l&rsquo;Inégalité &#8230;</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp.30-38, p.46, pp.53-54, p.73) J.-J. <b>ROUSSEAU</b> (1712-1778) / Nathan </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Contrat Social</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (Livre I : pp.171-191, Livre II : pp.192-193, 203-206) <b>ROUSSEAU</b> / Ed. Points-Seuil </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Fondements de la Métaphysique des Mœurs</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp.18-89) Emmanuel <b>KANT</b> (1724-1804) / Nathan </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Réponse à la question : qu&rsquo;est-ce que les Lumières ? »</span></i></b><span> (pp.67-75) <b>KANT</b> / Ed. Nathan &#8211; Intégrales Philo </span></font></p>
<p></span></font><span><em><font size="2">autres auteurs au programme : BACON (1561-1626), <b>HOBBES</b> (1588-1679), PASCAL (1623-1662), LOCKE (1632-1704), MALEBRANCHE (1638-1715), LEIBNIZ (1646-1716), VICO (1668-1744), BERKELEY (1685-1753), HUME (1711-1776), DIDEROT (1713-1784), CONDILLAC (1714-1796) </font></em></span><span><em><font size="2"><u><span><em><font face="Times New Roman">Période contemporaine (24 auteurs) : </font></em></span></u></p>
<p></font></em></span><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Phénoménologie de l&rsquo;Esprit</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (p.5, p.65 sqq., p.81 sqq.) <b>HEGEL</b> (1770-1831) / Ed. Aubier &#8211; Montaigne </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;La Raison dans l&rsquo;Histoire</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp.46-77) Georg Wilhelm Friedrich <b>HEGEL</b> / Ed. Hatier Profil Philo </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Discours sur l&rsquo;Esprit Positif&nbsp;&raquo;</span></i><span> (Loi des Trois Etats : pp.2-29) Auguste COMTE (1798-1857) / Ed. Vrin </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Manifeste du Parti Communiste&nbsp;&raquo;</span></i><span> (pp.34-64) Karl MARX (1818-1883) / Ed. Nathan Intégrales de Philo </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Crépuscule des Idoles&nbsp;&raquo;</span></i></b><span> (pp.54-95) Friedrich <b>NIETZSCHE</b> (1844-1900) / Ed. Hatier &#8211; Profil Philo </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Cinq Leçons sur la Psychanalyse&nbsp;&raquo;</span></i><span> (pp.7-65) Sigmund FREUD (1856-1939) / Ed. Payot </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;La crise de l’humanité européenne et la philosophie</span></i></b><i><span>&laquo;&nbsp;</span></i><span> (pp. 50-78) Edmund <b>HUSSERL</b> (1859-1938) / Ed. Hatier Profil Philo. </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Deux Sources de la Morale …&nbsp;&raquo;</span></i><span> (p.1 sqq., p.57, p.105 sqq., p.223) BERGSON (1859-1941) / Ed. P.U.F. </span></font></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;L&rsquo;Existentialisme est un Humanisme&nbsp;&raquo;</span></i></b><span> (pp.21-109) Jean-Paul <b>SARTRE</b> (1905-1980) / Ed. Folio Essais </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><b><i><span>&laquo;&nbsp;Eloge de la Philosophie&nbsp;&raquo;</span></i></b><span> Maurice <b>MERLEAU-PONTY</b> (1908-1961) / Ed. Idées – NRF Gallimard </span></font></p>
<p></span></font><span><em><font size="2">autres auteurs au programme : SCHOPENHAUER (1788-1860), TOCQUEVILLE (1805-1859), COURNOT (1801-1877), MILL (1806-1873), KIERKEGAARD (1813-1855), DURKHEIM (1858-1917), ALAIN (1868-1951), RUSSELL (1872-1970), BACHELARD (1884-1962), HEIDEGGER (1889-1976), WITTGENSTEIN (1889-1951), POPPER (1902-1994), ARENDT (1906-1975), LEVINAS (1905-1995), FOUCAULT (1926-1984) </font></em></span><span><em><font size="2"><span><em><font face="Times New Roman">MANUELS RECOMMANDES </font></em></span></p>
<p></font></em></span><font face="Times New Roman"><b><i><u><span>&laquo;&nbsp;<span>Lire les philosophes</span>&laquo;&nbsp;<span> &#8211; </span></span></u></i></b><b><u><span>Chomienne / Ed. Hachette &#8211; Education<i> </i>( 2004) </span></u></b></font><font face="Times New Roman"><b><u><span><font face="Times New Roman"><b><i><u><span>&laquo;&nbsp;<span>La philosophie au bac</span>&laquo;&nbsp;<span> &#8211; </span></span></u></i></b><b><u><span>Leguil / Ed. Bordas<i> (2008)</i> </span></u></b></font></p>
<p></span></u></b></font><font face="Times New Roman"><b><i><u><span>&laquo;&nbsp;Atlas de la <span>philosophie</span>&laquo;&nbsp;<span> – </span></span></u></i></b><b><u><span>Kunzmann &#8211; Burkard / Ed. LDP / Pochothèque<i> (1993)</i> </span></u></b></font><font face="Times New Roman"><b><u><span><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;La Pratique de la Philosophie de A à Z&nbsp;&raquo;</span></i><span> &#8211; Clément … / Ed. Hatier </span></font></p>
<p></span></u></b></font><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Dictionnaire de Philosophie&nbsp;&raquo;</span></i><span> – Durozoi – Roussel / Ed. Nathan </span></font><font face="Times New Roman"><span> </span></font><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Les bonnes Copies du Bac&nbsp;&raquo;</span></i><span> / Ed. Hatier </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><i><span>De nombreux sites internet existent et certains (celui de Hansen-Love ou Wikipedia par exemple sont généralement de très bonne qualité) Je vous souhaite de trouver du plaisir dans la lecture et l&rsquo;écriture &#8230; ou, mieux, &#8230; d&rsquo;apprendre à les aimer !</span></i><b><span> </span></b></font></p>
<p></span></font></p>
<h2><span><em>ORAL de PHILOSOPHIE et SUJET-TEXTE </em></span></h2>
<p><b><span><em><font face="Times New Roman"></font></em></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><b><span>PREALABLES à l’ÉPREUVE</span></b><span> </span></font></p>
<p></span></b><font face="Times New Roman"><span><span>-<span>                                  </span></span></span><b><i><span>Le choix de l’œuvre</span></i></b><i><span> (pour l’épreuve d’entraînement) <b>ou des deux œuvres en série L</b> (pour l’épreuve du second groupe du baccalauréat) <b>sera libre</b> ; </span></i></font><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman"><span><span>-<span>                                  </span></span></span><b><i><span>Ce choix se fera dans la liste des soixante auteurs au programme</span></i></b><i><span> à certaines restrictions près : en série L et ES, il est plutôt maladroit de présenter des textes trop courts (par exemple la « Lettre à Ménécée » d’ÉPICURE). </span></i></font></p>
<p></span></i></font><font face="Times New Roman"><span><span>-<span>                                  </span></span></span><i><span>En série L, on peut donc suggérer de <b>privilégier les œuvres de ces auteurs</b> : PLATON, ARISTOTE, EPICURE, LUCRECE, EPICTETE, MARC-AURELE / MACHIAVEL, HOBBES, DESCARTES, SPINOZA, ROUSSEAU, KANT / HEGEL, NIETZSCHE, HUSSERL, BERGSON, BACHELARD, SARTRE, MERLEAU-PONTY (voir pages 2-3). </span></i></font><font face="Times New Roman"><i><span><b><span><font face="Times New Roman">Durant l’ÉPREUVE </font></span></b></p>
<p></span></i></font><font face="Times New Roman"><i><span>Après vingt minutes de préparation sur un extrait choisi par l’examinateur dans la liste établie selon vos choix, la soutenance durera également vingt minutes environ. Idéalement, il s’agirait de pouvoir soutenir la durée de l’épreuve sans être interrompu par l’examinateur.</span></i><span> </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman">- <b>Présenter</b> succinctement l’auteur et l’œuvre ainsi que la situation de l’extrait dans l’ensemble de l’œuvre, en quelques phrases ; </font></span></p>
<p></span></font><span><font face="Times New Roman">- <b>Lire</b> l’extrait choisi ; </font></span><span><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman">- <b>Décrire</b> la structure (le mouvement) de l’extrait en le découpant en deux ou trois parties ou davantage selon les arguments de la problématique que vous souhaitez développer ensuite, en quelques phrases également ; </font></span></p>
<p></font></span><b><i><span><font face="Times New Roman">(Si vous vous sentez moyennement à l’aise par rapport à l’extrait, procédez de la façon suivante) </font></span></i></b><b><i><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><span><span>-<span>          </span></span></span><b><span>Analyser</span></b><span> le texte (linéairement, si vous le préférez), en détaillant les moments de rupture du texte (oppositions), les mots-clés (occurrences et répétitions) ainsi que les idées les plus saillantes. Il s’agira, bien entendu, d’éviter<br />
la paraphrase. Toutefois, citer quelques termes ou arguments spécifiques de l’auteur serait de bon aloi. N’hésitez jamais à définir, préciser, spécifier ou reformuler de quoi parle l’auteur ; </span></font></p>
<p></font></span></i></b><font face="Times New Roman"><span><span>-<span>          </span></span></span><b><span>Soulever</span></b><span> l’intérêt philosophique de l’extrait en le rapportant aux idées soulignées précédemment. C’est évidemment soit le débat interne au texte qui retiendra toute votre attention, soit le débat qui a pu susciter cette prise de position. Insistez tout particulièrement sur la problématique de l’extrait, c&rsquo;est-à-dire les enjeux qu’il soulève ; </span></font><font face="Times New Roman"><span><b><i><span><font face="Times New Roman">(Si vous vous sentez très à l’aise par rapport à l’extrait, procédez de la façon suivante) </font></span></i></b></p>
<p></span></font><font face="Times New Roman"><span><span>-<span>          </span></span></span><span>Même procédé que celui qui précède. Toutefois, l’<b>analyse</b> de l’extrait se fera dans l’ordre qui vous convient tout en discernant au fur et à mesure les articulations <b>problématiques</b> ; </span></font><font face="Times New Roman"><span><font face="Times New Roman"><span><span>-<span>          </span></span></span><b><span>Conclure</span></b><span> en soulignant le problème posé par l’auteur de cet extrait et sa façon spécifique d’y répondre. On peut éventuellement « ouvrir » vers d’autres problèmes apparentés comme ce serait le cas dans une explication de texte à l’écrit. </span></font></p>
<p></span></font><span><font face="Times New Roman"></font></span><span><font face="Times New Roman"><b><i><span>DIRECTIVES OFFICIELLES<br />
concernant les auteurs, l’épreuve orale du second groupe et le sujet-texte</span></i></b><i><span> </span></i></font></p>
<p></span><i><span><font face="Times New Roman">Rappels faits par l&rsquo;Inspecteur Pédagogique Régional (I.P.R.) de Philosophie établi sur la base des textes et documents officiels (Circulaire 75-110 du 7 mars 1975, B.O. 11 du 20 mars 1975 ; Arrêté du 5 juillet 1983, B.O. 30 du 1er septembre 1983 ; Note de Service 87-242 du 11 août 1987 &#8211; B.O. 30 du 3 septembre 1987 ; Arrêté du 31 mai 2001 ; Arrêté du 23 mai 2003 </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><i><span><a href="http://www.eduscol.education.fr/index.php?./D0016/LLPJPR01.htm"><font face="Times New Roman">http://www.eduscol.education.fr/index.php?./D0016/LLPJPR01.htm</font></a> </span></i></p>
<p></font></span></i><b><span><font face="Times New Roman">Préliminaires concernant l’épreuve orale du second groupe : </font></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">&laquo;&nbsp;Pour que tous les candidats puissent passer cette épreuve dans les mêmes conditions, je crois bon de rappeler, dès le début de l&rsquo;année scolaire, &#8230; quelles sont les règles à respecter &#8230; &laquo;&nbsp; </font></span></i></p>
<p></font></span></b><i><span><font face="Times New Roman">&#8230; &laquo;&nbsp;Il s&rsquo;agit bien &laquo;&nbsp;d’œuvres&nbsp;&raquo; et non de &laquo;&nbsp;morceaux choisis&nbsp;&raquo;. Par &laquo;&nbsp;oeuvre&nbsp;&raquo; il faut entendre une oeuvre étudiée <u>dans sa totalité</u> (dans cet ensemble &laquo;&nbsp;le professeur délimite alors les passages qui feront expressément l&rsquo;objet d&rsquo;une explication de texte&nbsp;&raquo;), ou seulement <u>certaines parties</u> de cette oeuvre : mais, dans ce dernier cas, ces parties &laquo;&nbsp;auront une certaine ampleur, formeront un tout et présenteront un caractère de <u>continuité</u>&nbsp;&raquo; &#8230; </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">Il ne peut donc s&rsquo;agir <u>en aucun cas</u> de bribes de textes, en grand nombre &#8230;&nbsp;&raquo; </font></span></i></p>
<p></font></span></i><i><span><br />
</span></i><i><span><font face="Times New Roman"> </font></span></i><i><span><b><span><font face="Times New Roman">Auteurs : </font></span></b></p>
<p></span></i><font face="Times New Roman"><i><span>- &laquo;&nbsp;Série L :</span></i><span> « La liste des auteurs a une double fonction : d’une part, elle détermine l’ensemble d’où devront être tirés les textes proposés à l’écrit du baccalauréat ; elle indique, d’autre part, les auteurs dont les œuvres étudiées en classe, seront à l’oral objet d’interrogation. L’étude de ces œuvres, dont le choix est laissé à l’appréciation du professeur, peut-être conçue comme un approfondissement de telle ou telle partie du cours en rapport avec les notions et les questions figurant au programme. </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman">Les œuvres étudiées de façon suivie, pourront l’être soit en totalité soit par parties significatives pourvu que celles-ci aient une certaine ampleur, forment un tout et présentent un caractère de continuité. </font></span></p>
<p></span></font><span><font face="Times New Roman">Deux œuvres au minimum seront étudiées en série L, choisies dans des périodes distinctes (la liste fait apparaître trois périodes : l’Antiquité et le Moyen Age, la période moderne et la période contemporaine). </font></span><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">Platon; Aristote; Épicure; Lucrèce; Sénèque; Cicéron; Épictète; Marc-Aurèle; Sextus Empiricus; Plotin; Augustin; Averroès; Anselme; Thomas d&rsquo;Aquin; Guillaume d’Ockham. </font></span></i></p>
<p></font></span><i><span><font face="Times New Roman">Machiavel; Montaigne; Bacon; Hobbes; Descartes; Pascal; Spinoza; Locke; Malebranche;Leibniz; Vico; Berkeley; Condillac; Montesquieu; Hume; Rousseau; Diderot; Kant. </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><i><span>Hegel; Schopenhauer; Tocqueville; Comte; Cournot; Mill; Kierkegaard; Marx; Nietzsche; Freud; Durkheim; Husserl; Bergson; Alain; Russell; Bachelard; Heidegger; Wittgenstein; Popper; Sartre; Arendt; Merleau-Ponty; Levinas; Foucault. </span></i><i><span>(Liste modifiée en mai 2001 puis en <span>mai 2003). </span></span></i></font></p>
<p></font></span></i><font face="Times New Roman"><i><span>- &laquo;&nbsp;Série ES :</span></i><span> « La liste des auteurs a une double fonction : d’une part, elle détermine l’ensemble d’où devront être tirés les textes proposés à l’écrit du baccalauréat ; elle indique, d’autre part, les auteurs dont les œuvres étudiées en classe, seront à l’oral objet d’interrogation. L’étude de ces œuvres, dont le choix est laissé à l’appréciation du professeur, peut-être conçue comme un approfondissement de telle ou telle partie du cours en rapport avec les notions et les questions figurant au programme. </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman">Les œuvres étudiées de façon suivie, pourront l’être soit en totalité soit par parties significatives pourvu que celles-ci aient une certaine ampleur, forment un tout et présentent un caractère de continuité. </font></span></p>
<p></span></font><span><font face="Times New Roman">Une œuvre au minimum sera étudiée en série ES ; si le professeur choisit de faire étudier plus d’une œuvre, elles seront choisies dans des périodes distinctes (la liste fait apparaître trois périodes : l’Antiquité et le Moyen Age, la période moderne et la période contemporaine). </font></span><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">Platon; Aristote; Épicure; Lucrèce; Sénèque; Cicéron; Épictète; Marc-Aurèle; Sextus Empiricus; Plotin; Augustin; Averroès; Anselme; Thomas d&rsquo;Aquin; Guillaume d’Ockham. </font></span></i></p>
<p></font></span><i><span><font face="Times New Roman">Machiavel; Montaigne; Bacon; Hobbes; Descartes; Pascal; Spinoza; Locke; Malebranche;Leibniz; Vico; Berkeley; Condillac; Montesquieu; Hume; Rousseau; Diderot; Kant. </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><i><span>Hegel; Schopenhauer; Tocqueville; Comte; Cournot; Mill; Kierkegaard; Marx; Nietzsche; Freud; Durkheim; Husserl; Bergson; Alain; Russell; Bachelard; Heidegger; Wittgenstein; Popper; Sartre; Arendt; Merleau-Ponty; Levinas; Foucault. </span></i><i><span>(Liste modifiée en mai 2001 puis en <span>mai 2003). </span></span></i></font></p>
<p></font></span></i><font face="Times New Roman"><i><span>- &laquo;&nbsp;Série S :</span></i><span> « La liste des auteurs a une double fonction : d’une part, elle détermine l’ensemble d’où devront être tirés les textes proposés à l’écrit du baccalauréat ; elle indique, d’autre part, les auteurs dont les œuvres étudiées en classe, seront à l’oral objet d’interrogation. L’étude de ces œuvres, dont le choix est laissé à l’appréciation du professeur, peut-être conçue comme un approfondissement de telle ou telle partie du cours en rapport avec les notions et les questions figurant au programme. </span></font><font face="Times New Roman"><span><span><font face="Times New Roman">Les œuvres étudiées de façon suivie, pourront l’être soit en totalité soit par parties significatives pourvu que celles-ci aient une certaine ampleur, forment un tout et présentent un caractère de continuité. </font></span></p>
<p></span></font><span><font face="Times New Roman">Une œuvre au minimum sera étudiée en série S ; si le professeur choisit de faire étudier plus d’une œuvre, elles seront choisies dans des périodes distinctes (la liste fait apparaître trois périodes : l’Antiquité et le Moyen Age, la période moderne et la période contemporaine). </font></span><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">Platon; Aristote; Épicure; Lucrèce; Sénèque; Cicéron; Épictète; Marc-Aurèle; Sextus Empiricus; Plotin; Augustin; Averroès; Anselme; Thomas d&rsquo;Aquin; Guillaume d’Ockham. </font></span></i></p>
<p></font></span><i><span><font face="Times New Roman">Machiavel; Montaigne; Bacon; Hobbes; Descartes; Pascal; Spinoza; Locke; Malebranche;Leibniz; Vico; Berkeley; Condillac; Montesquieu; Hume; Rousseau; Diderot; Kant. </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman"><i><span>Hegel; Schopenhauer; Tocqueville; Comte; Cournot; Mill; Kierkegaard; Marx; Nietzsche; Freud; Durkheim; Husserl; Bergson; Alain; Russell; Bachelard; Heidegger; Wittgenstein; Popper; Sartre; Arendt; Merleau-Ponty; Levinas; Foucault. </span></i><i><span>(Liste modifiée en mai 2001 puis en <span>mai 2003). </span></span></i></font></p>
<p></font></span></i><font face="Times New Roman"><i><span>&laquo;&nbsp;Série STG :</span></i><span> Une oeuvre étudiée soit dans son ensemble, soit dans certaines de ses parties.&nbsp;&raquo; </span></font><font face="Times New Roman"><span><b><span><br />
</span></b><b><span><font face="Times New Roman">Déroulement de l&rsquo;Epreuve Orale : </font></span></b></p>
<p></span></font><i><span><font face="Times New Roman">&laquo;&nbsp;&#8230; L&rsquo;épreuve porte <u>obligatoirement</u> sur l&rsquo;une des oeuvres présentées, dont un fragment devra être expliqué. </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">Toute notion du programme pourra <u>éventuellement</u> faire l&rsquo;objet d&rsquo;une interrogation distincte ou, si possible, en liaison avec l&rsquo;étude de texte. </font></span></i></p>
<p></font></span></i><i><span><font face="Times New Roman">Priorité est donc donnée sans ambiguïté par les textes officiels à <u>l&rsquo;interrogation sur une œuvre</u>. </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><b><span><font face="Times New Roman">Recommandations pratiques : </font></span></b></p>
<p></font></span></i><span><em><font size="2">&laquo;&nbsp;Le professeur signe lisiblement la liste des oeuvres et des questions, avant qu&rsquo;elle soit visée par le Chef d&rsquo;Etablissement et annexée au livret scolaire. </font></em></span><span><em><font size="2"><span><em><font face="Times New Roman">&laquo;&nbsp;Le candidat sera porteur d&rsquo;un exemplaire de chacun des ouvrages figurant sur<br />
la liste. Au cas où le candidat, en contravention avec les dispositions réglementaires, ne présente aucune liste &#8230; ne lie pas l&rsquo;examinateur, il est recommandé à celui-ci de fournir au candidat deux ou trois oeuvres : le candidat choisit l&rsquo;une d&rsquo;entre elles, dont il lui est demandé d&rsquo;expliquer un bref fragment.&nbsp;&raquo; </font></em></span></p>
<p></font></em></span><b><span><font face="Times New Roman">Durée de l&rsquo;Epreuve : </font></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><span><em><font size="2">&laquo;&nbsp;Dans toutes les séries, l&rsquo;interrogation aura une durée suffisante pour permettre au candidat de montrer ses possibilités (soit vingt minutes en moyenne) ; il disposera de quinze minutes environ pour le préparer.&nbsp;&raquo; </font></em></span></p>
<p></font></span></b><b><span><font face="Times New Roman">Objectif de l&rsquo;Epreuve : </font></span></b><b><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">&laquo;&nbsp;&#8230; l&rsquo;interrogation devra essentiellement permettre au candidat de tirer parti de sa culture, de ses qualités de réflexion, des lectures qu&rsquo;il a pu faire au cours de l&rsquo;année.&nbsp;&raquo; </font></span></i></p>
<p></font></span></b><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i><i><span><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i></p>
<p></span></i><font face="Times New Roman"><b><span>Sujet Texte<i> </i></span></b><i><span>(Modifications apportées au B.O. 23 du 7 juin 2001) <b>: </b></span></i></font><font face="Times New Roman"><i><span><b><span><em><font size="2">« Le troisième sujet de l&rsquo;épreuve de philosophie des séries générales ES, L et S, est constitué par un texte accompagné de la consigne : &laquo;&nbsp;Dégager l&rsquo;intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée.&nbsp;&raquo; </font></em></span></p>
<p></b></span></i></font><span><em><font face="Times New Roman">De façon à rendre plus explicite le sens de l&rsquo;épreuve pour les candidats, cette consigne sera formulée, à partir de la session de 2002, de la façon suivante : </font></em></span><span><em><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">&nbsp;&raquo; Expliquer le texte suivant : </font></span></i></p>
<p></font></em></span><i><span><font face="Times New Roman">[Texte, auteur et titre] </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">La connaissance de la doctrine de l&rsquo;auteur n&rsquo;est pas requise. Il faut et il suffit que l&rsquo;explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.&nbsp;&raquo; </font></span></i></p>
<p></font></span></i><i><span><font face="Times New Roman">Il convient de veiller à ce que les élèves soient informés par leur professeur de cette nouvelle formulation, en leur expliquant bien qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un changement de la nature du troisième sujet, mais d&rsquo;un éclaircissement sur la façon dont ils doivent comprendre ce troisième sujet. </font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"><i><span><font face="Times New Roman">L&rsquo;information devra être faite le plus tôt possible dans l&rsquo;année pour que les élèves aient le temps de s&rsquo;habituer à cette consigne. » </font></span></i></p>
<p></font></span></i><i><span><font face="Times New Roman"></font></span></i><i><span></span></i><i><span></span></i><i><span><i><span><a href="http://philo50.unblog.fr/files/2009/09/methodologie200910lessstg.doc" id="p10"><img border="0" align="absMiddle" src="http://philo50.unblog.fr/wp-includes/images/doc.png" alt="doc dans METHODOLOGIE" /></a> </span></i></p>
<p></span></i></p>
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		<title>Lectures recommandées durant l&#8217;année de terminale</title>
		<link>http://philo50.unblog.fr/2009/07/13/3/</link>
		<comments>http://philo50.unblog.fr/2009/07/13/3/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2009 13:49:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[philo50]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[LECTURES]]></category>

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		<description><![CDATA[  Lectures recommandées Initiation POUR DEBUTER (un à deux ouvrages en début d&#8217;année)  &#171;&#160;Le Procès&#160;&#187; Franz KAFKA / Ed. Livre de Poche &#171;&#160;Huis Clos&#160;&#187; Jean-Paul SARTRE / Ed. Folio Gallimard &#171;&#160;Introduction à la Philosophie&#160;&#187; (pp.5-14) Karl JASPERS / Ed. 10/18 – Plon LECTURES FONDAMENTALES à faire en cours d&#8217;année (une vingtaine d’extraits au minimum en [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span><span><span> <a href="http://philo50.unblog.fr/files/2009/07/lecturesrecommandesinitiation1re.doc" id="p4"><img border="0" align="absMiddle" src="http://philo50.unblog.fr/wp-includes/images/doc.png" alt="Lectures recommandées durant l'année de terminale dans LECTURES doc" /> Lectures recommandées Initiation </a></span></span></span></font></font></p>
<p align="left"><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span><span><span>POUR DEBUTER (un à deux ouvrages en début d&rsquo;année) </span></span></span><span><span><span> </span></span></span></font></font></p>
<p><span><span><span></span></span></span><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Le Procès&nbsp;&raquo; Franz KAFKA / Ed. </span><span>Livre de Poche</span></font></font></span></span></span></p>
<p><span><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Huis Clos&nbsp;&raquo; Jean-Paul SARTRE / Ed. Folio Gallimard</font></font></span></span></span></span></p>
<p><span><span><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Introduction à la Philosophie&nbsp;&raquo; (pp.5-14) Karl JASPERS / Ed. 10/18 – Plon</font></font></span></span></span></span></span></p>
<p align="left"><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">LECTURES FONDAMENTALES à faire en cours d&rsquo;année (une vingtaine d’extraits <u>au minimum</u> en L) sur 57 auteurs au programme et prioritairement parmi les auteurs fondamentaux dont les noms figurent en gras</font></font></span></span></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span><u><span>Antiquité &#038; Moyen Age (15 auteurs) :</span></u></span></font></font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span><span><span>&laquo;&nbsp;L&rsquo;Apologie de Socrate</span><span>&nbsp;&raquo; (pp.33-62) PLATON (428-348) / Ed. Nathan Intégrales de Philo</span></span></span></font></font></p>
<p><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Le Banquet</span><span>&nbsp;&raquo; (pp.58-62, 71-77, 80-82) PLATON / Ed. Nathan Intégrales de Philo </span></font></font></span></span><span> </span><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;La République</span><span>&nbsp;&raquo; &#8211; Livre VII (pp.50-81) PLATON / Ed. Nathan Intégrales de Philo</span></font></font></span></span></span><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Ethique à Nicomaque</span><span>&nbsp;&raquo; (Livres I &#038; X) ARISTOTE (384-322) / Ed. Garnier Flammarion</span></font></font></span></span></p>
<p><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;La Politique</span><span>&nbsp;&raquo; (pp.36-62) ARISTOTE / Ed. Nathan Intégrales de Philo</span></font></font></span></span></p>
<p><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Lettre à Ménécée&nbsp;&raquo; (pp.76-80) EPICURE (341-270) / Ed. Nathan Intégrales de Philo</font></font></span></span></span></p>
<p></span><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;De la Nature</span><span>&nbsp;&raquo; (pp. 20-21, 53, 58-60, 97-111) LUCRECE (98-55) / Ed. Garnier Flammarion</span></font></font></span></span></span></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Le Manuel</span><span>&nbsp;&raquo; (pp. 207-233) EPICTETE (50-120) / Ed. Garnier Flammarion</span></font></font></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="1">autres auteurs au programme : CICERON (106-43), SENEQUE (4-65), MARC-AURELE (121-180) , SEXTUS-EMPIRICUS (100 ?-250 ?), PLOTIN (205-270), St AUGUSTIN (354-430), Ibn Ruchd dit AVERROES (1126-1196), , St ANSELME (1033-1109), St THOMAS d’AQUIN (1225-1274), OCKHAM (1285-1349) </font></span></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="1"><u><span>Période moderne (18 auteurs) :</span></u></font></span></p>
<p><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Le Prince&nbsp;&raquo; (pp.63-82) Nicolas MACHIAVEL (1469-1527) / Ed. Univers des Lettres &#8211; Bordas</font></font></span></span></p>
<p><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Les Essais&nbsp;&raquo; (Livre 1er, XX) : pp.31-38, 100-105, 114-130) de MONTAIGNE (1533-1592) / Ed. Bordas</font></font></span></span></span></p>
<p><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Discours de la Méthode</span><span>&nbsp;&raquo; (pp.34-83) René DESCARTES (1596-1650) / Ed. Nathan Intégrales de Philo</span></font></font></span></span></p>
<p><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Méditations Métaphysiques</span><span>&nbsp;&raquo; (pp.37-68) René DESCARTES / Ed. Nathan Intégrales de Philo</span></font></font></span></span></p>
<p><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Ethique</span><span>&nbsp;&raquo; (Sec Partie pp.123-125, 4ème Partie p.223 sqq.) Baruch SPINOZA (1632-1672) / Ed. GF</span></font></font></span></span></p>
<p><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Esprit des Lois&nbsp;&raquo; (Livre III) Charles Louis de Secondat de MONTESQUIEU (1689-1755) / Ed. GF </font></font></span></span></span></p>
<p><span><span><span></span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Discours sur &#8230; l&rsquo;Inégalité &#8230;</span><span>&nbsp;&raquo; (pp.30-38, p.46, pp.53-54, p.73) J.-J. ROUSSEAU (1712-1778) / Nathan</span></font></font></span></span></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Contrat Social</span><span>&nbsp;&raquo; (Livre I : pp.171-191, Livre II : pp.192-193, 203-206) ROUSSEAU / Ed. Points-Seuil</span></font></font></span></p>
<p><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Fondements de la Métaphysique des Mœurs</span><span>&nbsp;&raquo; (pp.18-89) Emmanuel KANT (1724-1804) / Nathan</span></font></font></span></span></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Réponse à la question : qu&rsquo;est-ce que les Lumières ? » (pp.67-75) KANT / Ed. Nathan &#8211; Intégrales Philo</font></font></span></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="1">autres auteurs au programme : BACON (1561-1626), HOBBES (1588-1679), PASCAL (1623-1662), LOCKE (1632-1704), MALEBRANCHE (1638-1715), LEIBNIZ (1646-1716), VICO (1668-1744), BERKELEY (1685-1753), HUME (1711-1776), DIDEROT (1713-1784), CONDILLAC (1714-1796)</font></span></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="1"><u><span>Période contemporaine (24 auteurs) :</span></u></font></span></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Phénoménologie de l&rsquo;Esprit</span><span>&nbsp;&raquo; (p.5, p.65 sqq., p.81 sqq.) HEGEL (1770-1831) / Ed. Aubier &#8211; Montaigne</span></font></font></span></p>
<p><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;La Raison dans l&rsquo;Histoire</span><span>&nbsp;&raquo; (pp.46-77) Georg Wilhelm Friedrich HEGEL / Ed. Hatier Profil Philo</span></font></font></span></span></p>
<p><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Discours sur l&rsquo;Esprit Positif&nbsp;&raquo; (Loi des Trois Etats : pp.2-29) Auguste COMTE (1798-1857) / Ed. Vrin</font></font></span></span></span></p>
<p><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Manifeste du Parti Communiste&nbsp;&raquo; (pp.34-64) Karl MARX (1818-1883) / Ed. Nathan Intégrales de Philo</font></font></span></span></span></p>
<p><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Crépuscule des Idoles&nbsp;&raquo; (pp.54-95) Friedrich NIETZSCHE (1844-1900) / Ed. Hatier &#8211; Profil Philo</font></font></span></span></p>
<p><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Cinq Leçons sur la Psychanalyse&nbsp;&raquo; (pp.7-65) Sigmund FREUD (1856-1939) / Ed. Payot</font></font></span></span></span></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;La crise de l’humanité européenne et la philosophie</span><span>&nbsp;&raquo; (pp. 50-78) Edmund HUSSERL (1859-1938) / Ed. Hatier Profil Philo</span></font></font></span></p>
<p><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Deux Sources de la Morale …&nbsp;&raquo; (p.1 sqq., p.57, p.105 sqq., p.223) BERGSON (1859-1941) / Ed. P.U.F.</font></font></span></span></p>
<p><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;L&rsquo;Existentialisme est un Humanisme&nbsp;&raquo; (pp.21-109) Jean-Paul SARTRE (1905-1980) / Ed. Folio Essais</font></font></span></span></span></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Eloge de la Philosophie&nbsp;&raquo; Maurice MERLEAU-PONTY (1908-1961) / Ed. Idées – NRF Gallimard</font></font></span></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="1">autres auteurs au programme : SCHOPENHAUER (1788-1860), TOCQUEVILLE (1805-1859), COURNOT (1801-1877), MILL (1806-1873), KIERKEGAARD (1813-1855), DURKHEIM (1858-1917), ALAIN (1868-1951), RUSSELL (1872-1970), BACHELARD (1884-1962), HEIDEGGER (1889-1976), WITTGENSTEIN (1889-1951), POPPER (1902-1994), ARENDT (1906-1975), LEVINAS (1905-1995), FOUCAULT (1926-1984) </font></span></p>
<p><span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="1"></font></span></p>
<p><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></p>
<p align="center"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="1"></font></p>
<p align="left"><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"> <span>MANUELS utilisables </span></font></font></p>
<p align="left"><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span> </span><span>&laquo;&nbsp;<span>Lire les philosophes</span>&laquo;&nbsp;<span> &#8211; </span></span><span>Chomienne / Ed. Hachette &#8211; Education ( 2004)</span></font></font></p>
<p align="left"><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;<span>La philosophie au bac</span>&laquo;&nbsp;<span> &#8211; </span></span><span>Leguil / Ed. Bordas (2008)</span></font></font></p>
<p align="left"><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span>&laquo;&nbsp;Atlas de la <span>philosophie</span>&laquo;&nbsp;<span> – </span></span><span>Kunzmann &#8211; Burkard / Ed. LDP / Pochothèque (1993)</span></font></font></span></p>
<p align="left"><span><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;La Pratique de la Philosophie de A à Z&nbsp;&raquo; &#8211; Clément … / Ed. Hatier</font></font></span></span></span></p>
<p></span></p>
<p align="left"><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Dictionnaire de Philosophie&nbsp;&raquo; – Durozoi – Roussel / Ed. Nathan</font></font></span></span></p>
<p align="left"><span><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">&laquo;&nbsp;Les bonnes Copies du Bac&nbsp;&raquo; / Ed. Hatier</font></font></span></span></p>
<p align="left"><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1">SITES<span> utiles</span></font></font></span></p>
<p align="left"><span><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"><span></span></font></font></span><span><span><span><a href="http://lewebpedagogique.com/videos/a-quoi-on-reconnait-une-bonne-copie-de-philosophie/"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="1" color="#800080">http://lewebpedagogique.com/videos/a-quoi-on-reconnait-une-bonne-copie-de-philosophie/</font></a><font face="arial,helvetica,sans-serif"><font size="1"> ou <span> </span></font></font><a href="http://www.hansen-love.com/"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="1" color="#800080">http://www.hansen-love.com/</font></a><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="1"> </font></span></span></span></p>
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